Les Salons de la Cour

11Février, 2012, 06:58:58
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« Répondre #15 le: 21Mars, 2010, 16:00:40 »

Kylm avait souhaité un délai, on peut supposer qu'il nous rédige qqchose 
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Kylm
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« Répondre #16 le: 21Mars, 2010, 17:04:53 »

Kylm avait souhaité un délai, on peut supposer qu'il nous rédige qqchose 

J'ai quelques choses de prêt mais comme je souhaite faire jouer ce scènario lors de la convention organisée par mon club (J'en profite pour faire de la pub roliste et petit joueur du grand ouest venaient en masse que dis je en horde à Caen pour H2J4 ) j'ai demandé un délais afin d'en réserver l'exclusivité au joueur. Le scénar est bouclé et à déjà été testé.
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« Répondre #17 le: 28Mars, 2010, 13:35:09 »

Y’ a pas d’or pour les braves

Un scénario non colaboratif pour Arkéos

A) Présentation du scénario : « Même au milieu de trous d'obus, même sur une place crevassée, esquintée, c'est bandant une banque ».

Le scénario est prévu pour être joué avec des personnages pré-tirés. L’interprétation des PJ joue un rôle capital dans le déroulement du scénario. La réussite du scénario est en partie basée sur l’interprétation de la psychologie des PJ.
Dans une ambiance inspirée par « Un taxi pour Tobrouk » et « Les Morfalous », les   P.J vont effectuer une odyssée dans le désert saharien. En apparence, tout les oppose mais ils vont devoir rester ensemble car chacun possède un atout ou un contact utile au groupe. Des péripéties extérieures et les évènements historiques vont venir perturber les négociations.  
Fin juin 1940, la France battue capitule face à l’Allemagne nazie. Les négociations de paix débutent le 17 juin. Le 18, le général De Gaulle lance son appel à la résistance. Dans ce contexte, un groupe de légionnaires français est chargé de récupérer des documents historiques d’une importance capitale et un magot incroyable.  Ils doivent ramener le tout. Mais à qui les ramener ? Au gouvernement dirigé par Pétain, au général inconnu qui lance un appel à la résistance, aux anglais qui n’hésitent pas à tirer sur les français ou aux allemands qui sont les vainqueurs ?
Les PJ ont tous un objectif individuel. Ils vont devoir convaincre les autres PJ de les aider. Le ou les vainqueurs de la partie seront ceux qui contrôleront le chargement du camion à la fin du temps imparti et auront ainsi atteint leur objectif.
Chaque personnage possède des compétences utiles voir indispensables aux autres pour franchir les péripéties. Éliminer physiquement un autre PJ remettrait en cause l’équilibre précaire de l’expédition. Le but de chaque PJ est de neutraliser les autres PJ et de prendre le contrôle du camion. Un PJ est considérait comme neutralisé quand il est dans l’incapacité d’agir.

B) Historique des personnages : « En langage clinique on appelle ça un paranoïaque, en langage militaire un brigadier. »

Hervé de la roche Patry, lieutenant au 1er régiment étranger d’infanterie, bagarreur, nationaliste, idéaliste, proche des milieux d’extrême droite français. (Archetype Mercenaire)
Hervé est le fils cadet de la famille de la Roche Patry, des châtelains de la région de Saint-Etienne dont l’arbre généalogique trouve ses racines au temps des croisades. Il passe une enfance heureuse dans le château familial,  bercé par les récits légendaires de ses ancêtres qui le confortent dans une vision passéiste et mythifiée de la noblesse d’épée. Il n’a de cesse de faire les quatre cent coups avec Charles Sagane, le fils des métayers de son père. Une profonde amitié le lie avec le jeune homme.
1934 : Hervé est envoyé poursuivre ses études à Paris. Il préfère la franche camaraderie de l’action militante.  Il adhère à l’action française et à sa branche militante « les Camelots du Roi ». Le 6 février 1934, Hervé participe à la manifestation place de la concorde et tente de mettre à bas la gueuze (la République).  Profondément hostile à la démocratie, il observe avec attention et sympathie ce qui se passe en Allemagne.
1936 : avec quelques camarades, il tente de briser par la force les piquets de grève qui entravent l’entrée des usines paternelles. Au cours d’une ces confrontations viriles, il blesse grièvement un militant communiste. Les relations de son père lui permettent d’éviter la prison. Il est,  comme tous les cadets de sa famille, admis à Saint-Cyr. N’est ce pas le destin des de la roche Patry que de servir la France (et le roi) ?
Octobre 1938 : A Saint-Cyr, il retrouve son ancien camarade Charles Sagane. A Saint-Cyr, Hervé se montre plus assidu au mess  qu’aux salles de cours. Il compense son manque de travail sur le terrain. C’est un guerrier né comme on n’en fait plus, un descendant de chevalier.   Sorti dans les derniers de Saint-Cyr, il rejoint la Légion Etrangère dont il admire les valeurs de camaraderie, de dévouement au drapeau et aux chefs. Bon meneur d’homme, il excelle dans ce corps.
Septembre 1939 : Hervé est en poste à la frontière entre l’Algérie (colonie française) et la cyrénaïque (colonie italienne). Il brule d’impatience d’aller combattre à la frontière l’envahisseur germain.  Au sein de son unité : le code d’honneur de la Légion fait que les relations sont courtoises avec ce gauchiste de docteur. Le coté gouailleur d’Augagneur en font un compagnon de beuverie sympathique mais peut-on lui faire confiance ?
Mai - Juin 1940 : La défaite qui se profile le stupéfait. Il enrage de voir l’Armée capituler avant qu’il n’ait put connaître l’expérience du feu. Cependant il voit dans cette défaite l’occasion de purifier la France du déshonneur engendré par le Front Populaire et ses hordes Judéo bolcheviques.
Un ordre est un ordre, Hervé a reçu celui d’assurer la sécurité du chargement du professeur jusqu'à Alger et de le remettre aux autorités compétentes.

Markus Schönewalt, Allemand anti nazi, vétéran de la guerre d’Espagne, médecin humaniste et engagé.
Markus est le fils d’un député socialiste de la République de Weimar assassiné par les nazis en 1933. Il commence à faire des études de médecine à Berlin. Très vite il est obligé de s’enfuir pour Paris où il termine ses études de médecine. (Archetype médecin)
1936 : Markus s’engage dans les brigades internationales et participe comme médecin aux batailles de Madrid.    Lors de ces batailles il est amener à soigner certain de ses anciens compatriotes engagés dans l’autre camp au sein de la légion Condor. C’est à ce moment qu’il croisera pour la dernière fois son ami d’enfance Heinrich Muller, devenu entre temps le capitaine Muller.
Août 1938 : Markus traverse de nuit la frontière française.  Vaincu, sans ressources, sans patrie, recherché par la police politique espagnole et la Gestapo, il trouve refuge dans un bureau de recrutement de la Légion Etrangère. La Gestapo traque sans pitié en Allemagne et à l’étranger tous les opposants au régime. De part son hérédité et son parcours,  Markus est un gibier particulièrement recherché.
Septembre 1938 : Markus s’engage dans la Légion Etrangère sous le pseudonyme de François Schönewalt. Il dissimule sa nationalité en se faisant passer pour alsacien. Sa maîtrise du français lui permet de donner le change.  Son diplôme de médecine et son expérience au front lui permettent de devenir médecin militaire au sein du 1er régiment d’infanterie de la Légion étrangère. De ce fait, il obtient un grade équivalent à celui de Capitaine.
Janvier 1939 : Le 1er régiment étranger d’infanterie est envoyé en Algérie. Markus et sa compagnie sont stationnés dans un petit fort chargé d’assurer la surveillance de la frontière entre l’Algérie (colonie française) et la Cyrénaïque (colonie italienne).
Septembre 1939 : Markus demande à être muté dans une unité combattant en France. Son commandant d’unité le capitaine Fouret refuse. Il est le seul au sein de la compagnie à connaitre la véritable nationalité de Markus.  Au sein de son unité : le code d’honneur de la légion fait que les relations sont courtoises avec ce fasciste de Delaroche. Le coté gouailleur d’Augagneur en fait un homme sympathique mais peut-on lui faire confiance ?
Mai – juin 1940 : Markus suit avec angoisse le recul des armées françaises. La France vaincue,  il connaît le sort que lui réserve la Gestapo. Markus réussit à nouer des contacts avec d’anciens des brigades internationales. Ceux-ci se sont donnés rendez vous à Fort Lamy au Tchad. De là, ils espèrent pouvoir résister ou mourir en combattant la barbarie nazie.
Markus ne doit pas tomber vivant entre les mains des nazis ou de leur sbire. Il doit livrer le camion à ceux qui poursuivent le combat. Pour cela il doit gagner au plus vite Fort Lamy au Tchad ou les lignes anglaises en Égypte (Le Caire).  Il pourra ainsi livrer le contenu du camion aux forces aux forces qui continuent le combat.

Jean Dorigny universitaire, ancien combattant, intellectuel anglophile, germanophobe, légaliste et conservateur. (Archetype Archéologue)
Jean appartient à la petite bourgeoisie intellectuelle et républicaine. Son père fut un universitaire reconnu. Ses parents toujours aux quatre coins du globe ont délégué son éducation à une nurse anglaise, puis l’ont régulièrement envoyé séjourner en Angleterre.  De cette enfance,  Jean a conservé deux choses : un anglais oxfordien et une profonde sympathie pour cette patrie paisible et équilibrée. C’est au cours de ces séjours qu’il s’est lié d’amitié avec Lord Richeburn.
En 1916, Jean a servi à Verdun comme officier d’État Major. Durant cette bataille, Jean a servi sous les ordres du Maréchal Pétain. Depuis, il voue une admiration et une confiance sans limite au vainqueur de Verdun.  Lors de cette bataille un obus allemand lui a permis un séjour prolongé à l’hôpital militaire.
En 1935, Jean est entré en conflit avec un jeune professeur allemand Heinrich Muller. Jean est un Universitaire reconnu. Avec le professeur Heinrich Muller de l’Université de Berlin, il est le plus grand spécialiste de l’étude des colonies phéniciennes. Tout d’abord il ne partage pas les opinions politiques de ce nazi convaincu, pour Jean les nazis ne sont que des fauteurs de trouble qui feraient mieux de lire les livres plutôt que de les brûler.  Ensuite, Jean est persuadé que les Aryens ne sont pas une peuplade germanique mais un mythe phénicien. Ces mêmes phéniciens seraient à l’origine de la cité romaine. Il manque cependant de preuves pour faire le lien entre l’Énéide et la réalité.
En 1936, Jean n’a pas voté pour le Front Populaire. Il était hors de question que les perturbateurs à la solde de Moscou prennent le pouvoir. Cependant il n’a jamais montré de sympathie pour les fauteurs de troubles de l’Action Française.  Franc-maçon comme son père, il a sans en partager les opinions été séduit par le coté dandy intellectuel de Blum.  Jean déteste le désordre dans la vie comme en politique.
Mai 1940, Jean vient de mettre à jour sur le site d’El at Krifft un immense trésor et de précieuses tablettes phéniciennes. Celles-ci remettent en cause les théories nazies et italiennes.  Elles prouveraient que les Aryens ne sont qu’un mythe inventé par les phéniciens et que Rome serait à l’origine une colonie phénicienne.
Juin 1940 : Les Italiens viennent d’entrer en guerre contre la France. Le petit campement de Jean vient d’être investi par une colonne Italienne.  Jean a eu le temps de demander du secoure.  Jean est désormais aux arrêts. Il est libre de se déplacer dans le camp mais il a en permanence un garde sur le dos.
Jean ne veut en aucun cas que ces tablettes tombent entre les mains des nazis ou des Italiens. Il a pour objectif de remettre ces tablettes au gouvernement français légal.

Lady Elizabeth Richeburn, petite fille chérie caractérielle, capricieuse, rebelle, aventureuse et cupide. (Arcgétype fille à Papa)
Pauvre petit fille riche, Elizabeth fille unique de Lord Richeburn a toujours eu de la chance dans son malheur. Sa mère morte en couche laisse une unique héritière à son époux. Quand Elizabeth veut quelque chose, elle l’obtient. Un sourire d’ange, un regard de braise mais un caractère de cochon. Son père n’ose pas résister à ses caprices.
La campagne c’est amusant un temps, mais très vite cela peut s’avérer lassant. Et à l’école, c’est pareil. A Londres lors d’une soirée, elle rencontre un séduisant jeune homme : Maxime Moseley, le fils de Lord Moseley, chef du parti fasciste anglais. Elizabeth devient une proche de Lady Simpson. Cette dernière ne cache pas son admiration pour Hitler. C’est d’ailleurs ces sympathies qui couteront le trône anglais à son époux. La fréquentation de ce milieu permet à Elizabeth de sympathiser avec l’attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne, le capitaine Heinrich Muller.
Lord Richeburn est bien décidé à mettre un terme à ses amitiés douteuses. Il expédie sa fille à El at Krifft, où son ami le professeur Jean Dorigny a entrepris des fouilles archéologiques. C’est ennuyeux El at Krifft. Il n’y a rien à faire à part gratter la terre. Cependant le professeur semble avoir fait une découverte intéressante : beaucoup d’or et de mystérieuses tablettes d’argile.
A force de s’ennuyer, Elizabeth a réussi à faire connaissance avec quelques officiers de la petite garnison italienne. Elle a d’ailleurs appris aux italiens la découverte du professeur et son intention de partir. En contrepartie, ceux-ci lui ont expliqué qu’à 5 km au nord du fortin se trouvait une petite base avec une pièce d’artillerie lourde.
Elizabeth a pour objectif de quitter El at Krifft au plus vite en emportant et en gardant pour elle l’argent et les tablettes du professeur Dorigny.

Joseph Augagneur, sergent au 1er régiment étranger d’infanterie, titi parisien gouailleur, germanophobe, débrouillard, grande gueule, charmeur et rebelle. (Archétype Baroudeur)
Joseph est un enfant de Paris. Ses parents tenaient un bistrot du coté de Mesnil Montant. Son père vétéran de la première guerre mondiale a fait Verdun. Ce dernier en est revenu intact et le plastron décoré de la croix de guerre pour acte de courage.  Le vieux Augagneur a été décoré par le maréchal Pétain en personne. L’enfance de Joseph a été bercée par les récits de combat héroïque de son père plein de tendresse et respect pour le Maréchal Pétain.  Un jour, lui aussi ira occire du boche.
1928 : Joseph n’a pas beaucoup fréquenté l’école. La sienne c’était celle de la rue. Petit à petit, il s’est taillé une solide réputation du coté de Mesnil Montant.  Un jour un gonze s’amourache d’une de ces gagneuses.  Et là c’est le drame. Une bagarre qui tourne mal, un gosse des beaux quartiers qui se retrouve le visage tailladé par un tesson de bouteille. La justice qui lui cherche des noises et voila Joseph obligé de partir chercher de nouveaux terrains de chasse. Il décide d’aller au plus propre. Il s’engage dans la Légion qui l’envoie aussi sec dans un bataillon disciplinaire au fin fond du Sahara algérien.
1934 -1936 : Vu du désert, les luttes politiques qui écartèlent la France ne le touche pas. Il ne prend pas partie. La politique, c’est mauvais pour les affaires. Sa position de sous officier responsable du parc automobile de la compagnie lui permet d’établir quelques juteux trafics. Les distractions étant rares, Joseph s’amourache de quelques indigènes.  Ses rêves de gloires somnolent sous le soleil d’Afrique.
Septembre 1939 : Lorsque Joseph apprend que la France et le Royaume Uni entrent sur le sentier de la guerre, ses rêves de gloriole se réveillent. Joseph espère partir au front et récolter à son tour une médaille qui fera la fierté de son paternel.  Au lieu de cela il se retrouve au fin fond du Sahara dans un petit fortin oublié par Dieu, les Hommes et la gloire. Sa compagnie a pour mission de surveiller la frontière entre l’Algérie (colonie française) et la Cyrénaïque (colonie italienne).  Au sein de son unité : il aime bien trinquer avec ce fasciste de Delaroche même si ses idées autoritaires le révulsent.  Le doc à des idées plus humaines à ses yeux mais quel triste sire. Et en plus c’est un alsacien, presqu’un allemand en somme.
Mai - Juin 1940 : Joseph voit avec peine la guerre se terminer. Il n’a toujours pas réussi à quitter ce coin de désert et à conquérir la gloire.
Joseph n’a qu’un objectif conquérir le cœur de ces dames, la gloire et la fortune.  Alors Joseph Augagneur héros ou truand ?

Charlotte Sorbini, grand reporté de gauche, anglophobe, mystique, pacifiste et antimilitariste fascinée par le Désert.  (Archétype Bourlingueur infatigable)
Charlotte est fille de colon italien installé en Algérie et nationalisé français. Ses parents possédaient une propriété dans le constantinois.  Son père, ancien combattant de la première guerre mondiale, est revenu gazé des tranchées. Il en a perdu la vue et l’usage d’un poumon.  Charlotte n’en veut pas aux allemands. Ils ne sont pas responsables des souffrances de son père.  Ce sont les Anglais. La compagnie de son père venait de s’emparer d’une tranchée allemande. Suite à une erreur de coordination, l’artillerie anglaise toute proche a déclenché sur cette tranchée une attaque au gaz. Elle n’a jamais pardonné aux anglais cette erreur.  
1925 : A 15 ans, Charlotte accompagne son oncle à la découverte du Sahara.  Elle devient captivée par cet espace à la fois fascinant et inquiétant. Depuis elle ne perd jamais une occasion de le traverser où de se rendre à la rencontre des peuplades qui l’habite. A chacun de ses voyages, elle noue de nombreux contacts.
Janvier 1934 : Charlotte arrive en métropole et devient journaliste pour « le Populaire », le journal de la S.F.I.O (socialiste), parti dont elle partage les convictions sociales et pacifistes. Son premier reportage est la couverture des émeutes du 6 février 1934. La violence des manifestants l’effraye.
Mai 1936 : Enthousiaste, Charlotte soutient le Front Populaire. Elle espère qu’il apportera le Pain, La Paix et la Liberté.
Octobre 1938 : Les bruits de bottes venant d’Allemagne l’effrayent. Elle se réjouit de la signature des accords de Munich. Charlotte retourne en Algérie et se remet à sillonner le Sahara à la recherche d’un reportage qui lui permettra de décrocher un prix. Là elle tombe éperdument amoureuse d’un officier de la Coloniale Charles Sagane.
Septembre 1939 : Charlotte est indignée par la déclaration de guerre. Elle ne veut pas que ses proches meurent pour Dantzig. Elle est persuadée que cette guerre est faite au profit de quelques galonnés et de marchands de canon. Son frère cadet, Bernard est mobilisé dans un régiment d’infanterie.  Son histoire amoureuse avec le lieutenant Sagane se termine brutalement. Ce dernier disparaît sans laisser ni adresses ni explications.
10 juin 1940 : Charlotte se remet difficilement de sa rupture. Elle apprend la mort de son frère cadet à Dunkerque. Bernard s’est noyé en essayant d’embarquer dans un navire anglais pendant l’évacuation de la ville. Des marins anglais l’auraient empêché et rejeté à la mer. Ravagée par le chagrin, Charlotte n’a qu’un souhait que cette guerre imbécile s’arrête.  Au même moment, elle obtient ses accréditations pour réaliser un reportage sur une opération de la Légion Étrangère : le sauvetage des tablettes du professeur Dorigny.
Charlotte a pour objectif de s’emparer des Tablettes. Elles sont le signe d’une civilisation brillante dans le désert. Elle ne sait pas encore si la place de ces tablettes est dans un musée Algérois ou dans son salon.
C) Scène 1 : « A mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. Il faudrait toucher sa prime d'engagement et défiler tout de suite. » (16 et 17 juin 1940)

Un petit fortin français perdu au fin fond du Sahara, à la Frontière entre l’Algérie (colonie française) et la Cyrénaïque (actuel Libye, colonie Italienne). Il est composé d’un puits, de quelques baraquements en bois, d’un drapeau tricolore…  Les PJ légionnaires (Delaroche, Markus et Augagneur) sont informées :
- De leur mission : Porter assistance au professeur Dorigny, un Archéologue qui vient d’effectuer une découverte historique capitale. Le site des fouilles se trouve à deux jours de route du fortin. Ils devront ensuite escorter le professeur jusqu'à Alger.
- De la présence d’une journaliste à leur cotés.
- Des dernières nouvelles de la situation nationale : (16 juin 1940) Paul Reynaud perd la confiance de son gouvernement et doit démissionner de la présidence du conseil (premier ministre). Le Maréchal Pétain est pressenti pour le remplacer. Les armées françaises recul derrière la Loire dans le but de se réorganiser.  Strasbourg et Verdun sont occupées. Les panzers divisions allemandes progressent en direction de la Bretagne et de la Loire.
- De la composition de la colonne , un véhicule de commandement, un fourgon blindé et trois camions tout terrain équipés chacun d’une mitrailleuse lourde type MG. C’est presque toute la compagnie qui embarque (40 hommes).
Au cours de cette courte scène de présentation, les PJ peuvent faire connaissance et organiser le convoi. S’ils le souhaitent et que leur demande n’est pas trop exotique,  ils peuvent embarquer du matériel particulier. Sinon, dans les camions ils trouveront l’équipement standard pour une expédition de 15 jours dans le désert. (Carte avec indications des points de ravitaillement et des objectifs, poste de radio, réserve d’essence, de vivre et de munition)
Si les PJ questionnent le capitaine :
D’après les services de renseignement, le site du professeur n’est protégé que par une garnison symbolique de carabiniers.
Il s’agit d’une simple mission de routine. « On ramasse le coli et on s’arrache ni vu ni connu. »
-Quant à la situation nationale, le capitaine enrage de ne pas être sur le front, considérant les chefs comme des incompétents et des défaitistes. Pour lui c’est la faute à Blum et au Front Populaire qui avec les congés payés ont fait perdre aux Hommes le sens de l’effort et de l’honneur. Le Maréchal Pétain malgré toute sa gloire est peut être un peu vieux pour assurer de telles fonctions.

El At Krifft : le site de fouille du professeur Dorigny. Il se trouve au milieu Fezzan. Cette partie du désert est sous le contrôle de l’armée italienne.  Le site est à proximité d’une oasis. Il est composé d’un petit fortin en hauteur.
- Le professeur a entretenu des relations cordiales avec les italiens jusqu’à la déclaration de guerre.  Depuis il a été assigné à résidence. Il doit rester enfermé dans un petit baraquement gardé en permanence par deux hommes. L’ensemble de son équipe de fouille a été congédié.
- Elizabeth est laissée libre de ses mouvements. Elle entretient de très bonnes relations avec les occupants. Elle peut facilement obtenir le contenu de la garnison : 1 capitaine Italien et un environs 50 hommes. Les Italiens possèdent des mortiers et des mitrailleuses lourdes.
- Elizabeth et le professeur apprennent que le Maréchal Pétain est officiellement entré en fonction. Il a demandé l’ouverture de négociations pour conclure une paix séparée. Les pourparlers pour établir un armistice ont débuté.

D) Scène 2 : « Les pertes en dessous de 100% ne peuvent être que relatives. » (18 et 19 juin 1940)

La colonne de légionnaires se trouve à proximité d’El At Krifft. Elle est attendue de pieds ferme par la garnison Italienne renforcée par des troupes allemandes. Au cours de la bataille l’ensemble de la colonne se fait massacrer. Tous les légionnaires sauf 1 meurent. Quelques uns peuvent être seulement blessés. Tout cela est laissé à la discrétion du MJ afin de créer un effet dramatique.
Les PJ peuvent trouver refuge à l’intérieur des baraquements du site de fouille. Dans ce cas,  les italiens envoient des patrouilles de 4 ou 5 hommes achever les blessés. Les PJ peuvent apprendre la présence d’une pièce d’artillerie par Elizabeth ou en faisant parler les prisonniers ou en faisant une reconnaissance poussée.
 Les PJ entendent le message du général De Gaulle. Le message étant répété le 22 juin, les PJs ne sont pas obligés de l’entendre en entier ou juste un petit morceau. Le lendemain, le 19 les anglais annoncent qu’ils ont réussi à évacuer la plus grosse partie de leurs troupes du territoire français et qu’ils se battront jusqu’au bout.

E) Scène 3 : « Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche. » (20 juin au 3 juillet 1940)

Une fois la garnison neutralisée, les PJs se retrouvent perdus au milieu du Fezzan, une partie particulièrement aride et difficile d’accès du Sahara.  Ils sont approximativement à 1500 kilomètre d’Alger, du Caire ou de fort Lamy. L’odyssée à travers le désert commence.  
Les évènements suivants peuvent survenir selon le bon vouloir du MJ de manière tout à fait aléatoire. Le scénario se termine au plus tard 3 heures après la fin de la bataille.  Les PJs qui contrôlent le véhicule blindé et ont réussi à neutraliser les autres PJ sont considérés comme ayant atteint leur objectif.
Première difficulté à résoudre : qui commande l’expédition le médecin capitaine (Markus) ou le lieutenant ?
Deuxième difficulté quelle direction prendre ?
Troisième difficulté laissé au choix du MJ

1.Arrivée dans un oasis dont le puits est empoisonné : une prouesse de médecine à 13 peut aider à résoudre la difficulté.
2.Arrivée dans une oasis tenue par des pillards : L’attribut de Charlotte peut intervenir. Dans ce cas les pillards se feront un plaisir de l’aider. Dans le cas contraire,  ils tentent pendant la nuit de voler le camion. Ils possèdent de l’essence, de l’eau et des vivres. Ils peuvent les vendre.  (NA 7 / NA secondaire : 5 / valeur 5 / santé 5 / impact 3) Ils sont une petite vingtaine.
3.Arrivée dans une oasis tenue par les allemands et les Italiens : L’oasis possède des réserves illimitées en essence, en eau et en vivres. Il est gardé par une centaine d’hommes.  Le commandement du poste est assuré par Heinrich Muller Ce capitaine de la Wehrmacht, conseiller technique allemand auprès du gouvernement italien est un vétéran de la guerre d’Espagne, un archéologue très compétent compétent et un nazi convaincu. Comme Archéologue, il vivement combattu les thèses du professeur Dorigny. Il possède des relations communes avec Elizabeth. Pendant la guerre d’Espagne il a été blessé durant la bataille de Madrid, fait prisonnier par les républicains, il a été soigné par son ancien ami d’enfance Markus. Elizabeth aura un avantage pour le convaincre de l’aider.
4.Arrivée dans une petite Oasis : Les PJs trouvent repos, eau, essence et vivres si nécessaire. Elle est gardée par 1D20 italiens ou pillards.
5.Le blessé fait une crise : Le légionnaire blessé doit impérativement être aidé.
6.Le blessé meurt : malgré les soins répétés, le blessé meurt.
7.Le véhicule est ensablé : Tout le matériel pour le désensabler est présent dans le véhicule mais cela prend du temps. Seul Delaroche possède les compétences pour le franchir.
8.Le véhicule se retrouve au milieu d’un champ de mine : Tout le matériel pour déminer le champ de mine est présent dans le véhicule mais cela prend du temps et c’est dangereux.
9.Panne moteur : Tout le matériel pour le réparer est présent dans le véhicule mais cela prend du temps.
10.Panne d’essence : Implique de la marche à pied jusqu'à l’oasis la plus proche.
11.Pénurie d’eau : Le rationnement d’eau entraine un affaiblissement des PJs. Ils perdent 1D6 point d’étourdissement jusqu’au prochain Oasis.
12.Rencontre avec un convoi de prisonniers français : Le convoi est gardé par 1D20 soldats italiens. S’ils sont libérés, ils peuvent être persuadés de rallier un camp ou un autre (difficulté 11). Après avoir aidé celui qui les a convaincus, ils partiront par une autre route. Jean Dorigny possède un avantage, il y a surement un admirateur de son oeuvre.
13.Rencontre avec une patrouille Italienne : (NA 9 / NA second 7 /Valeur 6 / santé 12 / impact 3) (1D12 soldat)
14.Rencontre avec une patrouille britannique : La patrouille est composée d’une dizaine de soldats des Long Range Désert Group. L’unité est équipée pour faire de longs raids d’exploration dans le désert. La patrouille portera spontanément son aide au professeur Dorigny, à Elizabeth et Markus (sauf si sa nationalité a été révélée). Si Elizabeth a fait jouer son attribut la patrouille fera tout pour l’aider et tentera de désarmer tout le monde.
15.Rencontre avec une patrouille française : commandée par Charles Sagane. Il est un ami de Delaroche et un ex petit ami de Charlotte. Il l’a quittée sans laisser d’adresse. Il était trop épris de sa liberté pour vivre en couple. Il n’est pas au courant de la situation internationale. Cela fait deux mois qu’il poursuit une troupe de pillards avec sa patrouille de Méhariste. Son camp de base est à proximité de Fort Lamy. Le seuil de difficulté pour le convaincre est de 14 (11 pour Delaroche et Charlotte)
16.Rencontre avec une troupe de pillards : Charlotte Valadune peut faire jouer son attribut et être aidée. Cette troupe peut être celle chassée par le capitaine Sagane. (NA 7 / NA secondaire : 5 / valeur 5 / santé 5 / impact 3) Ils sont une petite vingtaine.
17.Survol du camion par un avion de reconnaissance : Si l’avion n’est pas rapidement abattu, une patrouille italienne intervient rapidement. (difficulté 13)
18.Survol du camion par un avion de chasse : (difficulté 15)
19.Le Capitaine Fouret revèle la véritable identité de Markus.
F) Mécanique du scénario : « Les conneries, ça se fait avant de rentrer à la Légion. Pas pendant ! »
Les PJ ont tous un objectif individuel. Ils vont devoir convaincre les autres PJ de les aider. Chaque P.J. est défini par des traits de caractère et des opinions politiques.  3 personnages sont clairement identifiés à un camp :
-Pétain : Un ordre est un ordre, Hervé De La Roche Patry a reçu celui d’assurer la sécurité du chargement du professeur jusqu'à Alger et de le remettre aux autorités compétentes.
-De Gaulle : Markus Shönewalt ne doit pas tomber vivant entre les mains des nazis ou de leurs sbires. Il doit se rendre au plus vite à Fort Lamy au Tchad ou gagner les lignes anglaises en Égypte (Le Caire).
-Individualiste :    Elizabeth Richeburn a pour objectif de quitter El-at-Krifft au plus vite en emportant l’argent et les tablettes du professeur Dorigny.
3 personnages sont susceptibles de basculer dans un camp ou dans un autre.
-Pétain ou De Gaulle : Jean Dorigny ne veut en aucun cas que ses précieuses tablettes tombent entre les mains des nazis ou des Italiens. Il a pour objectif de remettre ces tablettes au gouvernement français légal.
- De Gaulle, Pétain, individualiste : Joseph Augagneur n’a d’autre objectif que de conquérir le cœur de ces dames, la gloire et la Fortune.  Alors Joseph Augagneur héros ou truand ?
-  Pétain ou individualiste : Charlotte a pour objectif de ramener ces tablettes à Alger. Elle ne sait pas encore si la place de ces tablettes est dans un musée Algérois ou dans son salon.
Le ou les vainqueurs de la partie seront ceux qui contrôleront le chargement du camion à la fin du temps imparti et auront ainsi atteint leur objectif.
Chaque personnage possède des compétences utiles voir indispensables aux autres pour franchir les péripéties. Éliminer physiquement un autre PJ remettrait en cause l’équilibre précaire de l’expédition. Le MJ prendra soin de rappeler en cours de partie cet élément essentiel. Les PJ peuvent se neutraliser (désarmer, entraver, discréditer mais doivent éviter de s’entretuer.) Au  cas où cela tourne mal,  l’intervention rapide de l’avion de chasse peut aider.
- Hervé De La Roche Patry : le guerrier, compétence de combat. Il est le seul capable de déminer le champ de mine .
- Markus Shönewalt : le médecin de l’expédition, le seul capable de maintenir en vie le blessé ou de le soigner.  Son trait de caractère peut sauver la vie d’un PJ.
- Jean Dorigny : il est le seul à connaître la véritable valeur de la découverte. Son attribut peut lui permettre de se faire des alliés dans n’importe quelle situation.
- Elizabeth Richeburn : Peut facilement sympathiser avec les nazis ou les fascistes. Son attribut papa chéri peut lui permettre de faire intervenir la patrouille de L.R.D.G. dans les 15 minutes qui suivent son appel.
- Joseph Augagneur : c’est le conducteur et mécanicien de service. Il est indispensable pour le bon fonctionnement du véhicule.
-Charlotte Valadune : Elle connaît le désert comme sa poche.

Direction suivit par le camion :
- Elle est fixée par le chauffeur qui la communique soit directement soit secrètement au M.J. Quand le temps de débats est trop long le MJ soumet la direction au vote.
- Un PJ peut tenter de convaincre un autre P.J. à l’aide d’un jet en opposition de commandement ou de débat.
G) Chronologie :  « Y'a des circonstances où vaut mieux voir arriver un mauvais français qu'un bon allemand. »   Tout au long du scénario le MJ devra veiller à rappeler par bribes la chronologie afin de maintenir une ambiance dramatique. Ces rappels prendront la forme de brefs communiqués radio. Les Français hésitent entre la paix immédiate dans un conflit qui se mondialise et la guerre.  Le MJ devra aider les PJ à exprimer les sentiments pacifistes, résignés ou rebelles qu’ils possèdent.
16 juin 1940 : Paul Reynaud perd la confiance de son gouvernement et doit démissionner de la présidence du conseil (premier ministre). Le Maréchal Pétain est pressenti pour le remplacer. Les armées françaises dans le but de se réorganiser reculent derrière la Loire.  Strasbourg et Verdun sont tombés. Les panzers divisions allemandes progressent en direction de la Bretagne et de la Loire.
17 juin 1940 : Pétain entre officiellement en fonction et demande l’armistice aux allemands. Il demande aux français de lui faire confiance. Il considère que la défaite s’est faite dans l’honneur et que l’armée s’est bien battue mais qu’elle a été trahie par la politique et la supériorité militaire allemande.
18 juin 1940 : De Gaulle lance sont appel à résister depuis Londres. Il considère la défaite comme le résultat de la supériorité de l’adversaire, l’incompétence des chefs, le défaitisme d’une partie du gouvernement. Il appelle les français à le rejoindre à Londres.
19 juin 1940 : Les britanniques annoncent qu’ils ont réussi à évacuer près de 150 000 hommes. Churchill rappelle que l’Angleterre se battra jusqu’au bout. Ils se préparent à mener la bataille d’Angleterre.
22 juin 1940 : L’Armistice entre la France et l’Allemagne est signé à Rotonde dans le même wagon et dans le même lieu que celui de la première guerre mondiale. Le Nord de la France est occupé militairement par l’Allemagne le Sud de la Loire sera gouverné par un État Français. L’armée française devra être démobilisée et d’importantes réparations financières sont prévues. Le général de Gaulle réitère son appel à le rejoindre.
23 juin 1940 : Pierre Laval, connu comme un politicien plus ou moins magouilleur mais de droite est nommé comme premier député. Le Général de Gaulle est officiellement congédié.
24 juin 1940 : un armistice franco italien est signé. La région de Menton sera occupée par l’armée italienne. Les Italiens n’ont remporté aucune victoire significative.
25 juin 1940 : L’armistice franco allemand entre officiellement en vigueur.
28 juin 1040 : le général De Gaulle est officiellement reconnu par les anglais comme le « leader des Français libre ».  La France Libre possède un statut internationalement reconnu.
1er juillet 1940 : le gouvernement français se déplace de Bordeaux à Vichy.
3 juillet 1940 : A Mers El-Kébir près d’Oran, la flotte britannique coule des navires français. Les britanniques lancent un ultimatum à la flotte française. Les navires français doivent être désarmés et conduits dans un lieu neutre. En cas de refus la flotte britannique ouvrira le feu. Les britanniques tirent avant la fin des négociations.

Toutes les citations sont extraites des dialogues de M.Audiar pour "un Taxi pour Tobrouk" et "Les Morfalou"
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« Répondre #18 le: 28Mars, 2010, 23:14:55 »

J'ai déposé ma contribution dans le fil de recueil des scénarios de ce 25e concours. Il s'agit de Dans le ventre de Junon, un scénario pour Terra Incognita.
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« Répondre #19 le: 29Mars, 2010, 11:45:19 »

Alléluia ! 

Je vais lire ça avec impatience. Dès cet après-midi si possible. Miam !
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« Répondre #20 le: 29Mars, 2010, 17:05:09 »

Bon, je reconnais que ça manque de créatures bizarres, animaux anthropomorphes, humains cyclopes ou monopodes. Mais c'est mon coup d'essai avec Terra Incognita ; j'essaierai d'améliorer ça avec tes conseils, pour une version longue destinée à rejoindre la gamme "officielle", si tu l'en penses digne.
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« Répondre #21 le: 29Mars, 2010, 18:47:36 »

Dressons des Ponts entre les Nations pour DD3.5 par Pitche
http://www.cerbere.org/telechargement/bazar/scenarii/concours2/PontNations.pdf

Bonsoir.

Je n'arrive pas à ouvrir le pdf... Est-ce que d'autres ont rencontré ce problème ?
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« Répondre #22 le: 29Mars, 2010, 19:01:53 »

si tu as un prob', maile-moi pitche_AT_base.be je te l'enverrai par email. MErci. Pitche
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« Répondre #23 le: 29Mars, 2010, 20:54:59 »

Dressons des Ponts entre les Nations pour DD3.5 par Pitche
http://www.cerbere.org/telechargement/bazar/scenarii/concours2/PontNations.pdf

Bonsoir.

Je n'arrive pas à ouvrir le pdf... Est-ce que d'autres ont rencontré ce problème ?
Pas de souci pour moi, ni pour le télécharger ni pour l'ouvrir une fois téléchargé.
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« Répondre #24 le: 31Mars, 2010, 18:12:43 »

En fait, je n'avais pas de problème pour le télécharger, mais je ne pouvais pas l'ouvrir.

J'ai pu le faire chez moi.

Peut-être une version d'Acrobat qui n'est pas à jour au boulot ?
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« Répondre #25 le: 31Mars, 2010, 21:19:32 »

Peut-être une version d'Acrobat qui n'est pas à jour au boulot ?
C'est le plus probable.
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« Répondre #26 le: 31Mars, 2010, 21:20:00 »

Avis aux amateurs de procrastination !
Cette fois il y a urgence pour déposer ici vos contributions.
J'essaierai de repasser demain soir pour fermer le fil et ouvrir le bureau de vote.
Au plus tard samedi mais je compte sur vous pour respecter les délais... à moins que Xaramis tu puisses le faire pour moi ?
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« Répondre #27 le: 01Avril, 2010, 01:46:34 »

Convoi exceptionnel

Scénario routier dans un futur relativement proche

Ce scénario est destiné à un contexte légèrement futuriste. La principale inspiration est le cadre de la BD Gipsy (de Marini et Smolderen), avec son immense et tentaculaire réseau d'autoroutes sillonnant les continents. Selon l'emphase que le MJ mettra sur le réseau en question, le scénario sera utilisable aussi bien dans un contexte cyberpunk classique que dans un univers quasi-contemporain, en passant par le monde de Car Wars / Autoduel.


Histoire d'eau

Le désastre écologique dans lequel l'humanité a entraîné sa planète a fait de l'eau potable une richesse des plus précieuses, pour laquelle, la surpopulation aidant, des guerres sont déclenchées. L'eau est ainsi le principal facteur de la grave crise qui dure au Proche-Orient depuis des décennies : l'État israélien continue à voir sa population augmenter du fait de l'afflux de Juifs venus du monde entier pour s'établir sur la Terre promise, la fécondité des peuples voisins reste importante, et l'eau du Jourdain ne suffit pas, loin s'en faut, à abreuver les hommes et à arroser les cultures.
Sous l'égide des Nations Unies, une gigantesque usine de dessalement de l'eau de mer est en construction sur la côte méditerranéenne, près de Tel Aviv. Elle est presque achevée : il reste principalement à installer un gigantesque alternateur afin d'assurer son autonomie énergétique. Et une fois l'usine en fonctionnement, les Nations Unies espèrent que, les populations locales disposant enfin d'eau en quantité suffisante, elles feront la paix...

L'alternateur, de fabrication russe, doit être acheminé sur place par la route depuis Novossibirsk en Sibérie (si vous situez le scénario dans un contexte où le réchauffement climatique a libéré des glaces les côtes nord de la Sibérie (ce qui n'est pas le cas dans la BD Gipsy), il serait plus compliqué, et peut-être plus long, de conduire l'alternateur vers un port et de l'acheminer ensuite par voie maritime). Les Russes n'ont pas voulu le construire sur place à Tel Aviv : il s'agit en effet d'un des rares domaines où leur technologie est compétitive, et ils redoutent l'espionnage industriel autant qu'ils refusent le transfert de technologie vers d'autres pays (la Russie étant de plus en plus en crise, veut absolument éviter de perdre un des rares avantages compétitifs qu'elle possède encore). Quant à l'avion, il est bien entendu hors de question, en raison de la taille de l'appareil. La seule solution est donc le transport par la route, au moyen d'un convoi exceptionnel.

L'alternateur, qui pèse plusieurs centaines de tonnes, est transporté sur un plateau articulé à multiples essieux, capable ainsi de prendre des virages assez serrés à vitesse réduite si un chauffeur adroit est au volant. Il est attelé à un tracteur (routier, pas agricole !) à chacune de ses deux extrémités, ce qui lui permet de freiner plus efficacement et de reculer plus facilement sans devoir faire une marche arrière compliquée. L'ensemble routier se déplace à une vitesse maximum de 20 à 25 km/h, et sa largeur de six mètres impose que deux voies d'autoroute au moins lui soient réservées (ce qui nécessite la participation des autorités pour lui ouvrir la route ; car il n'est envisageable, ni de faire passer le convoi par des "petites" routes (qu'il faudrait neutraliser entièrement pour permettre son passage), ni de lui réserver une autoroute en entier, car on ne peut interrompre le trafic routier au cœur de l'Asie).

C'est une expédition lointaine, un périple de près de 6500 kilomètres et d'environ un mois et demi, à laquelle vont participer les PJ, membres du convoi : conducteurs de l'ensemble routier ou d'un des véhicules auxiliaires, mécaniciens, escorteurs (car l'Asie centrale n'a jamais été sûre, surtout depuis que les Chinois sont allés à leur tour s'enliser dans le bourbier afghan, quelques années après le retrait la tête basse des troupes de l'OTAN, pour lutter contre le soutien apporté par les islamistes de ce pays aux terroristes ouïgours), etc... Selon le degré de violence du contexte précis dans lequel le MJ insérera le scénario, le convoi sera ou non armé, et ce, plus ou moins lourdement.

Le contexte dans lequel ce matériel de jeu prend a priori place étant relativement typé, il est fort probable qu'il soit surtout utilisé sous forme d'un scénario isolé ("one shot"). Pour cette raison, ce qui suit sera présenté sous la forme suivante : d'une part, le Plan de marche : les grandes lignes permettant de développer une campagne autour du transport dans son ensemble, ou à défaut de donner un peu de relief à l'introduction par laquelle le MJ mettra en place la suite ; d'autre part, l'Étape du jour : un scénario mettant en scène l'une des péripéties du trajet.


Plan de marche

Dans ses grandes lignes, l'itinéraire (préalablement déposé auprès des autorités des différents États traversés) sera le suivant (distances approximatives) :
Départ de Novossibirsk (Russie) fin mai.
Jusqu'à Semeï (ex Semipalatinsk), au Kazakhstan : 650 km.
Jusqu'à Almaty (ex Alma-Ata) : 1000 km.
Jusqu'à Tachkent en Ouzbékistan, via un passage par le Kirghizistan et sa capitale Bichkek (ex Frounzé) : 800 km.
Jusqu'à Samarcande : 350 km.
Jusqu'à Achgabat au Turkménistan : 1000 km.
Jusqu'à Téhéran en Iran : 800 km.
Jusqu'à Bagdad en Irak : 850 km.
Jusqu'à Damas en Syrie : 700 km.
Jusqu'à Tel-Aviv via Beyrouth : 300 km (arrivée prévue début juillet).
La consultation d'un atlas permettra au MJ de se représenter le relief des régions traversées.
(si vous souhaitez utiliser le contexte de Gipsy, l'itinéraire, empruntant le réseau étendu de la C3C, sera différent : de Novossibirsk, le convoi passera par Omsk et contournera la mer Caspienne par l'ouest, passant par Bakou et ne rejoignant l'itinéraire proposé ci-dessus qu'à Bagdad)

Le trajet entier se fera principalement sur un réseau d'autoroutes à multiples voies (rarement moins de 2×6, à part en montagne !) emprunté par de très nombreux véhicules, en particulier des camions.
Le convoi exceptionnel occupera systématiquement les deux voies de droite, obligeant tous les autres usagers de la route à le doubler.
Quelques passages montagneux (en particulier la traversée du Kopet-Dag, après Achgabat) ne pourront se faire que sur des routes "normales", faute d'autoroute.

Pour minimiser la gêne causée, le convoi circulera principalement de nuit, le trafic étant alors en principe moins dense.
Deux chauffeurs au moins se relayant au volant de chacun des différents véhicules, le convoi roulera environ douze heures par jour, franchissant environ 150 km (selon le relief et la sinuosité de la route) à chaque fois. Lors des haltes, soit un emplacement adapté aura été prévu à proximité de l'autoroute, soit les véhicules (au moins les plus gros) resteront immobilisés sur la chaussée (en espérant que le signalement mis en place suffira à éviter qu'un chauffard mal réveillé n'emboutisse le dernier).

Sur le trajet pourront se produire les difficultés suivantes :
- selon la technologie employée pour les véhicules (qui dépendra du contexte précis), le ravitaillement en carburant pourra s'avérer important ; le ravitaillement en nourriture et en eau le sera toujours ;
- "obstacles" naturels (lacets à négocier à cinq à l'heure maximum sur une route de montagne, par exemple) ;
- "obstacles" liés à la route (pont trop bas sous lequel il faudra passer en dégonflant partiellement les pneus de l'ensemble routier, viaduc étroit aux glissières de sécurité dérisoires, ou devant être renforcé avant le passage du convoi, etc...) ;
- traversée d'une zone de conflit (nous sommes en Asie Centrale, une région du monde réputée pour ce genre d'activités...) ;
- embuscades de pillards (certes, ils ne risquent pas de s'enfuir avec l'alternateur sous le bras ; mais les petits véhicules ou les portefeuilles des routiers peuvent s'avérer attractifs pour des bandits de grand chemin, d'autant plus que la lenteur du convoi en fait une cible facile qu'il n'est pas forcément  nécessaire de stopper) ;
- embuscades de personnes voulant empêcher la mise en route de l'usine (extrémistes ayant intérêt à ce que le conflit du Proche-Orient perdure ou espérant que leur camp l'emportera tôt ou tard, marchands de canons craignant que l'usine n'apporte effectivement la paix dans la région, marchands d'eau (en bouteille, en containers, en citernes, etc...) voyant d'un mauvais œil le tarissement du marché local, écoterroristes souhaitant empêcher les perturbations que l'usine entraînera sur les écosystèmes côtiers, etc...) ;
- attentats perpétrés contre le convoi par le même genre de personnes ;
- sabotages réalisés par quelqu'un du convoi à la solde des mêmes personnes ;
- manifestations contre le convoi, ou contre son passage dans certains lieux (par exemple, s'il a fallu exproprier un village aux richesses archéologiques incalculables pour élargir la route en prévision de son passage) ;
- pannes mécaniques (le matériel russe est certes robuste, mais le trajet le met à rude épreuve !) ;
- tracasseries administratives aux frontières, par des douaniers pointilleux et/ou corrompus ;
- accidents de la circulation ;
- problèmes avec les autochtones lors d'une halte ;
- etc...

Sur son passage, le convoi attirera des badauds (voire des touristes) venus le regarder, le filmer, et ayant bien du mal à retenir les gamins d'aller courir entre les véhicules au risque de se faire écraser. Nul doute qu'après quelques-uns des incidents proposés plus haut, les PJ regarderont ces foules d'un œil pour le moins soupçonneux.


Étape du jour

Le convoi s'est engagé dans la traversée du Kopet-Dag, entre Achgabat et la frontière iranienne (si vous jouez dans l'univers de Gipsy, cette partie se passera entre Bakou et Tabriz, à la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Iran, à l'ouest de Bilasuvar), mais les personnages finissent par réaliser que les données cartographiques qui leur ont été fournies ne correspondent pas à la réalité du terrain, et qu'il est impossible que l'ensemble routier continue sur l'itinéraire prévu (en fait, cette partie du trajet avait été planifiée en fonction de données officielles fournies par les autorités turkmènes, données qui avaient été "embellies" pour complaire au souci de prestige national du dictateur, digne héritier de Saparmourad Niazov). L'escorte officielle fournie par la police militaire turkmène insiste pour que le convoi continue sa route, mais pour les conducteurs de l'engin, il est manifeste que ça ne passera pas. Ceux d'entre eux qui ne sont que PNJ refusent catégoriquement de tenter d'aller plus loin ; un PJ peut risquer sa chance, moyennant des jets de conduite de plus en plus difficiles, mais il doit bien être conscient qu'un échec critique sera synonyme de dégringolade dans le ravin (signant l'arrêt définitif et l'échec de l'expédition), et de toutes façons il n'aboutira au mieux qu'à progresser de quelques kilomètres supplémentaires.
Rebrousser chemin s'imposera donc comme étant la seule solution (d'autant que la route a été fermée à la circulation spécialement pour le passage du convoi, et qu'il importe donc de la libérer assez rapidement). Heureusement, si les petits véhicules devront se lancer dans une longue marche arrière ou un demi-tour serré sur cette route de montagne, l'ensemble routier, avec son tracteur de queue, n'a pas de difficulté particulière pour repartir dans l'autre sens (toutefois, plus il se sera enfoncé dans la montagne et plus repartir sera délicat).

Le convoi redescend ainsi (en pleine nuit) jusqu'à une petite ville de quelques milliers d'habitants, où il avait quitté la route parallèle à l'axe de la chaîne de montagnes pour en tenter la traversée. Là, il est possible de stationner sans gêner le trafic.
L'immobilisation imprévue va attirer les badauds du coin, en particulier les enfants qui s'enhardissent rapidement à courir entre les véhicules en stationnement. Ce n'est qu'une question de temps avant que certains d'entre eux ne décident d'escalader le plateau qui porte l'alternateur...

L'examen des cartes disponibles et la consultation des GPS (tous reprenant les mêmes données erronées qui viennent d'induire en erreur les personnages), éventuellement couplés à l'interrogation des autochtones, amènent les responsables du convoi à envisager deux itinéraires de secours vers la frontière iranienne, l'un plus à l'est (en amont sur la route qu'a regagnée le convoi) et l'autre vers l'ouest (en aval). Une fois la frontière franchie, il ne devrait plus y avoir de problème, le convoi pouvant compter au besoin sur l'appui technique des unités du génie de l'armée américaine, enlisée en Iran depuis des années et le début de l'intervention militaire lancée par le président George P. Bush (respectivement petit-fils et neveu de ses deux homonymes) pour y détruire les armes de destruction massive, nucléaires en particulier.
Deux équipes sont donc envoyées en reconnaissance à bord de véhicules légers (4×4, éventuellement motos), chacune comportant au moins un des conducteurs de l'ensemble routier pour qu'il donne son avis sur la route, et l'une d'elles opportunément constituée des PJ.

Comme par hasard, la route qu'ils reconnaissent semble pouvoir permettre le passage du convoi (même si certains passages sont particulièrement étroits et si le chauffeur a quelques doutes et compte sur le nombre d'essieux pour ne pas basculer dans le ravin ; la route pourrait aussi traverser un village où l'espace entre deux maisons sera trop étroit pour le diamètre de l'alternateur : il faudra soit arracher la façade en passant en force, soit persuader les habitants qu'il est nécessaire de démolir l'un des bâtiments...). Si les PJ sont consciencieux, ils peuvent étudier la route jusqu'à la frontière iranienne. Rien de particulier ne leur tombera dessus, à moins d'un MJ particulièrement acharné.

Il ne leur reste donc plus qu'à rejoindre le gros du convoi et à obtenir des autorités le feu vert pour emprunter la route en question (si le responsable du convoi est un PNJ, les PJ peuvent le contacter par CB (à condition de trouver un endroit où ça passe ! Faute de couverture, les portables sont quant à eux inopérants) pour qu'il fasse le nécessaire ; sinon, il est préférable d'attendre d'avoir ses interlocuteurs en face pour discuter, car il est probable que des bakchichs doivent être versés, chose qui se négocie plus facilement sans l'intermédiaire d'un poste de radio).

De retour auprès du convoi, les PJ apprennent qu'on est toujours sans nouvelles de l'autre équipe de reconnaissance. Pas moyen de les joindre sur la CB. Or ce contretemps a déjà fait prendre pas mal de retard au transport, qui n'était pas en avance sur son plan de marche. Faut il attendre les absents, ou partir sans eux en espérant qu'ils rejoindront rapidement le convoi, c'est la décision à prendre par l'ensemble de l'équipe (et bien entendu, c'est aux PJ qu'il reviendra de choisir, ou de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre).

S'ils décident de reprendre la route, la suite du scénario risque d'être un peu courte : après éventuellement quelques péripéties mineures, ce qui reste du convoi atteint la frontière iranienne, à partir de laquelle il est escorté par l'armée américaine (avec tout le tralala, drones, hélicoptères, éclaireurs sur les flancs, etc... ; car si le pays a selon Fox News accueilli à bras ouverts ses libérateurs américains, quelques poches d'insurgés subsistent, en particulier dans les régions montagneuses, et les routes ne sont pas forcément très sûres).

Si par contre les PJ décident d'aller voir ce qui est arrivé à leurs camarades, les choses vont devenir plus intéressantes pour le MJ.


Qu'est il arrivé à la deuxième équipe ?

Poussant en direction de la frontière iranienne pour s'assurer que la route qu'ils reconnaissaient était bien praticable de bout en bout par le convoi (ce qui, au passage, n'est pas le cas : la chaussée est trop rétrécie quelques kilomètres plus bas), le 4×4, qui transportait trois personnes, est arrivé dans un village situé très près de la limite entre les deux pays, dans lequel ils se sont arrêtés un moment avant de faire demi-tour. Et d'où ils ne sont jamais repartis...

En effet, le village a subi les dégâts collatéraux d'une expérience de l'armée américaine, qui profite de la situation reculée du Kopet-Dag pour faire des essais avec ses drones, tout en tentant d'éradiquer les poches d'insurgés islamistes du Khorasan. Les Américains emploient leurs drones pour survoler les villages soupçonnés d'abriter des combattants afin de recueillir des images et de guider les frappes dites chirurgicales. Mais dernièrement, ils ont testé l'épandage d'armes biologiques au dessus des zones survolées...
Les drones ne sont pas censés opérer au Turkménistan ; mais la frontière est difficile à repérer dans ces montagnes désolées, les cartes qu'utilisent les opérateurs ne sont pas toujours d'une précision suffisante, et l'un des drones a pulvérisé sa cargaison mortelle (un virus provoquant un syndrome fébrile, respiratoire et hémorragique rapidement fatal) au dessus du village turkmène où sont arrivés les collègues des PJ.
S'étant rendue compte qu'elle avait violé la frontière, l'armée américaine a envoyé sur place (à pieds à travers la montagne) un petit commando de dix hommes (dont un sergent et un lieutenant du Medical Service Corps) pour effacer discrètement toute trace de son implication... et recueillir divers éléments pour évaluer l'efficacité de la frappe, puisque l'expérience a bien eu lieu, même si ce n'était pas au bon endroit.
Après avoir revêtu des tenues NBC, les soldats sont entrés dans le village et ont rassemblé tous les habitants encore vivants (y compris les trois membres du convoi) dans la petite mosquée, en partie par la force, en partie en se faisant passer (difficilement, faute d'une bonne maîtrise du russe (que de toutes façons les villageois connaissent mal, voire pas du tout), et d'une totale ignorance du turkmène) pour une équipe militaire de secours. Pendant que les deux hommes du MS examinent les malades et font des prélèvements variés sous couvert de soins, une partie de leurs compagnons s'occupe d'enterrer les morts (puis plus tard les malades encore vivants, qui seront achevés d'une balle dans la nuque) dans un charnier creusé un peu à l'écart, et deux sentinelles surveillent la route à chaque extrémité du village.
Quant aux trois camarades des PJ, l'un va rapidement succomber à la maladie ; les deux autres sont mal en point, mais encore vivants (moins exposés au virus que leur camarade ou les villageois, ils devraient pouvoir survivre, surtout s'ils reçoivent des soins adaptés ; actuellement, ils sont affaiblis par la fièvre et incapables de fournir un effort un peu long). Et, chose importante, ils comprennent l'anglais... et donc ce que se disent entre eux les Américains. Ils réalisent donc assez rapidement ce qui s'est passé ici, et quelles sont les intentions des soldats. À qui, du coup, ils aimeraient bien fausser compagnie...

Entre l'inconfort causé par la tenue NBC qui accentue les effets de la chaleur ambiante, la fatigue due à la marche à travers les montagnes, la réduction du champ de vision causée par le port du masque à gaz, et un certain manque de motivation dû au fait que personne ne s'attend à ce que quelqu'un arrive par cette route perdue et déserte, les deux sentinelles ne sont pas très attentives. Mais un véhicule grimpant la route (celui des PJ, par exemple) risque quand même fort d'être repéré.
Dans un tel cas de figure, les Américains ont décidé de se retrancher dans la mosquée, sans se montrer, de façon à ce que le village donne l'impression d'être abandonné (ou totalement endormi si c'est la nuit). Évidemment, si les arrivants se montrent trop curieux, commencent à fouiner, et risquent de découvrir des choses compromettantes, les soldats ne vont pas les laisser faire ; mais ils n'ont pas réellement préparé ce cas de figure, ce qui fait que leurs actions seront improvisées et non coordonnées.

Par contre, un bruit de moteur, et tout particulièrement un moteur de fabrication russe qui s'arrête à proximité (car en découvrant sur la place du village le 4×4 de leurs camarades, il est fort probable que les PJ s'arrêtent), pourrait constituer pour les deux Russes prisonniers le signal déclencheur d'une tentative d'évasion, dans laquelle ils tenteront d'impliquer les quelques villageois en état de bouger.

Les PJ vont donc devoir découvrir ce qui est arrivé à leurs collègues et échapper aux Américains, ce qui ne sera pas facile (ils pourraient d'ailleurs bien y laisser leur peau). Leur chance réside dans le petit nombre et la mauvaise préparation des soldats, qui sont en outre encombrés par leurs tenues NBC qu'ils n'osent pas quitter. Mais malgré ça, une balle de M16 restera tout aussi fatale...

Les risques de contamination sont presque nuls pour les PJ : il n'y a plus de virus dans l'environnement, et les seules sources de contamination sont désormais les malades (salive, sueur, urine, sang, etc...). La maladie n'est pas extrêmement contagieuse, et à condition d'éviter au maximum les contacts avec un porteur, d'avoir une bonne hygiène corporelle et de désinfecter les objets potentiellement souillés, des PJ en bonne santé ne devraient au pire qu'avoir un épisode mineur de fièvre associé à des céphalées et un gros rhume.


Épilogue 1

Une fois les PJ hors d'atteinte des Américains (qui n'ont pas de véhicule pour les poursuivre, à moins d'utiliser le 4×4 du convoi si les PJ l'ont laissé sur place), se posera la grave question des révélations à faire sur ce qu'ils ont vu. Doivent ils se taire, ou dévoiler cette bavure de l'armée américaine ? Et dans ce dernier cas, à quel moment ? S'ils le font sans attendre, alors qu'ils sont encore en territoire turkmène, ou un peu plus tard, dans l'Iran sous occupation américaine, ils s'exposent à de graves ennuis, car c'est cette même armée américaine qui les escorte dans leur traversée de l'Iran. Et un accident plus habile (camouflé par exemple en attaque d'insurgés islamistes) sera fort à craindre...


Épilogue 2

Que l'alternateur arrive ou non à bon port et que l'usine soit ou non mise en service, la paix ne reviendra pas au Proche-Orient pour autant.
Allons, vous croyiez vraiment que c'était aussi simple qu'une banale histoire d'eau ?
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« Répondre #28 le: 01Avril, 2010, 01:46:59 »

La colonne infernale

Scénario pour Space 1890

Nous sommes en 1892. Les relations franco-anglaises évoluent nettement vers une entente de plus en plus cordiale, que chacun a à cœur de préserver. Il y a certes des rivalités coloniales, principalement en Afrique et sur Mars, mais les sphères d'influence respectives sur la planète rouge sont à peu près définies depuis un traité de 1890 entre les deux États, et chacun reste de son côté de la limite, fixée sur le méridien 90 ° Est.
C'est la raison pour laquelle, quand arrivera aux oreilles du gouvernement français la nouvelle qu'une de ses colonnes militaires, lancée dans d'importantes conquêtes territoriales martiennes, s'est mise à tailler gaillardement dans le domaine attribué aux Anglais, ordre sera donné de la stopper avant qu'elle ne provoque un grave incident diplomatique et ne compromette la paix. En prenant officiellement pour prétexte les exactions commises sur les populations locales.
Ce scénario est ouvertement inspiré de l'équipée sauvage de la tristement célèbre mission Voulet-Chanoine.


Introduction

Les PJ se trouvent sur Mars, à Syrte, chef-lieu de la colonie française. L'idéal serait qu'ils appartiennent aux troupes françaises, et que l'un d'eux au moins soit un officier ayant atteint (voire dépassé) le grade de commandant. Si tous les PJ ne sont pas militaires, les civils pourront être incorporés au corps expéditionnaire pour des raisons diverses (en tant que guide, interprète, ancien militaire rappelé sous les drapeaux, etc...). En l'absence d'un officier de grade suffisamment élevé, la tête dudit corps expéditionnaire peut éventuellement être confiée à un PNJ (un vieux colonel blanchi sous le harnois, à la droiture et au comportement irréprochable), mais une telle solution privera les joueurs de la prise d'un certain nombre de décisions. Le scénario sera plus délicat à adapter si aucun des PJ n'est officier français, car ils n'auront alors absolument aucun pouvoir décisionnaire pendant l'essentiel de l'histoire.
Dans ce qui suit, nous partirons du principe que les PJ sont officiers et que l'un d'eux ("le Commandant") est au moins commandant.

Le Commandant, en garnison à Syrte, est convoqué en urgence auprès du gouverneur général. Ce dernier lui donne l'ordre de prendre la tête d'un corps expéditionnaire et de se lancer à la poursuite de la colonne Noirot-Roussel, afin de la stopper, d'en faire prisonniers les chefs (les capitaines Adrien Noirot et Alphonse Roussel) et de les ramener à Syrte.
Le Commandant sera probablement perplexe devant le motif de sa mission : les exactions envers les populations indigènes, y compris les massacres, étaient monnaie courante à l'époque et ne choquaient pas particulièrement, ni leurs auteurs, ni l'opinion publique française (les populations victimes quant à elles n'avaient pas voix au chapître). Selon ses origines, son grade et sa situation particulière, le gouverneur général lui expliquera ou non, à mots plus ou moins couverts, les véritables raisons pour lesquelles Noirot et Roussel doivent être stoppés. Mais quoi qu'il en soit, un ordre est un ordre, et la mission est urgente.

Il faudra quelques jours grand maximum au Commandant (à qui sera constamment rappelé l'urgence de sa mission) pour mettre sur pied et équiper son petit corps expéditionnaire, constitué d'un petit cadre d'officiers français, d'une poignée de sous-officiers (dont quelques-uns seulement sont français), et de quelques dizaines de tirailleurs martiens. Seuls les Français sont montés (à dos de gashant), le reste de la troupe va à pieds ; ou plus précisément, ira à pied lorsqu'il faudra débarquer : car le voyage se faisant le long du réseau de canaux, tout ce petit monde prend place à bord de bateaux.


La colonne Noirot-Roussel

Partie de Syrte six mois auparavant, la colonne Noirot-Roussel, constituée d'une dizaine de cadres français (officiers et quelques sous-officiers), d'une centaine de tirailleurs martiens, de quelques kragons, et d'un grand nombre (plusieurs centaines) de porteurs et d'interprètes, pour un total d'environ mille personnes sous la direction du capitaine Noirot assisté du capitaine Roussel, s'est dirigée vers le nord, en suivant d'abord le canal de Triton, puis celui de Thoth, avec pour mission de capturer le chef de guerre Tarnkar, dont les guerriers nomades (Martiens des terres sèches) venus de l'est, par leurs déprédations incessantes, mettent en péril les échanges entre Syrte et le nord de la colonie française.

En réalité, Tarnkar est bien plus qu'un simple chef de guerre, c'est un seigneur à la tête d'un authentique royaume, dont il se trouve que l'expansion territoriale actuelle empiète sur les mêmes territoires que les Français ; ces derniers ont tout d'abord cherché en vain une solution diplomatique, mais leur adversaire refusant de se soumettre et d'accepter de devenir un simple vassal de la France, le conflit armé était inévitable. Trois autres colonnes ont été lancées à peu près en même temps à la poursuite de Tarnkar, partant de Syrte vers le nord par les canaux d'Amenthes, de Galaesus nord et de Lethes ; pour chacune des quatre colonnes, l'objectif affiché est la capture du seigneur martien et la fin des ravages causés par ses troupes, mais la République compte bien en profiter pour étendre au passage son empire sur la planète rouge.

S'approvisionnant en pillant (le terme officiel est réquisition) les villes et villages martiens traversés, la colonne Noirot-Roussel atteignit la ville de Lakkmir, environ 2000 km au nord de Syrte. La cité ayant résisté, les troupes de Noirot et Roussel la prirent d'assaut, parvenant à ouvrir des brèches dans les remparts avec leur artillerie, massacrèrent toute la population, rasèrent les constructions les plus récentes (les bâtiments les plus anciens, immenses et partiellement en ruines, auraient nécessité des moyens lourds) et plantèrent le drapeau tricolore au cœur de l'ancienne Cité Royale (où ils laissèrent une petite garnison pour tenir la ville au nom de la France).
Noirot et Roussel poursuivirent ensuite leur route vers le nord-ouest, suivant Thoth et atteignant le canal de Boreosyrtis. Or, cette course folle leur fit franchir le méridien 90 ° Est. Même si les régions traversées ne sont encore occupées par aucun des deux pays, cette intrusion armée risque d'avoir pour conséquence un grave incident diplomatique ; d'où l'envoi des PJ pour arrêter les dégâts.

Adrien Noirot : à 32 ans, le capitaine Noirot, anglophobe convaincu, est un idéaliste qui veut apporter à son pays la France un grand empire martien. Au fur et à mesure de l'équipée de sa colonne, les pillages et exactions commises par ses troupes vont ébranler sa santé mentale, et il va de plus en plus se voir en conquérant, en césar de cet empire qu'il est en train de tailler à la pointe de son sabre. Il est peu probable que les PJ puissent le ramener vivant : il préfèrera mourir pour défendre son rêve, l'arme au poing.

Alphonse Roussel : âgé de 31 ans, le capitaine Roussel, fils de bonne famille bien élevé, beau et svelte, est un sadique. C'est à son incitation que les réquisitions se sont transformées en pillages, puis que ceux-ci sont devenus de plus en plus violents, avec massacre des populations civiles (y compris femmes et enfants) lorsque celles-ci refusaient de coopérer, puis simplement lorsqu'on estimait qu'elles coopéraient de mauvaise grâce. Noirot est un psychopathe incurable, qui finira par se suicider (ce sera du moins la version officielle) si les PJ le ramènent vivant à Syrte.


Sur la piste sanglante

Une fois son corps expéditionnaire assemblé à la hâte et embarqué à bord d'un ou plusieurs bateaux (probablement des barges à fond plat, qui seront halées par des attelages de ruumet breehrs, ne pouvant guère compter sur leur éventuelle voilure pour remonter le courant), le Commandant peut se lancer à la poursuite de la colonne Noirot-Roussel. Le plus court sera de quitter Syrte par le canal d'Amenthes, qui relie directement la capitale à Lakkmir ; cet itinéraire fera gagner du temps aux PJ, mais jusqu'à Lakkmir ils ne rencontreront personne n'ayant croisé la route de la colonne infernale. Quant à la colonne Zimmermann-Le Gall, partie par ce canal en même temps que Noirot et Roussel, elle a bifurqué vers l'est par le double canal d'Hephaestus, à la recherche de Tarnkar, et le corps expéditionnaire ne la rencontrera pas.

Comme toutes les cités martiennes, Lakkmir était principalement constituée de ruines même avant le passage de la colonne Noirot-Roussel. Les déprédations de cette dernière ne sauteront donc pas aux yeux des PJ. La ville est quasiment déserte, si l'on excepte le poste militaire français, situé au croisement des canaux et bien visible avec son pavillon tricolore qui claque au vent, et quelques groupes d'autochtones ayant échappé au massacre (ou revenus plus tard) et vivant discrètement dans les ruines. Les champs sont mal entretenus.
La petite garnison se compose d'une trentaine de tirailleurs martiens, de quelques civils (affectés à des tâches ménagères et/ou "épouses indigènes") et d'un unique Terrien, le sous-lieutenant Michel D'Aubertville, un jeune officier qui a sauté sur l'occasion pour quitter la colonne infernale après avoir assisté aux exactions commises jusqu'à Lakkmir. Certes, il rêve d'exploits sous l'uniforme et de conquêtes pour la grandeur de la France, mais la guerre pour lui ne se fait pas contre les populations civiles... Après avoir osé faire une remarque en ce sens à ses supérieurs, ceux-ci ont été trop contents de trouver un prétexte pour laisser ce gêneur derrière eux. Par contre, son sens de la discipline fera qu'il ne les dénigrera pas auprès des PJ, se contentant d'évoquer très superficiellement les exactions, et encore, uniquement s'il est pressé sur ce point par ses interlocuteurs.
D'Aubertville et ses hommes n'ont que peu de relations avec les habitants de Lakkmir, qui les évitent (les ruines sont suffisamment vastes pour ça), ce que le sous-lieutenant déplore, car il est convaincu de la mission civilisatrice de la France. Le poste est installé dans un petit groupe de bâtiments qui faisaient autrefois (du temps de la grandeur de l'Empire des Canaux) partie du port de Lakkmir. Ils sont solides et assez faciles à défendre en cas d'attaque, mais ne résisteraient sans doute pas à une attaque massive de l'armée de Tarnkar. Les quelques messagers (de plus en plus espacés) envoyés vers Syrte par la colonne Noirot-Roussel ont transité par ici, et D'Aubertville peut renseigner les PJ sur l'avancée de ses anciens compagnons avec plus de détails que n'en comportaient les rapports officiels.

Si les PJ parviennent à nouer le dialogue avec des Lakkmiriens civils, ils pourront, si la confiance est suffisamment établie, se faire raconter leur version du massacre commis suite à la prise de la ville : "Guerriers, vieillards, femmes, enfants... Tous ont été passés au fil de l'épée. Les canaux étaient noirs de sang."


Après Lakkmir, le corps expéditionnaire suivra le tronçon nord du canal de Thoth (qui pour les Anglais est le tronçon sud du canal boréosyrtien).
Le massacre de Lakkmir a fait sauter un verrou comportemental ("éthique") chez les membres de la colonne Noirot-Roussel, et les exactions sont devenues de plus en plus graves ensuite. Les PJ sont encore plusieurs mois derrière elle, mais les traces demeurent : villages entièrement détruits, champs ravagés, canaux d'irrigation bouchés à l'explosif, corps entassés, parfois brûlés, restes de pendus se balançant aux branches des rares arbres, en partie dévorés par les charognards... Il y a de quoi retourner le cœur des guerriers les plus endurcis. Le MJ devra montrer l'escalade dans l'horreur, en évitant si possible de tomber dans le mauvais goût.
Les troupes des PJ deviennent vraiment désireuses de rattraper la colonne infernale afin de faire cesser ces horreurs. Tôt ou tard, elles demandent à débarquer et à continuer l'expédition à pieds, considérant (sans doute à juste titre) qu'elles iront ainsi plus vite qu'en se traînant à bord d'une barge halée au pas lent des ruumet breehrs.
Si le Commandant se rend à leurs arguments, le corps expéditionnaire avancera effectivement plus vite ; mais les barges transportaient aussi du ravitaillement... Et il va être délicat de se nourrir sur le pays après le passage de la colonne infernale : les champs ont été détruits et les survivants, lorsqu'il y en a, ne sont guère disposés à apporter leur aide (mais, traumatisés comme ils l'ont été, ils n'oseront sans doute pas opposer de résistance, à moins d'être armés et plus nombreux que les troupes des PJ, ce qui ne peut se faire qu'avec le renfort de nomades des terres sèches, mais pourrait fort bien arriver à l'occasion).


Adsigaa

La ville d'Adsigaa est située sur le 90ème méridien Est, à la limite entre les zones d'influence française et anglaise. Son sort n'a pas été précisé sur le traité, mais Noirot et Roussel ne se sont pas posé de questions. Après un premier siège infructueux, leur colonne a continué sa course folle le long du canal boréosyrtien (au delà d'Adsigaa, Français et Anglais sont d'accord sur son nom), puis, après quelques semaines (ou mois, selon la rapidité des PJ), ayant coupé à travers le désert, elle est revenue par le canal d'Asclepius, a à nouveau assiégé la ville pendant un certain temps et fini par s'en emparer il y a quelques jours, les quelques pièces d'artillerie et les mitrailleuses faisant à nouveau la différence.
Les restes des massacres sont encore clairement identifiables, et avec la chaleur martienne et celle des incendies (certaines piles de gravats fument encore), l'odeur de la mort est prégnante, obsédante. Certains des tirailleurs accompagnant les PJ poussent de longues lamentations, d'autres ne peuvent s'empêcher de vomir.
En explorant les ruines, les PJ peuvent découvrir une zone de terre fraîchement remuée, surmontée d'une macabre pyramide de têtes martiennes coupées. Il pourrait s'agir d'une tombe. Si le sol est fouillé à cet endroit, l'hypothèse est confirmée : il s'y trouve un linceul couvrant le corps d'un blanc en uniforme de lieutenant français, que ses effets personnels permettent d'identifier comme étant le lieutenant Jules Chauvoin, l'un des officiers de la colonne Noirot-Roussel.
D'autres sépultures plus sommaires peuvent également être découvertes, à l'écart de celle-ci ; elles contiennent les corps des tirailleurs de la colonne ayant péri pendant les combats.
Le drapeau tricolore a été planté au sommet d'un des bâtiments près du croisement des canaux. Bien qu'Adsigaa n'ait été attribuée à aucune des deux puissances coloniales dans le traité de 1890, et qu'on puisse donc partir du principe que "premier arrivé, premier servi", certains PJ pourraient, plutôt que de créer un motif supplémentaire de tension internationale, préférer le décrocher (ou le faire décrocher par un subordonné, car il y a une belle escalade à faire, à la merci du descellement d'une des pierres de la façade).


Tarnkar

Au-delà d'Adsigaa, les traces de la colonne infernale sont visibles dans trois directions : le long du canal boréosyrtien (qu'elle a suivi après le premier siège, infructueux), le long du canal d'Asclepius (par où elle est revenue s'emparer de la ville) et le long du canal de Calidius (vers l'est, et donc retournant en zone française) : c'est par là qu'elle est repartie. Mais les PJ pourraient hésiter quant à la direction à suivre...
S'ils continuent le long de Boreosyrtis, ils se rendront rapidement compte que les massacres dont ils trouvent les traces sont plus anciens que celui d'Adsigaa.
Du côté d'Asclepius, on trouve la trace récente des campements et les emplacements des canons : les PJ devraient supposer que c'est par là que Noirot et Roussel sont entrés dans la ville, d'autant que les brèches dans ce qui reste des murailles confirment cette hypothèse. S'ils décident de suivre quand même ce canal, l'ancienneté des massacres découverts leur indiquera qu'ils font là encore fausse route.
Reste donc la piste calidienne...

Le corps expéditionnaire n'a que quelques jours de retard sur la colonne Noirot-Roussel, une semaine tout au plus ; en progressant à marches forcées, il devrait la rattraper assez rapidement. C'est en tous cas le moment d'abandonner les embarcations, si cela n'avait pas été fait plus tôt.
Le Commandant décidera peut-être d'envoyer en avant quelques éclaireurs, pour repérer la colonne infernale et le renseigner sur ses faits et gestes.

Lorsque la jonction va devenir imminente, ces éclaireurs rapporteront que la colonne Noirot-Roussel a engagé le combat avec un fort parti de Martiens des terres sèches. Les détonations des canons parviennent d'ailleurs aux oreilles des PJ, et lorsqu'ils seront encore plus près, ils entendront aussi celles des fusils.
Il s'agit de l'armée de Tarnkar, qui, après avoir finalement eu vent lui aussi des exactions de la colonne infernale, s'est porté à sa rencontre. Les Martiens, qui ont l'avantage du nombre et celui de la mobilité (ils sont à dos de gashants) ont acculé la colonne le long de la rive nord du canal de Calidius et tentent de la repousser à l'eau. Mais leur armement est moins efficace, et ils n'ont pas d'artillerie : la situation est donc moins déséquilibrée qu'il n'y parait.
La colonne infernale est constituée d'environ 600 personnes et armée d'une centaine de Lebel, de six mitrailleuses Hotchkiss et de quatre canons de montagne de 80. En face d'elle, l'armée de Tarnkar comporte environ trois mille hommes, mais ils sont principalement armés de mousquets, et d'une poignée de fusils pris lors d'escarmouches avec des troupes françaises. Le terrain, en pente douce vers le canal, n'offre guère d'abri, et c'est l'hécatombe d'un côté comme de l'autre. Certains porteurs de la colonne dégringolent au bas de la digue et tentent de s'enfuir le long du canal, ou de le traverser à la nage.
Si les PJ n'interviennent pas, la bataille finit par tourner à l'avantage des tirailleurs : réduits à environ 200 cavaliers, les Martiens des terres sèches tournent bride et s'enfuient, sous le feu nourri de leurs adversaires.
Il est fort probable que les PJ qui assistent à la scène aient reconnu Tarnkar, dont la description était dans tous les journaux syrtiens et jusqu'en métropole. Ils voudront donc sans doute intervenir, soit en tentant de l'abattre de loin grâce à un tireur d'élite, soit en se lançant à sa poursuite pour le capturer. Une poursuite à pieds dans la steppe est certainement vouée à l'échec, mais si le corps expéditionnaire avait emporté des gashants, peut-être les persos pourront ils s'illustrer.
Tarnkar est un chef de guerre dont les valeurs et le comportement n'ont rien à envier à celles d'un Européen "civilisé". Toutefois, si la poursuite devait tourner de telle sorte qu'il capture un ou plusieurs PJ, il pensera certainement qu'ils appartiennent à la colonne infernale et les fera mettre à mort. Seul un personnage suffisamment éloquent et capable de s'exprimer dans une langue martienne pourrait éventuellement le faire changer d'avis.


Face-à-face

Restent donc en principe sur le champ de bataille une cinquantaine de tirailleurs martiens, une poignée d'officiers français (dont les deux capitaines Noirot et Roussel) et quelques dizaines de porteurs seulement. À noter que le médecin-major, le docteur Paul Faivre, fait partie des morts ; parmi ses effets personnels se trouve son carnet de voyage qui contient un récit détaillé de l'équipée sauvage de la colonne Noirot-Roussel, récit qui pourra éventuellement servir de pièce à conviction si les deux hommes sont jugés un jour. Faivre y indique par ailleurs que Noirot souffrait selon lui d'une fièvre ondulante qui entravait ses facultés de discernement, à laquelle il donne le nom de syrtite, et contre laquelle son patient refusait d'être traité.
Les tirailleurs se mettent rapidement à la macabre tâche consistant à décapiter les cadavres de leurs ennemis et à empiler les têtes. D'autres mutilations sont pratiquées sur les corps, et les PJ peuvent repérer un Martien qui, à l'aide d'un long couteau, prélève les muscles fessiers de certains corps. Ils peuvent, à raison, se douter qu'il s'agit là d'un comportement cannibale ; s'ils laissent faire, ils constateront que ces morceaux seront mis à rôtir pour le prochain repas, et que les blancs ne seront pas les derniers à faire honneur au plat.

Si le Commandant est présent, une fois Tarnkar mis en déroute, c'est sans doute le bon moment pour aborder le capitaine Noirot, soit en personne, soit en lui envoyant un émissaire avec une lettre lui expliquant la situation et le relevant de son commandement.
Si le corps expéditionnaire est commandé par un colonel PNJ, il enverra tout d'abord un émissaire (l'un des PJ), qui se verra répondre par Noirot, après lecture de la lettre, qu'il conservera le commandement de sa colonne, qu'il dispose d'une centaine d'hommes armés, et que toute tentative pour l'approcher sera considérée comme un acte de guerre et repoussée par la force. Ébahi devant une telle démonstration d'insubordination, le colonel se rendra lui-même, en grand uniforme, médailles sur la poitrine, auprès de Noirot, qui s'écriera qu'on vient lui voler "son empire" et donnera l'ordre à ses troupes de faire feu. Le colonel sera abattu comme à un stand de tir ; le commandement du corps expéditionnaire reviendra alors au PJ le plus gradé.
S'il y a un Commandant PJ, le MJ devra lui laisser une chance de battre en retraite avant de se faire tuer (Noirot fera d'abord tirer une première salve d'intimidation).
Quelle que soit la méthode utilisée, le capitaine Noirot refusera d'obéir et ne pourra donc être pris que par la force. Cependant, le rapport de forces actuel est défavorable aux PJ, dont les troupes sont moins nombreuses et dépourvues d'artillerie (et peut-être aussi de mitrailleuses)...


Dos au mur

Pour réussir leur mission, les PJ devront donc compter sur autre chose que la simple puissance de feu de leurs tirailleurs martiens. Voici quelques-unes des solutions qu'ils peuvent mettre en œuvre :

• Abattre Noirot et Roussel à distance. Une solution radicale, pas exactement conforme aux ordres initiaux qui étaient de ramener les deux hommes à Syrte ; mais les PJ pourront toujours faire valoir qu'il ne leur a pas été possible de procéder autrement...
Les deux hommes s'attendent à une tentative de ce genre : ils font poster des sentinelles autour de leur camp, et tenteront de mettre en déroute le corps expéditionnaire, en l'attaquant par surprise en pleine nuit, puis si cela n'a pas suffi, en lui tendant des embuscades.

• S'introduire dans le camp ennemi pour assassiner Noirot et Roussel (ou pour tenter de les exfiltrer, ce qui devrait en principe se terminer par leur meurtre, puisqu'ils ne seront absolument pas coopératifs...). Il faudra pour cela se faufiler entre les sentinelles, arriver jusqu'aux tentes des capitaines, et si possible... repartir ensuite !

• Tenter de fomenter la révolte parmi la colonne infernale. Par exemple, en amenant les Martiens à croire qu'ils ne rentreront jamais chez eux (ce qui, d'ailleurs, n'est peut-être que la vérité : complètement illuminé, persuadé que la France veut s'emparer sournoisement de l'empire qu'il a conquis pour elle, Noirot veut désormais continuer à guerroyer (c'est-à-dire plus prosaïquement, à commettre pillages, viols et massacres) pour étendre encore et toujours son domaine, mais ne compte pas regagner Syrte un jour).

• Tenter de raisonner l'un des autres Français de la colonne et le convaincre de trahir ses supérieurs. Comme pour le cas précédent, cela passera par l'infiltration dans le camp (mais alors que semer les germes de la révolte pouvait être fait par un Martien, et donc avec de bonnes chances de ne pas être repéré par les blancs, il faudra cette fois ci que ce soit un compatriote qui prenne contact avec l'officier, ce qui sera nettement plus délicat).

• Tenter d'obtenir l'aide de ce qui reste de l'armée de Tarnkar. Mais cette méthode risque d'amener les PJ à faire aux Martiens des promesses que la France ne tiendra pas.

• Prendre la colonne à revers pendant qu'elle affronte un autre adversaire, par exemple alors qu'elle est en train d'attaquer un village. En espérant que les villageois fassent la différence entre les bons et les méchants...

• Tendre une embuscade à la colonne infernale, par exemple en la dépassant sans être vu (ce qui implique de s'écarter du canal et de faire un détour dans la steppe ou le désert) et en fortifiant un village plus loin sur son trajet. Cette méthode a de fortes chances de réussir si l'embuscade est bien préparée.

• Demander des renforts militaires, soit à Syrte, soit en tentant de contacter les autres colonnes militaires qui ont été envoyées dans la région à la poursuite de Tarnkar et qui ne doivent donc pas se trouver bien loin.
Les renforts venus de Syrte mettront du temps à arriver, mais ils règleront le problème de façon radicale, en massacrant la colonne infernale. Et en s'attribuant la gloire d'avoir réussi, là où les PJ auront finalement échoué...
Les autres colonnes, si on parvient à les contacter (deux d'entre elles sont parties loin vers l'est et sont actuellement occupées à étendre dans cette direction le territoire de la colonie française, avec des méthodes un peu moins barbares que celles de Noirot et Roussel, mais pas forcément toujours très reluisantes, et seule la colonne Zimmermann-Le Gall se trouve à moins de 500 km), ne seront pas forcément disposées à s'attaquer à d'autres Français. D'autant que Noirot et Roussel ont quitté la zone anglaise, et que les massacres qu'ils commettent, si chacun s'accorde à les considérer comme quelque peu excessifs, ne choquent pas vraiment, étant bien dans l'air du temps... Évidemment, si les PJ parviennent à convaincre leurs collègues d'approcher pacifiquement la colonne infernale, celle-ci ouvrira le feu, Noirot hurlant qu'on en veut à SON empire, et le problème risque de se régler tout seul dans la fusillade nourrie qui s'ensuivra. Là encore, ce ne seront pas vraiment les PJ qui auront réussi...


Épilogue

Une fois Noirot et Roussel capturés ou tués, la colonne infernale sombrera dans le chaos, les Martiens n'ayant plus comme principale préoccupation que de regagner Syrte, et les Français survivants n'ayant pas l'aura nécessaire pour commander à une telle troupe dans ces conditions. Les PJ pourront, soit incorporer tout ce petit monde dans les rangs de leur corps expéditionnaire rentrant à Syrte, soit laisser s'égayer les indigènes et se contenter de récupérer les blancs.
Si Noirot et Roussel sont encore en vie, ils passeront en cour martiale, seront radiés de l'armée, condamnés au bagne et envoyés à Tessen Kedraa. S'ils sont morts, la thèse de la folie provoquée par la syrtite sera retenue. En aucun cas leurs subordonnés ne seront inquiétés.



Et si la colonne infernale détecte ses poursuivants avant la bataille contre Tarnkar ?

Dans ce cas, Noirot et Roussel, qui se doutent de la raison qui amène les PJ, choisiront un emplacement offrant un avantage défensif et feront s'y installer leurs troupes en attendant l'arrivée du corps expéditionnaire. La confrontation entre Noirot et le Commandant aura lieu à ce moment là.
Selon la disposition des deux corps au moment de son arrivée, l'armée de Tarnkar attaquera peut-être la colonne comme les troupes des PJ, sans réaliser qu'il s'agit de deux forces distinctes et opposées. Les PJ pourraient alors coopérer avec Noirot et Roussel pour capturer Tarnkar. Mais cette coopération ne durera pas, et les deux capitaines, non contents de s'attribuer le mérite de la capture, feront exécuter le prisonnier.


(Je fournirai dès que possible une carte de la région afin de permettre aux lecteurs de mieux visualiser la situation)
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« Répondre #29 le: 01Avril, 2010, 02:24:45 »

wouah ! un retour en force de Culto ! avec deux contributions  
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