
Merci beaucoup
Franchement ton trait à vraiment quelque chose de particulièrement vivant. Un petit croquis et c'est tout une histoire.
Ça me touche vraiment. On dessine pour plein de raisons, mais s'il y en a une de bonne, c'est bien celle-là : donner un peu d'émotion aux gens

Ça me fait penser à cette planche de Boulet :
http://www.bouletcorp.com/blog/archive/20070611.jpgIllustration de la nouvelle d'Usher "Biographie d'une fée", pour les Songes d'Obéron n°2Quand on est face à une œuvre strictement littéraire, une œuvre finie, par comparaison avec un jdr qui est en devenir, comme un livre de recettes, on a tendance à se poser l'entêtante question : ce texte a-t-il réellement besoin qu'on l'illustre ? Et la réponse qu'on se donne a des chances d'être "non" car le texte fonctionne très bien sans qu'on lui rajoute une illustration qui, tout d'abord ne parviendra pas forcément à enrichir son sens, mais en plus pourrait bien enfermer l'imagination du lecteur alors que le texte l'ouvre.
C'est une des raisons qui je crois, a fait que je me suis toujours gardé d'illustrer tel ou tel aspect de l’œuvre de Tolkien, malgré mon affection pour son univers. La tâche me paraissait trop subtile, voire inutile. Je sais que je craquerai quand même un de ces jours.

J'aurais bien laissé la nouvelle d'Usher sans illustration, mais dans un mag, on a tendance traditionnellement à mettre beaucoup d'images, alors j'ai coupé la poire en deux : faire une illustration, soit, mais qui soit visible tout en restant légère et et reste dans le registre de l'évocation. Et puis accesoirement, ça m'aidait à faire la mise en page

En l'occurrence, le parti-pris choisi a un parfum de déjà vu. Le symbolisme, rien que lui, ne manque pas de belles endormies.
C'est un dessin réalisé presque d'une traite, sans préparation. Mais moins on en met, plus il faut avoir la main sûre.
[les dessins sont à peu près dans l'ordre]Premier essai : visage pas assez couché et en perspective (erreur typique d'un premier dessin), volumes mal répartis

On commence à cerner les problèmes.

J'arriverai pas à faire mieux que le deuxième

Le menton est définitivement en trop

J'attaque le dessin différemment, mais je suis en train de me perdre.

Je sais plus trop où je vais, je perds patience, j'en viens à faire n'importe quoi.


Le résultat final (il y a eu de la bricole, et puis rajout du petit filet de sang végétal)

Franchement je me lasserai jamais du dessin au pinceau. C'est d'une richesse inégalée, et c'est très métaphysique, méditatif.
Et le pinceau révèle tout, ne pardonne rien : si vous dessinez assis, debout, calme, énervé, comment vous placez votre bras, le moindre tremblement qui ressort…
Et on voudrait nous faire dessiner avec des bouts de plastique sur des écrans d'ordinateur…



EDIT: quelques ajouts



