Les Salons de la Cour
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Ressusciter le concours de nouvelles ?
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Fil de discussion: Ressusciter le concours de nouvelles ? (Lu 6471 fois)
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Kérosène
Lapsus Calami
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Guidon
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Docteur en procrastination
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #30 le:
29Mai, 2009, 11:03:21 »
Citation de: Marcellus Lesendar le 29Mai, 2009, 09:05:44
Ahaha! J'ai enfin trouvé une idée... Me reste plus qu'à prier pour que j'ai le temps de la rédiger (ce dont je doute
)
Bah, en même temps, ce n'est pas comme si on pouvait obtenir des délais à la Cour...
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Il faut des lâches vivants pour narrer les exploits des héros morts
Cuchulain
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Argoulet
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Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
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Répondre #31 le:
10Novembre, 2009, 12:44:01 »
*pffffffffffffffff*
Excusez-moi je souffle sur la poussière, c'est que j'ai le museau sensible moi madame...
On fait un raise dead sur les concours de nouvelles encore une fois ou personne n'est motivé ? (ou ça a migré dans une partie du forum qui a échappé à mon flair infaillible ?)
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Cuchulain l'homme qui a du chien.
Les pensées de Cuchu [/
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Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #32 le:
10Novembre, 2009, 20:25:16 »
En soit un concours de nouvelle pourrait m’intéresser mais le thème ne me parle pas vraiment… à part faire une fan’fic ayant pour base les romans de Farmer que je suis en train de lire et dont le monde à étage présente un certain mélange de populations venants de différentes époque de la Terre… mais bon ce n’est pas vraiment le thème mais plutôt le cadre.
Quoi qu’il en soit il faudrait changer la date de fin de concours car le 06/06/09 comment dire, il faudrait un chevauchement d’époque pour pouvoir s’y tenir !!^^
D'autre part je me demandais si à la place de deux ou trois concours, il ne serait pas plus simple de faire un concours avec trois catégorie. les même thème + élément pourait servir à faire un scénario, un synopsis ou une novelle selon l'envie de chaqun ? (mais ce n'est pas tellement le sujet de ce fil...)
Journalisée
William Butler Yeats:
« But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams beneath your feet;
Tread softly because you tread on my dreams... »
« Mais moi qui suis pauvre et n'ai que mes rêves,
Sous tes pas je les ai déroulés.
Marche doucement car tu marches sur mes rêves. »
ithilion
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Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
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Répondre #33 le:
24Juin, 2010, 16:31:33 »
Lilith
Elle s'avança, élégante, raffinée, en faisant claquer ses talons carrés sur la chaussée. Owein, le cœur battant la chamade, la reconnut. Notre Dame des Ténèbres, reine de vénusté. Les jeunes désœuvrés maussade l'instant d'avant, furent galvanisés par cette apparition, et la joie se répandit sur leur rangs. Ils exultèrent en poussant des cris tonitruants. Owein oublia sa bouteille de rhum. Avec un déhanché envoutant, dont l'effet était encore accentué par la vue de deux longues jambes nues, longues et fuselées, à peine couverte par la mini-jupe plissée, elle s'approcha de ses amis pour les embrasser avec chaleur.
Elle passa devant lui. Ses yeux se posèrent un bref instant dans les siens, mais elle fit mine de ne pas le reconnaître, et se dirigea vers l'homme au postiche, à la casquette et aux raybans. "Excuse-moi mais il faut que j'aille pisser" lui déclara-t-elle sans préambule. Avec un aplomb formidable de féminité, elle s'engagea vers les cabines d'aisance, disposées pour l'occasion à l'angle de la rue. Owein ne put s'empêcher d'admirer sa chute de rein, la cambrure magnifique de sa croupe aux mille délices. A peine eut-elle entrouvert la porte qu'elle la referma, dégoutée par le remugle infâme qui avait frappé son odorat. Toujours souriante, elle se cacha entre deux cabines, en ayant eu soin de demander à une fille de lui servir d'écran. Quelques instants plus tard elle sortit, imperturbable, majestueuse et se mêla à la foule des fêtards.
Owein s'approcha d'elle. Son brillant sur la narine luisait faiblement dans les lueurs de la nuit. Hésitant il lui toucha le coude. "On se connait ?" demanda-t-elle légèrement interdite. "Oui, je suis Owein... Nous avons passé un Halloween ensemble, tu ne te souviens plus ?" après un moment de réflexion " oui ! Mais tu étais plus canon avec les cheveux longs..." dit-elle d'un air mutin
à suivre
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Dernière édition: 19Août, 2010, 22:24:03 par ithilion
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #34 le:
25Juin, 2010, 14:31:34 »
« en tout cas j'ai vu quel genre de lecture tu as. J'aime beaucoup » renchérit-elle. Owein crut déceler une pointe de condescendance dans sa voix. « toi et ton frère vous avez été baignés dans la fantasy tout petit et c'est vraiment très bien » le fait qu'elle le catalogue aussi rapidement ne manqua pas de blesser son orgueil, mais il était subjugué par sa beauté « pour ma part je préfère l'épouvante... » ses paroles semblaient sans force et inopportunes. L'assurance lui faisait défaut. Il l'aurait voulu l'impressionner mais il se sentait ridicule. "Tu fais des jeux de rôles; j'aimerai bien y jouer un de ses quatre; tiens je te conseille de lire l'Huis de la Camarde, en dix tomes, qui dépassent même le Seigneur des anneaux. » Il était de plus en plus agacé. Il fallait changer de sujet. « Qu'est-ce que tu fais en ce moment ? ». « Je pars faire de l'humanitaire au Pérou. » quelque chose la faisait sourire de ce qu'elle disait.
À coté d'eux ses potes à l'aide d'un tube en carton, faisaient se contorsionner une petite blonde aux dreadlocks. Par intermittence l'un d'eux hurlait « Limbo !! », surtout lorsqu'une charmante brunette en pantalon moulant franchissait l'obstacle avec grâce. "Ta femme et ton gosse sont restés à Cardiff ?" s'enquit-elle. "Merde" pensa Owein elle avait visé là où ça fait mal. Se sentant pris au débotté, le jeune gallois esquissa un sourire timide. "Ils sont à la maison". Là il sentait qu'il touchait le fond de la grotesquerie. Le vide béait en lui, lui causant un vif déplaisir. Il lui fallait combler ce puits de Danaïdes. Boire un coup de rhum. Rouler un spliff. Il colla deux feuilles à gauche et tandis qu'il cramait sa zetla dans la paume de sa main, les escadrons de CRS, s'assemblait à l'autre extrémité de la rue. Il tira deux ou trois bouffées âcres de son bedo, puis le passa à la belle, qui le refusa tout net. "Je ne prends que de la coke..." sa bouche menue se fendit à nouveau d'un sourire éclatant. Owein nota un charmant grain de beauté à la commissure de ses lèvres douces. Il voulait les embrasser, baiser sa peau satinée et hâlée. Il aurait pu la prendre là, anéantir le bardache qui l'accompagnait comme on balaie de la poussière d'un revers de main, et devenir son maître au lieu d'être son esclave. Mais il était trop lâche, et malgré toutes ses prétentions, il n'était qu'un faible, à tout point de vue.
Dépité et presque totalement dégrisé, ses yeux errèrent sur la formation de police. Ils commencèrent à avancer. Il y avait quelque chose de bizarre dans leur rang, quelque chose qui échappait encore au regard vague d'Owein...
à suivre
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Dernière édition: 28Juillet, 2010, 01:30:17 par ithilion
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #35 le:
26Juin, 2010, 03:35:04 »
...Une forme d'hostilité lointaine, froide, inhabituelle. De l'autre coté du bassin à flot, quai de Rohan, une musique lancinante montait d'une voiture
You're a dirty needle
You're in my blood and there's no curing me
And I want to run
(like the blood from a wound)
To a place you can't see me
Cause love, like a blow to the head, has left me stunned and i'm reeling - yeah, I'm reeling
And if you go, furious angels will bring you back to me
Son égérie riait de plus belle avec son amant et ses amis, en l'ignorant complétement. Dans ses vapeurs narcotiques qui ne lui faisait plus aucun effet, owein se remémorait la soirée d'Halloween. Encore un exemple confondant de son conformisme, de sa stupidité, de son manque d'empathie. Des corps qui tombent d'un immeuble condamné. Électrochoc de masse. Page blanche. Les images dans chaque interstice du réel. Dans une simple conversation. Et les clichés qui tombent de sa propre bouche comme des jurons. Sans plus de succès avec l'occultisme sinistre et galvaudé. Tantra. Le cœur putride du marais de Yeun Ellez. L'Homme des sorcières et son chien noir. Quand elle eut tourné les talons, il ne restait que les désordres honteux qui fuit le soleil bien aimé. « un bon halloween en somme »s'amusa-t-il.
Soudain, Owein eut un vertige. Les visages tanguèrent devant ses yeux, et il en vit de nouveaux, nombreux, dans une pièce étriquée, bariolée de toutes les couleurs de l'arc chromatique qui défilaient en un kaléidoscope dément, bande son montée à l'envers. Et elle. Encore elle, inaltérée, au centre de tout, accoudée au bar. Et puis le port de plaisance revint. Les policiers s'avançaient, leurs mains gantés de cuir noir sur leur tonfa, leur bombe lacrymo. Ils repoussèrent les jeunes dans la rue ascendante. La tension monta. Plusieurs se rebiffèrent et se firent molester puis on leur passa les pinces. Il la vit dans la foule, il voulait la suivre. Mais il était trop faible. Il suait à grosses gouttes. Mais non... elle ne lui tournait pas le dos. Elle était là, goguenarde, accoudée au bar, dans la petite cuisine criarde, bondée de monde, enfumée, saturée par les scratchs rageurs du MC à coté. "Alors le frangin, tu t'es pris une montée d'[
auto-censuré
], pas vrai ?"
à suivre
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Dernière édition: 28Juillet, 2010, 01:31:10 par ithilion
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #36 le:
30Juin, 2010, 11:51:39 »
Il tenta de retrouver une contenance et se dirigea d'un pas mal assuré vers le bar.
- Sers-moi un verre princesse, s'il-te-plait
- oui, tu es un homme, un vrai, dit-elle sarcastique.
- alors l'humanitaire au Pérou, ça a donné quoi ?
Elle fit semblant de ne pas comprendre. Elle jouait encore avec lui comme avec un pantin. Son verre éclusé il recommença à dégouliner. Le décors se remit à tourner. Il suffoqua. Il sentit le souffle chaud et parfumé de son haleine contre son oreille. "Vois maintenant". Sa voix suave fit littéralement exploser la charge érotique dans ses boyaux. Son esprit recommença à se dissocier en mille papillons colorés, jusqu'à l'aveugler, pour devenir tout son monde. Lorsque la lumière éclatante se dissipa le décors avait à nouveau changé. Il se trouvait au sommet d'un tas de ruines fumantes et noires. Il sentit qu'il était au même endroit qu'avant, mais un désastre au proportions bibliques avait réduit la ville en cendres. Des belles rangées de maisons à colombages il ne restait rien sinon des monceaux de bois brûlés et brisés, de terre et de cadavres carbonisés.
L'armature squelettique d'une tour double barrait l'horizon. Non loin une structure pyramidal, qui semblait n'avoir subit que peu de dégâts, était le théâtre d'âpres combats. Deux drones d'attaques triangulaires décrochèrent au dessus de sa tête dans un hurlement d'ouragan. Il se trouvait sur l'amoncellement de pierres formidable de l'église renversée. Il vit un groupe de survivants tentant de se frayer un chemin dans les décombres d'un centre commercial, non loin. Soudain un nouveau drone surgit de nulle part; il avait des
sieg runen
gravés dans sa coque, autour d'un globe de verre central, qui luisait d'un verre maladif. En un instant il se trouva au dessus des rescapés. Des rayons de plasma partirent de chacun de ses angles pour venir mordre le sol. Il commença à pivoter sur lui-même. Avant qu'ils aient pu se rendre compte de ce qui leur arrivait, une barrière mortelle se dressait entre eux et la survie. L'un d'eux tenta de passer au travers, mais la moitié de son crâne roula au sol dans une gerbe de sang. Le mécanisme relâcha le globe, qui se brisa au sol, libérant une brume verdâtre qui emplit rapidement tout le périmètre, dissimulant les prisonniers et leur sort qu'il devina horrible, car rapidement il n'entendit plus que des expectorations violentes et des hurlements suraigus. Sa sinistre besogne accomplie, le drone repartit, ses rotors poussant le nuage empoisonné vers Owein. Le spectacle qu'il vit alors le cloua sur place, malgré le danger. Il y avait une survivante. Elle. Le doute n'était pas permis malgré les habits déchirés, la crasse et les boucles nouées de sa chevelure en bataille. A genoux, elle sanglotait amèrement et poussait de longues plaintes déchirantes, serrant dans ses bras le cadavre d'une petite fille au visage ensanglanté. Hypnotisé par cette vision, le nuage délétère l'enveloppa sans qu'il s'en rende compte. Il suffoquait, son sang se mit à bouillir et ses yeux étaient prêts à jaillir de leur orbites... Lorsqu'il trouva de l'air par la lucarne de la cuisine. Elle s'approcha de lui. "Allons faire un tour". Elle lui prit la main et l'entraina à travers l'appartement en fête.
à suivre
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Dernière édition: 22Juillet, 2010, 22:21:48 par ithilion
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Journalisée
ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #37 le:
22Juillet, 2010, 19:02:16 »
En passant le dj l'apostropha : « ouais... va faire un tour en bas avec les raclos ! ». Dans la rue l'air était revigorant, mais trop tard pour les gueules saoules sous les encorbellements des maisons à colombages. L'église, inachevée, se dressait dans les ténèbres.
Owein songeait au Grand Dieu Pan qui dormait à ses pieds. La belle était pendue à son bras et après quelques pas elle lui demanda ce qu'il faisait dans la vie, mais il n'était pas disposé à en parler. Il éluda. Son attitude compassé cachait un malaise diffus. Elle se montra plus loquace lorsqu'il l'interrogea à son tour sur sa profession. Elle était guide dans un musée. Comme soupirant il ne laissait pas que d'être empoté, et maintenant il lui semblait que ses entrailles étaient aussi sèche que le contenu d'un vase canope. Pourtant il y avait quelque chose de doux dans cette occurrence,
comme danser avec le diable le soir au clair de lune
. « Qu'aimes-tu dans la vie ? » demanda-t-il à brûle pourpoint. « voyager... et mes trois hommes... » assura-t-elle avec beaucoup de naturel. La foule sembla soudain à Owein plus oppressante et il flancha. Elle le sentit et ils firent demi-tour. A ce moment, il se trouvait moins que rien, bouillonnant de colère contre lui-même. Lorsqu'elle remonta l'escalier en colimaçon, son fignard se trouvait juste à hauteur de son visage. Il aurait pu le lui faire là dans l'escalier, mais rien n'avait changé depuis la rue. Il fit passer ça pour de la galanterie et passa devant. Mais il avait la conviction que cela faisait partie du jeu.
Des chants dans la nuit. Le lapin blanc brisé en mille éclats de conscience. Et elle qui tourne belle et terrible comme un ange en feu. Il tendit la main pour la saisir, mais plus il s'approchait, plus elle devenait évanescente. À la fin il cria son nom, mais elle avait disparue. L'écho de son cri résonna dans la maison déserte. Il était assis, en nage, dans son lit, parfaitement réveillé. C'était vendredi. La nuit. L'heure approchait.
à suivre
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Dernière édition: 28Juillet, 2010, 01:31:35 par ithilion
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #38 le:
24Juillet, 2010, 23:25:28 »
Engourdi, il se leva et tituba jusqu'à la table encombrée de lettres de mise en demeure et de commandement de payer d'huissiers, de feuilles de personnages pour l
'Appel de Cthulhu
, de bouteilles vides, de cendriers cascadant de mégots de clopes et de joints. Il avait envie de se griller une sèche, mais il savait qu'il ne devait pas pour
ce qu'il avait à faire
. De toute façon il n'y en avait plus. Il inspira profondément pour faire entrer le plus de
prana
possible. Il descendit l'escalier, fort d'une résolution terrifiante, les pupilles dilatée, hirsute et dépenaillé. Il pénétra dans une petite pièce vide à l'exception de cartons remplis de figurines brisées, de jeux de rôle déchirés. Une grande et vieille armoire de chêne, qui jurait sur le linoléum prosaïque, était plaquée contre le mur gris en face de la porte. Sur la cloison à droite était accroché un miroir en cerf volant convexe, à 45 ° vers le haut et 90° vers le bas. La partie supérieure du cadre était composé de carton plié et l'inférieure d'une équerre de bois aux extrémités arrondies et aux bords biseautés. Un quadrillage en résille de plomb couvrait la partie médiane droite de la glace. Il grimaça en le voyant. Il avait fait quelque chose de dangereux. Cette objet appartenait aux déviants de la loge
Zoso
et il le leur avait dérobé; il leur avait même fait l'affront d'abattre le bel acacia devant leur repaire, et que ces pervers chérissaient par dessus tout. Ils viendraient bientôt se venger et récupérer ce qui leur appartenait. Mais il n'avait pas peur de ces punaises. Il avait de quoi les accueillir.
Une gandoura de laine blanche était pendue derrière la porte. Des arabesques de soie bleue ornaient l'encolure. Il l'enfila et se dirigea vers la fenêtre, pour en fermer les volets. Le rayonnement spectral de la lune gibbeuse baignait les ténèbres d'un éclat inquiétant. Quelqu'un ou quelque chose était à l'affut dehors. Il verrouilla le tout rapidement, et attrapa un petit objet enveloppé dans un torchon crasseux, caché au dessus de l'armoire et le glissa dans sa poche. Puis il prit une clé autour de son cou, débloqua le meuble massif et après avoir marqué un temps d'arrêt, il l'ouvrit en grand. Un triptyque de bois sculpté en remplissait tout l'intérieur. Les panneaux latéraux figuraient deux hommes nus portant chacun une coupe enflammée, l'une tournée vers le haut et l'autre vers le bas. C'étaient les mignons du redoutable personnage central : le
Baphomet
. Contrairement aux représentations classiques du cornu, sa face n'était pas bestiale, mais celle d'un jeune homme charismatique. Main droite vers le haut et main gauche vers le bas. Il y avait un petit autel recouvert d'un satin vert sur lequel était posé un brule parfum contenant du thym, un bougeoir portant un cierge noir et un petit vase rempli de liquide odorant. Le rituel pouvait commencer.
à suivre
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Dernière édition: 28Juillet, 2010, 01:29:16 par ithilion
»
Journalisée
ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #39 le:
30Juillet, 2010, 15:56:54 »
Après avoir allumé les charbons dans la cassolette et y avoir jeter de la poudre d'encens, il sortit une craie de sa poche, un petit morceau de soie replié de sous l'autel et s'empara de la bougie. Ces deux derniers objets portaient des signes cabalistiques. Il se leva et traça trois cercles distincts sur le sol. Dans l'un il disposa la chandelle, dans l'autre il déplia l'étoffe, - qui contenait un bout de parchemin recouvert d'un pentacle -, et il se plaça lui-même dans le troisième, en tailleur. Commença alors une longue antienne en latin et en hébreu. Au terme de la fastidieuse litanie, il marqua une pause. Puis il toucha le cercle du cierge de la main droite et celui du pentacle de la main gauche et répéta sept fois de suite " Deviens mienne". Enfin, il prononça à nouveau une prière, courte, et se leva pour retourner à l'
occultum
.
«
Dernière édition: 30Juillet, 2010, 19:42:40 par ithilion
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #40 le:
02Août, 2010, 12:03:11 »
Il décrocha une figurine de cire accrochée à sa ceinture, à
son
image. Il avait cousu, sur cette imitation de
son
corps souple et gracile, un bout de tissu coloré en guise de jupe, avec
son
nom, inscrit en travers de
son
sein. Il la considéra un instant en se demandant si le simple contact avec elle avait suffit pour charger le
volt
et incorporer la proportion ad hoc de vie fluidique à la dagyde. Une mèche de cheveux aurait été l'idéal. Tant pis. Il ajouta à nouveau du thym dans le brule parfum, et du bois de santal. Puis il jeta la poupée dans le feu. « Ainsi je fais fondre cette cire sous les auspices de l'esprit invoqué, ainsi fondra d'amour le cœur de glace que je veux enflammer »
Alors que la figurine s'embrasait, il lui sembla percevoir un mouvement infime dans la pièce. Il se tourna. Son reflet dans le miroir le considéra, interloqué. La psyché ne renvoyait que lui.
L'arrière-plan avait disparu
. Il avait laissé la place à un gris nébuleux, mouvant. Soudain un bruit dans le garage le fit sursauter. Il se leva. Quelqu'un était en train de crocheter la porte de communication. Il reporta son attention sur la glace. Tout était normal. Décontenancé, il secoua la tête puis il sortit le chiffon sale de sa poche et le déroula pour faire tomber dans sa main un Five seveN USG usagé.
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ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #41 le:
02Août, 2010, 17:44:05 »
Il recula jusqu'à l'armoire et tint la porte en joue. Il y avait des bruits de pas furtifs dans la pièce à coté. L'huis s'ouvrit subrepticement. Il défourrailla et un homme en cagoule s'effondra à l'intérieur en criant. Les autres refluèrent précipitamment dans le garage. Le malandrin n'était que blessé à l'épaule. Owein s'avança vers lui et braqua son arme sur sa tête. L'autre leva des yeux humides et implorants vers lui. « Pitié... ». Le gallois, sans hésitation, appuya sur la détente et la cervelle macula le mur. Il reprit sa position initiale. Mais une des canailles était restée en embuscade, et un filament traversa la pièce, sans qu'il est le temps de l'esquiver complétement. Son oeil gauche, touché par le gel lacrymogène, pleurait abondamment, et, enflammé de douleur, il s'effondra dans l'occultum, renversant la cassolette. Les braises brûlèrent le tissu, et l'incendie se propagea rapidement dans le meuble.
«
Dernière édition: 03Août, 2010, 16:20:30 par ithilion
»
Journalisée
ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #42 le:
03Août, 2010, 16:25:02 »
Fou de rage, il envoya une salve de balles dans le mur, faisant sauter les carreaux de plâtre. Un des intrus hurla. Il se tourna vers la fenêtre, l'ouvrit et sauta dehors. L'un d'eux l'attendait à l'extérieur lui pointant une arme de poing vers le torse. Avant qu'il ait pu esquisser le moindre geste, deux dards le perçaient et l'onde de choc électrique l'expédia au tapis pour le compte. L'ennemi se jeta sur lui, lui passa des menottes, et commença à l'étriller sans merci, jusqu'à ce qu'il soit complétement sonné, le visage en sang. Les autres arrivèrent, l'embarquèrent et le jetèrent dans une BMW noire, qui démarra en trombe. La dernière vision qu'il eut de sa maison fut celle du
Baphomet
baigné de flammes. Groggy, il sentit à peine un des lascars lui remonter la manche pour lui faire une injection. Le rush de
rabla
le cueillit comme un fruit bien mûr, et son esprit bascula dans un étrange paradis clair-obscur
Journalisée
ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #43 le:
05Août, 2010, 23:04:50 »
Dans le désert à la fois vaste et étriqué de son subconscient, il sentait que quelque chose ou quelqu'un approchait, et alors qu'il était sur le point de distinguer son contour, la réalité le rattrapa comme une douche glacée. La descente fut longue et nauséeuse d'autant que le voyage était interminable et la dernière étape de plus en plus accidentée. Il connaissait leur destination. Bientôt ils longèrent un lac long et étroit, passèrent devant un antique cimetière, juste avant de franchir une haute grille de fer forgé et un poste de gardiennage. Et finalement un manoir du 18ième, de plain-pied, se découpa dans le pare-brise. Deux oriels -dont l'une munie d'une porte- saillaient de la façade. Ils le trainèrent jusqu'à l'entrée. Une chouette le frôla. Il vit la souche de l'acacia et gloussa. Une des brutes, au crâne rasé et au faciès simiesque, l'attrapa par le col et lui administra un crochet du droit dans l'oeil. Il se débattit violemment et un objet contondant s'abattit sur son occiput, l'assommant à nouveau.
Journalisée
ithilion
Invité
Re : Ressusciter le concours de nouvelles ?
«
Répondre #44 le:
14Août, 2010, 02:01:30 »
Ça approchait. Un parfum familier flotta à ses narines. Des lèvres douces et humides effleurèrent le lobe de son oreille. «
¡Pie, caballero ! ¡Estas al yunque
! ». Il leva sa tête du dallage de marbre, en damier blanc et noir. Il avait froid. Ils avaient déchiré sa gandoura et sa chemise et l'avaient jeté sans ménagement au sol, face contre terre. Une grande salle carrée sans fenêtres, aux voûtes supportées par des colonnes ouvragées. Une seul ouverture, et en face une cathèdre, surmontée du miroir. Un homme masqué, vêtu d'une robe de brocart noire et argent, siégeait, hiératique. Une foule de sectateurs, un pandémonium de dominos hideux et grotesques, se tenait, immobile autour de lui. Sur la droite du maître de cérémonie, un cage, où voletaient une centaine de papillons aux ailes oranges et noires.
Danaus plexippus
. Le magister, au loup noir cornu et plissé sur le front, se fendit d'un sourire narquois, qui accentua les cicatrices de sa peau vérolée. « Te voilà en notre pouvoir... mon frère ». Owein se redressa péniblement, perclus de douleur, et le toisa avec haine. « Toi et moi nous n'avons rien de commun, raclure ». L'amusement de l'autre était palpable. « pourtant nous servons les mêmes maîtres... » répliqua-t-il sur le ton de l'échange de banalités. Owein banda ses muscles aux veines palpitantes, du moins ce qu'il en restait après des mois d'inactivité et de monomanie. « La différence entre toi et moi c'est qu'il y a certaines...
offrandes
que je ne suis pas disposé à faire, alors que vous autres... Donc, toi et tes copines, vous feriez mieux de décarrer avant que je vous fasse bouffer vos ratiches... ». Sa gouaille n'avait pas fondue, elle. Le gourou fit un bref signe de tête à l'un de ses sbires, probablement la gueule de macaque. Celui-ci fit un pas, un éclat argenté, un coup leste porté à l'œil, et une vrille de douleur lui transperça le crâne, le faisant vaciller au sol, essayant de stopper, pathétique, l'épanchement du fluide incarnat sur le marbre. Le chef se leva de son trône, et s'accroupit devant lui. Il murmura quelque chose d'horrible à propos de sa femme et de ses gosses. À travers les vagues de souffrance intolérable, le gallois se rappela que s'était le moment qu'il attendait. Il sortit le stylet de sa chaussette trouée, et faucha l'air, rapide comme l'éclair. Les yeux derrière le masque témoignaient qu'il refusait de se rendre à l'évidence. C'est alors que le sang jaillit de la gorge béante, et qu'il s'effondra, rendant l'âme dans les convulsions les plus épouvantables qui soient.
Interdits pendant quelques secondes, ses coreligionnaires finirent par se ruer sur Owein, le désarmèrent et commencèrent à le lyncher. Soudain l'un d'eux cria et ils stoppèrent la bastonnade. Owein savait qu'il allait mourir, son corps n'était plus qu'une grande plaie. Mais à travers le mur épais, dolent, que formaient ses dents brisés, ses doigts écrasés, son œil crevé et toutes les déchirures dans sa chair, il comprit que quelque chose terrifiait les démonomanes et
que cela venait du miroir
. En panique, ils refluèrent dans le couloir, et quelques instants plus tard un monstrueux hurlement collectif, un cri primal d'horreur et de souffrance échappé de leur bouche à tous, qui cessa aussitôt après. Puis le silence. Et à nouveau un bruit. Des talons de femme claquèrent sur le marbre.
à suivre
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