Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: coïtus publicus impudicus  (Lu 2261 fois)
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cccp
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« le: 11Septembre, 2009, 22:35:51 »

Bon je continue dans mes commentaires de lectures,
Dans la saga de Hrolf Kraki, mais aussi dans Tristan et Yseult,et dans d'autres descriptions, les gens dorment dans la même grande salle. Les privilégiés ont le droit à un lit, à un banc ou à rien. Je synthétise.

Et là une question : Quid du coït ?
Il se fait comme ça en public ?



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ithilion
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« Répondre #1 le: 12Septembre, 2009, 00:02:50 »

Avoir honte du cul c'est un concept bien chrétien, ça. Rien à voir avec les honnêtes mœurs païennes 
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Hikaki
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« Répondre #2 le: 12Septembre, 2009, 00:22:57 »

Oui, cela se fait en public, mais dans le noir.  Grin
(Edit : et habillés, bien sûr.)
« Dernière édition: 12Septembre, 2009, 10:14:00 par Hikaki » Journalisée
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« Répondre #3 le: 12Septembre, 2009, 19:16:42 »

Ah non ! Pas habillés : au Moyen Age, on dort tout nu ! (Mais on porte un bonnet de nuit, parce qu'il fait frisquet au-dessus des couvertures à la mauvaise saison.)
Et l'usage est de dormir à quatre ou cinq par lit. Les invités de marque, en particulier, partagent le lit des maîtres de maison.



Par exemple, ces malades de l'hôtel Dieu de Paris sont nus, en 1482.




Ce malade du XVème siècle qui reçoit la visite de son médecin est nu, au lit. Il porte juste une coiffure.




… et pour le plaisir, une illustration du Décameron.

Il faudra attendre la pudibonderie réformée et la réaction contre-réformée pour que les dormeurs revêtent chastement une chemise de nuit.
« Dernière édition: 12Septembre, 2009, 20:28:31 par Usher » Journalisée
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« Répondre #4 le: 12Septembre, 2009, 19:46:01 »

Ça fait froid dans le dos !
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« Répondre #5 le: 12Septembre, 2009, 20:36:39 »

Ben non, ça réchauffe la chaleur humaine.

Mais puisque l'on parle de problème de couchage, est-ce que qulqu'un peut me confirmer qu'aux mêmes époques, dans les milieux pauvres, les bête et les hommes dormaient ensemble, dans la meme pièce en hivers, afin de se réchauffer
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« Répondre #6 le: 12Septembre, 2009, 20:41:48 »

En effet ; c'est une pratique qui remonte probablement à l'antiquité dans les sociétés germanique et gauloise, et qui perdure encore dans le nord de la France pendant la Renaissance. Les deux espaces sont délimités, mais aucun mur ne les sépare pour que les hommes bénéficient de la chaleur animale. Dans les maisons un peu plus spacieuses, on installait parfois une chambre à coucher au-dessus de l'étable ou de l'écurie pour la même raison.
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« Répondre #7 le: 13Septembre, 2009, 00:26:44 »

En effet ; c'est une pratique qui remonte probablement à l'antiquité dans les sociétés germanique et gauloise, et qui perdure encore dans le nord de la France pendant la Renaissance. Les deux espaces sont délimités, mais aucun mur ne les sépare pour que les hommes bénéficient de la chaleur animale. Dans les maisons un peu plus spacieuses, on installait parfois une chambre à coucher au-dessus de l'étable ou de l'écurie pour la même raison.
Et, semble-t-il, jusqu'au XIXème siècle en montagne (Savoie, Hautes-Vosges) où il fait très froid l'hiver et où l'espace est précieux, d'autant qu'on y a assez peu de bois et de paille puisqu'il faut les faire venir des vallées.

Pour ce qui est de dormir à beaucoup par lit, je crois que c'est plutôt une habitude du haut-moyen-âge, puisqu'assez vite les maisons s'agrandissent et qu'on y ajoute des éléments de confort. En revanche, l'habitude perdure très longtemps dans les auberges et relais de poste d'où provient l'expression "mauvais coucheur" : celui qui empêche ses voisins de lit de dormir à force de gigoter, ronfler...
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« Répondre #8 le: 13Septembre, 2009, 10:19:07 »

Ben non, ça réchauffe la chaleur humaine.

Tant que l'on est dans le lit, à plusieurs, oui, mais sortir du lit, tout nu, par un beau matin de décembre, en pleine époque de glaciation ("âge des ténèbres", dont j'ai appris récemment que le nom n'était pas une métaphore mais une conséquence de l'éruption du Krakatoa au VI° siècle), ça me fait froid dans le dos !
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« Répondre #9 le: 13Septembre, 2009, 10:52:18 »

frileuse !
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« Répondre #10 le: 13Septembre, 2009, 11:33:30 »

J'ajoute mes quelques grains de sel pour dire qu'on fait souvent un lien entre la fin de cette promiscuité et la disparition progressive (en Europe) de certaines maladies infectieuses à partir du XVIe siècle, notamment la lèpre.
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So, does it matter to God what happens in our minds? Jesus said that "whosoever looketh on a woman to lust after her hath committed adultery with her already in his heart." the Old Testament prophets frequently charged Israel with "evil imaginations."
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« Répondre #11 le: 14Septembre, 2009, 23:13:27 »

A 5 dans le même pieu je dirais que c'est d'abord la chaude-pisse qui devait beaucoup "voyager" !
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« Répondre #12 le: 15Septembre, 2009, 07:10:25 »

J'ajoute mes quelques grains de sel pour dire qu'on fait souvent un lien entre la fin de cette promiscuité et la disparition progressive (en Europe) de certaines maladies infectieuses à partir du XVIe siècle, notamment la lèpre.
Pour ce qui est de la diminution des cas de lèpre, il y a à mon humble avis une relation plus directe entre celle-ci et l'interdiction des bains et étuves publics par l'église vers la fin du XVe siècle. Les bains favorisaient la débauche et la prostitution, tout en permettant à des maladies infectieuses de se propager (mais ça je gage que les pères la pudeur s'en fichaient pas mal).
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« Répondre #13 le: 15Septembre, 2009, 10:23:47 »

Je suis loin d'être spécialiste de la question, mon intervention était basée sur un souvenir d'un cours de fac consacré à l'histoire de la santé, mais je reconnais que c'est un peu lointain.
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« Répondre #14 le: 15Septembre, 2009, 20:02:30 »

Il y a fort longtemps, j'avais lu aussi que la politique de quarantaine mise en place avec la multiplication des lazarets avait sans doute joué un rôle important dans la disparition de la lèpre.

Pour en revenir à la literie, le XVème siècle est aussi l'époque où se multiplient les lits à deux places, ce qui réduit la promiscuité dans le sommeil. Ceci dit, jusqu'au XVIème siècle, il est courant de dormir avec les maîtres de maison quand on est un invité. Et dans les maisons riches, les domestiques continuent à dormir dans les chambres de leurs maîtres, sur des couchettes ou des banquettes.
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