Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: [Système] Résolution d'une action  (Lu 5740 fois)
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Macbesse
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Usurpateur à l'ananas


« le: 02Avril, 2008, 20:18:58 »

Application : La Résolution d'une action

Proposition 1 : Diceless

- Les caractéristiques sont notées de 0 à 3, les compétences de 0 à 5

Suivant le contexte et la description donnée par le joueur, la caractéristique associée n'est pas la même. Par exemple, "Epée" peut très bien, dans certains contextes, dépendre de Ruse ou de Culture. C'est au joueur d'amener la description et le fil des événements vers le terrain où il est fort.

- La difficulté d'une action est notée de 0 "inmanquable" à 10 est "impossible". 5 est déjà "très difficile",

- La compétence détermine la réussite ou l'échec de l'action.

- Si la compétence est inférieure à la difficulté, le joueur peut poser une carte de dépassement. La hauteur de cette carte est bornée par la valeur de la caractéristique appelée par l'action.

Voici les valeurs :
  • 2-5 : 1
  • 6-10 : 2
  • Figure : 3

Au début de la partie, chaque joueur pioche de trois à cinq cartes (en fonction de la longueur de la scéance).

Exemple :

Le personnage de Xavier, Iohannès, a 4 en "Lecture". Il peut venir à bout d'ouvrages difficiles écits en minuscules cursives sans que Xavier n'ait de cartes à poser, même en lecture silencieuse.

Le personnage de Paul, Constantin, a 1 en "Lecture". Il est passé par une école primaire et déchiffre les textes à condition qu'ils soient écrits gros et qu'il lise à haute voix. Dès que l'écriture devient plus fine, il perd le fil. Mais Constantin a 3 en Culture, il a passé son enfance dans les livres et a un goût immodéré pour la connaissance. Un jour que Constantin est devant un texte rédigé en pattes de mouche dans un style archaïsant délibérément opaque (difficulté de lecture 4), Paul décide de jouer une une figure (valeur 3) et Constantin comprend le texte.

Le personnage de Cédric, Théophile, a 2 en "Lecture". Il lit sans annoner la plupart des textes tant que les lettres sont formées et détachées les unes des autres. Théophile a 1 en Culture. Sans être totalement borné, il n'est pas très curieux et n'a pas beaucoup appris en dehors de ce qu'on lui a enseigné. Devant le même texte que Constantin (de difficulté 4), il renonce.

Voilà en gros l'esprit du système : la compétence est reine pour déterminer s'il y a ou non succès, sur une base diceless, ce qui allège le jeu, mais les joueurs peuvent faire en sorte que leurs personnages dépassent leurs limites, c'est le rôle de la Caractéristique et des Cartes de Dépassement.

[Edité pour plus de clarté]
« Dernière édition: 14Juin, 2008, 18:34:57 par Macbesse » Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
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« Répondre #1 le: 04Avril, 2008, 21:57:07 »

C'est un peu à côté de la plaque, mais ce projet ayant des points communs avec ma propre quête du Graal, je me permets d'ajouter quelques pierres  à ton édifice Grin

En l'occurence, si on se réfère aux valeurs, je pense qu'on peut dégager 5 grandes catégories :

   - les buts (ce que l'individu désire),
   - les convictions (ce que l'individu croit),
   - les liens (ceux que l'individu aime),
   - les principes (les limites qu'il se fixe),
   - les centres d'intérêts (ce que l'individu aime).

J'ai pas le vocabulaire pour l'adapter à Byzance, par contre  Grin
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« Répondre #2 le: 17Avril, 2008, 22:55:14 »

   - les buts (ce que l'individu désire),
   - les convictions (ce que l'individu croit),
   - les liens (ceux que l'individu aime),
   - les principes (les limites qu'il se fixe),
   - les centres d'intérêts (ce que l'individu aime).

En fait, j'aimerais réussir à mêler tous ces éléments dans la description de chaque éthos, en insistant sur les obligations sociales contractées, y compris pour l'aspiration au loisir. 
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« Répondre #3 le: 22Avril, 2008, 23:32:30 »

Utiliser les Etoi

Les Ethoi sont là pour typer les personnages, mais aussi pour pousser les joueurs à prendre l'initiative de les impliquer dans le monde qui les entoure.

Repiocher

Si les joueurs prennent des risques ou obtiennent des succès sensibles dans un domaine qui a trait à un des Ethos de leur personnage, ils peuvent tirer une carte.

Exemple :

Iohannès a 2 dans l'Ethos "Servir l'Empereur". S'il prend des risques pour éventer un complot contre l'Empereur ou s'élève de manière sensible dans la hiérarchie, il peut repiocher.

Variante 1 : le nombre de points investis dans l'Ethos détermine le nombre de pioches par partie. Dans cette variante, Iohannèse pourra faire appel deux fois à son Ethos dans la partie.
Variante 2 : le nombre de points investis dans l'Ethos détermine le nombre de cartes tirées. Dans cette variante, le joueur de Iohannès pourra piocher deux cartes après avoir, par exemple, défendu l'Empereur au péril de sa vie.

La première variante a le défaut de pousser le joueur à diversifier au maximum ses Ethoi. On se retrouve avec un personnage peu typé. Comme les actions doivent être importantes pour permettre de repiocher, elles risquent de demander au PJ de se démener un peu, et donc de poser des cartes. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. J'ai donc une préférence pour la deuxième variante.

Ecarter

Si le PJ fait une action de moindre ampleur mais significative, il peut écarter une carte (défosser et repiocher).

Variante : système d'enchères

Le meneur de jeu peut invoquer un Ethos du personnage pour infléchir ses actions. Il peut miser autant de cartes que la valeur de l'Ethos du personnage. Si le joueur se couche, il récupère les cartes misées par le MJ. S'il refuse, il doit couvrir la mise du MJ avec ses cartes. Il peut choisir les cartes qu'il perd.

Exemple :

Constantin a 3 en Solidarités familiales (c'est beaucoup). Tourmaque en Cappadoce (colonel), il est sollicité par son oncle Grégoire qui lui demande de replier ses troupes au lieu de soutenir l'expédition impériale menée par l'ennuque Staurakios.

Au bout d'une longue discussion entre les deux hommes, Constantin refuse. Il a compris qu'on lui demandait de trahir l'Empereur et que les risques étaient énormes.
Le meneur de jeu, qui comptait faire de cette trahison l'amorce de son scénario, est bien embêté. Les enchères commencent.

MJ : Je mise une carte sur ton Ethos Solidarités Familiales. Tu sais, ce n'est pas une trahison, tu te contenteras de mal interpréter un ordre. Tu pourrais même rejeter la faute sur le messager.
PJ : Je suis (une carte misée). Non. Cette expédition est vitale pour l'Empire et je ne veux pas la compromettre, même pas pour ma famille.
MJ : Je relance de un (deux cartes misées). Tu es bien ingrat. Ton oncle a fait beaucoup de sacrifices pour toi. Rappelle toi, quand tu es venu étudier à Constantinople, c'est lui qui t'a hébergé, nourri. Il t'a même présenté à toutes ses connaissances au Palais. Il ne te l'a pas dit, mais tu sais que tu lui es redevable.
PJ : Je suis (deux cartes misées). C'est vrai, il a beaucoup fait, mais je lui ai déjà beaucoup rendu beaucoup de services moi aussi. C'est moi qui ai recommandé son fils au Protoasekretis (le Chancelier) pour qu'il l'attache à ses bureaux, c'est moi qui ai trouvé un gendre de bonne famille pour sa fille. Et tu me trouve ingrat !
MJ : Je relance de un (trois cartes misées). Oui, mais songe que Staurakios a intrigué pour que ton cousin Théophile ne reçoive pas le commandement des Anatoliques. Ce n'est pas seulement à ton oncle que tu vas rendre service, mais à toute ta famille !
PJ : Je me couche et je vais prendre tes trois cartes avec joie. C'est toujours un plaisir de rendre service à la famille.

Dans cet exemple d'enchères, le joueur a compris que le meneur de jeu tenait à ce que le personnage accepte la proposition de son oncle et en a profité pour récupérer le plus de cartes possibles.
« Dernière édition: 23Avril, 2008, 02:12:36 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #4 le: 27Avril, 2008, 20:53:13 »

Pour rendre les obligations contradictoires dans lesquels étaient pris les Byzantins, j'ai pensé à un système de valeurs. Je ne sais pas encore trop si je vais les appeler valeurs, vertus, ou ethoi, ce dernier terme ayant l'avantage d'être plus grec, plus général car désignant un mode de vie, mais le désavantage d'être moins immédiatement compréhensible.

Vu l'objectif que tu cites et l'importance des contradictions, je suis surpris de ne pas voir les ethoi pensés en oppositions. Une même valeur - mais à quoi revoie-elle en réalité dans Chroniques Byzantines ? - peut-être présentée selon deux termes diamétralement, selon que le PJ y a un intérêt ou pas.

Pour le premier ce pourrait être Etat qui oppose tenants d'un Salut par l'Etat et d'une humeur anti-Etatique...
Pour l'Empereur, loyauté ou haine...
Ce n'est pas forcément très pertinent comme opposition, mais la présentation par couple me paraîtrait plus évidente ici.
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« Répondre #5 le: 27Avril, 2008, 22:19:33 »

Pour le premier ce pourrait être Etat qui oppose tenants d'un Salut par l'Etat et d'une humeur anti-Etatique...
Pour l'Empereur, loyauté ou haine...

Dans le même temps, il n'y a pas d'anarchistes à Byzance ! C'est une société très normée.

En fait, il me semble plus intéressant que les conflits entre Ethoi soient liés à des circonstances particulières.

Imaginons que le beau-père de Constantin VI ait comme Ethoi principaux Salut de l'Etat [3] et Solidarité familiale [2] (le lien beau-père - gendre est un lien fort). Je ne vous cache pas que Constantin VI a fait d'énormes conneries qui ont mis en danger l'Empire. Dans cette situation, ce personnage est pris entre deux feux !
« Dernière édition: 29Avril, 2008, 17:54:21 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #6 le: 02Mai, 2008, 15:53:38 »

En fait, il me semble plus intéressant que les conflits entre Ethoi soient liés à des circonstances particulières.

De le voir écrit me fait constater que la contextualisation était évidente pour moi, les Ethoi sont nécessairement typiques.

Est-ce qu'il y aurait des Ethoi a priori contradictoires et d'autres complémentaires ?
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« Répondre #7 le: 04Mai, 2008, 01:23:46 »

Est-ce qu'il y aurait des Ethoi a priori contradictoires et d'autres complémentaires ?

Non, ça dépend des circonstances.
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« Répondre #8 le: 04Mai, 2008, 14:03:25 »

Alors une représentation plus machiavélienne : on peut poser deux principes dynamiques
  • Tout Ethoi qui se développe au-delà de... devient un Ethoi dominant (opposition de principe aux autres)
  • Les autres Ethoi se hiérarchisent de fait

J'imagine un système de vases communicants :
  • il y a un volume d'Ethoi maximal aussi lorsqu'un prend l'ascendant, les autres entrent en concurrence - ce sont des intérêts contradictoires.
  • Si deux Ethoi deviennent dominants, soit l'un est instrumentalisé par l'autre (bonus utilisable), soit ils utilisent les autres Ethoi dans certaines situations

Cette ébauche cherche avant tout à rendre dans chaque personnage les tensions qui existent entre les groupes antagonistes - on peut même imaginer qu'un personnage qui a une certaine configuration d'Ethoi possède une avantage affinité élective dans certaines situations où il se trouve comme un poisson dans l'eau.
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« Répondre #9 le: 04Mai, 2008, 14:25:26 »

Cette ébauche cherche avant tout à rendre dans chaque personnage les tensions qui existent entre les groupes antagonistes - on peut même imaginer qu'un personnage qui a une certaine configuration d'Ethoi possède une avantage affinité élective dans certaines situations où il se trouve comme un poisson dans l'eau.

Tu as raison, ce n'est pas seulement contradictoire, mais aussi cumulatif.
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« Répondre #10 le: 05Mai, 2008, 13:40:01 »

Citation
Imaginons que le beau-père de Constantin VI ait comme Ethoi principaux Salut de l'Etat [3] et Solidarité familiale [2] (le lien beau-père - gendre est un lien fort). Je ne vous cache pas que Constantin VI a fait d'énormes conneries qui ont mis en danger l'Empire. Dans cette situation, ce personnage est pris entre deux feux !

Comment illustrer cela en termes de règles ? On regarde l'Ethos qui prime, en l'occurence Salut de l'Etat [3], et on lui soustrait celui avec qui il entre en concurrence. Le jeu des enchères peut avoir lieu avec le reste, en l'occurence [1].

Si on lui avait demandé d'intervenir pour éventer discrètement un complot contre son beau-frère, le jeu des enchères aurait pu avoir lieu avec [5], la somme des deux Ethoi concernés.
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« Répondre #11 le: 05Mai, 2008, 23:20:48 »

C'est un jeu de cartes par joueur ou un pour la table ?
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« Répondre #12 le: 06Mai, 2008, 01:54:04 »

Par table, je dirais.

Ca change quelque-chose ?
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« Répondre #13 le: 06Mai, 2008, 09:51:38 »

Oui, il y a concurrence sur les tirages et la distribution se fait par répartition entre les joueurs, pas au hasard du battage pour chaque joueur.
  • Dans le premier cas, il n'y a que douze têtes (seize si c'est du tarot) pour x joueurs
  • Dans le second, c'est autant, par joueur

Dans un cas, tu veux mettre tout le monde en concurrence pour les bonnes cartes, ce qui affaiblit d'autant ceux qui ont des mauvaises cartes puisqu'ils n'ont que celles-là et pas celles-ci.

Dans l'autre cas, chacun est lié à son propre hasard, ce qui peut accentuer les déséquilibres ou le fatum auquel tu sembles tenir...

* Ding *



Une alternative serait de lier des personnages-joueurs liés à un paquet.
« Dernière édition: 06Mai, 2008, 13:25:31 par Dans le mur » Journalisée
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« Répondre #14 le: 06Mai, 2008, 13:22:11 »

Par table, je dirais.

Ca change quelque-chose ?
Cela change beaucoup, en effet, puisque toute carte tirée par un joueur dans le paquet commun à la table ne pourrait être tirée par un autre joueur. Par exemple, si un joueur a la chance de tirer un main ne comprenant que des "bonnes" cartes, cela fait autant de bonnes cartes non disponibles pour les autres.
En jouant avec un seul paquet pour toute la table, tu lies, d'une certaine manière, le destin de tous les joueurs.
En jouant avec un paquet par joueur (comme dans Miles Christi), le tirage de cartes d'un joueur est, au contraire, indépendant du tirage des autres joueurs.

Deux situations aléatoires différentes, qui engendrent deux philosophies de jeu différentes, également.
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Chez Monsieur de C., dans le sillage de Corto ou au Club Série Noire. Mes inspirations rôlistiques sont dans Inspirôle.
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