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«Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Kazanoff
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #15 le:
23Octobre, 2007, 00:47:57 »
Citation
"Pour l'enseignant et le chercheur, les entreprises mémorielles peuvent être un objet d'études historiques, mais ne sauraient s'imposer comme la vérité historique elle-même", disent les signataires.
Les enseignants contestent l'intervention de l'Elysée dans l'organisation pédagogique, critiquent ce qu'ils voient comme une "récupération" de l'Histoire et s'interrogent sur l'impact d'un document sorti de son contexte sur des enfants et adolescents, jugeant même parfois dangereux son aspect morbide et l'exaltation du courage devant la mort.
Citation
Le Parti socialiste a aussi condamné l'initiative présidentielle. "Ce choix personnel et unilatéral du président conduit à une polémique et une division inutiles. On confond ici l'émotion et la raison", a dit lors d'un point de presse Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande.
Dimanche soir, François Bayrou s'était opposé aussi à la démarche : "Franchement, je trouve que l'Etat ne doit pas se mêler de l'histoire, l'Etat ne doit pas organiser la promotion en figure héroïque de qui que ce soit".
Certes... mais ce n'est pas nouveau de parler d'"ère de la commémoration", non ? Depuis le bicentenaire de la RF jusqu'au cinquentenaire du débarquement...
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #16 le:
23Octobre, 2007, 07:04:04 »
D'une part, l'école n'a pas attendu Nicolas Sarkozy pour traiter de la seconde guerre mondiale et de la résistance. C'est au programme d'histoire en 3° et en 1ère, si je ne m'abuse. En français, on traite cela par le biais de la poésie engagée en 3°. Personnellement, je donne aussi des extraits du
Grand voyage
de Jorge Semprun (déporté et résistant) en 1ère, et j'ai étudié
Si c'est un homme
de Primo Levi en terminale. Quand Sarkozy impose "présidentiellement" la lettre de Guy Môquet, il ne crée rien de nouveau : il opère une simple redondance avec le programme, maladroite parce que la date du 22 octobre ne cadre pas forcément avec le développement des séquences des profs. Et il le sait : ce qui l'intéresse, c'est le bénéfice qu'il peut en retirer, pas la formation des élèves.
D'autre part, oui, Sarko a été élu président. Est-ce que ça signifie pour autant qu'on a réformé la constitution ? Ce n'est pas au président de la république de décider
directement
ce qu'on fait en classe ; il y a la Commission Nationale des Programmes qui est chargée de cette tâche, sous la direction du ministre de l'Education nationale, lui-même subordonné au chef du gouvernement. Ce que fait Sarko, c'est transformer notre régime républicain en régime césarien : il le fait partout, certes, en reléguant Fillon au simple rang d'exécutant. Et il ne se cache pas de vouloir réformer la constitution - mais il ne l'a pas encore fait. En tout état de cause, c'est grave, parce que cela démontre que Sarko veut contrôler à la fois l'exécutif et le législatif. Et les tensions entre Rachida Dati et la magistrature montrent assez comment Sarkozy essaie aussi de contrôler le judiciaire. La décision unilatérale de lire la lettre de Guy Môquet n'est qu'un de ces symptômes très inquiétants de la confiscation du pouvoir par un seul homme.
Enfin, ne faut-il pas un brin de candeur pour ne pas considérer qu'il s'agit de propagande ? Sarko a fait lire la lettre de Guy Môquet le jour-même de son investiture : il a étroitement associé cet hommage à sa prise de pouvoir. L'hommage du 22 octobre devient par là-même la commémoration à peine déguisée de l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et il compte l'imposer chaque année ! Bientôt, on chantera dans les écoles : "Président, nous voilà !"
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Dernière édition: 23Octobre, 2007, 09:11:10 par Usher
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Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #17 le:
23Octobre, 2007, 09:22:11 »
Citation de: Kazanoff le 23Octobre, 2007, 00:47:57
Certes... mais ce n'est pas nouveau de parler d'"ère de la commémoration", non ? Depuis le bicentenaire de la RF jusqu'au cinquentenaire du débarquement...
Ni le bicentenaire de la République, ni le cinquantenaire du débarquement n'ont donné lieu à une journée normalisée dans les écoles, avec un programme imposé directement par le président : la nuance est de taille !!
Je ne donne pas dans l'angélisme, je sais très bien que les programmes ont leur part d'orientation ; mais le passage par les différents filtres du ministère permet quand même de contrebalancer les prises de position les plus partisanes.
En outre, l'école est le lieu de l'apprentissage, pas celui de la commémoration. La commémoration est une cérémonie, qui ne fait pas appel aux qualités essentielles que doit développer l'école en matière historique : l'analyse, le regard critique. Confondre pédagogie et commémoration, c'est le début du conditionnement. Macbesse le dit lui-même, c'est assez effrayant. C'est un instrument d'embrigadement.
L'école n'a pas pour rôle de fournir des troupes à un parti politique, quel qu'il soit.
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #18 le:
23Octobre, 2007, 09:47:34 »
Pour ma part je me suis déchargé de l'affaire très lâchement. En effet, la proviseur de mon lycée a décidé que la lettre serait lu par tous les profs ayant les élèves entre 10h et 11h, ce qui n'était pas mon cas.
Bien entendu, le prof de sport qui avait les élèves à cette heure n'a pas lu cette lettre
. Je ne comprends pas pourquoi ! En plus, il n'avait qu'à programmer une scéance rugby le même jour et c'était parfait...
Blague à part, cette question a déclenché un sacré débat entre mes collègues stagiaires d'HG avec cependant un présupposé de base : tout le monde était d'accord pour dire que ce débordement de Pathos et de propagande présidentielle n'a rien à faire dans un cours d'Histoire (ou d'une autre matière d'ailleurs) où nous essayons justement d'aborder les questions avec le plus de recul critique possible. La question portait plutôt sur ce fameux devoir de réserve : s'applique-t-il à une décision qui nous vient des instances gouvernantes de la République ? Est ce que notre devoir de fonctionnaire de l'Etat n'était pas de lire ce texte malgré nos opinions personnelles ? A vrai dire, je ne pense pas ,car avant d'être prof je suis historien et que mon devoir est de ne pas verser dans ce sentimentalisme un peu facile, mais ce n'était pas l'avis de tous mes collègues.
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #19 le:
23Octobre, 2007, 11:02:53 »
Il est assez saisissant de lire les propos de Guaino, conseiller spécial à la rhétorique spécieuse, dans
un papier du
Monde
:
Citation
Il a comparé le refus de lire la lettre de Guy Môquet à un éventuel refus d'enseigner Voltaire.
Pour lui, lire un texte et apporter un enseignement, ce serait du pareil au même ? Pas de remise en contexte, pas d'éclairage complémentaire ? Dans ce cas-là, nul besoin d'enseignants : il suffit de donner du texte à lire aux élèves.
En plus, refuser d'enseigner Voltaire, c'est clairement se ranger du côté des obscurantistes, des intolérants, fouler aux pieds l'héritage des Lumières, etc. Ouh, les vils enseignants qui, en plus d'être corporatistes, auraient donc des tentations obscurantistes ! Remarquez, au moins, en les traitant d'anti-Voltaire potentiels, Guaino pourra difficilement prétendre, ensuite, que les enseignants font partie du complot maçonnique.
Même interview, et confirmation de ce que j'exposais comme ressenti, plus haut, de la façon de pointer les enseignants comme mauvais citoyens :
Citation
M. Guaino s'est dit "très triste qu'un certain nombre de professeurs saisissent cette lettre pour faire un peu de politique politicienne" et en colère car "la nation mérite un peu de respect de la part de ceux qui sont sensés la servir". [...] "Les droits et les devoirs des professeurs comme les droits et les devoirs de tout citoyen, c'est quelque chose d'important", a-t-il ajouté.
Il faudrait peut-être rappeler à Guaino que les droits et les devoirs d'un président de la république, ça existe aussi, et que ça inclut sûrement le fait de respecter les limites de son mandat.
En refusant de céder à la décision unilatérale du président de la république, les enseignants manqueraient de respect à la nation ? Louis XIV aurait proclamé "L'Etat, c'est moi" (il est établi, je crois, que la formule est apocryphe), mais Sarkozy dépasserait cela, si j'en crois Guaino, dans une sorte de "moi et la nation, c'est pareil".
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Ayla
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #20 le:
23Octobre, 2007, 11:11:02 »
Une question m'est venue: les ayants droits de Guy Moquet n'ont-ils pas un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ce texte?
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Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
«
Répondre #21 le:
23Octobre, 2007, 13:55:42 »
Citation de: Kazanoff le 23Octobre, 2007, 00:16:07
Je ne veux pas faire d'angélisme, je n'ai pas d'estime particulière pour Sarkozy. Mais, au fond, quel est le vrai problème ? Que des élèves de 17 ans aient une image un peu plus noble de leur pays ne me semble pas un mal, même si Sarkozy devait en bénéficier au finale (et comment ? il ne l'utilise pas directement pour lui).
Le vrai problème ? L'intervention directe du Président de la République dans ma progression pédagogique.
J'ai un programme et je dois l'appliquer, mais je suis libre de le faire comme je l'entends et en suivant la progression que je veux. Je suis également libre de choisir les textes que je désire dans le cadre de ce programme.
En ce moment, au lycée, je suis dans la poésie romantique et je ne vois pas comment j'aurais pu intégrer cette lettre dans ma séquence. D'ailleurs, la Résistance n'est pas dans mon programme officiel.
Et que dire de mes collègues de sport, de physique, de math, etc. ?
Donc je respecte mon programme et n'y intègre logiquement pas cette lettre.
Si l'on veut faire une journée du patriotisme, pourquoi pas ? Mais qu'on l'indique clairement, qu'on banalise cette journée hors-programme et que l'on prévoit des activités en relation avec ce thème.
D'ailleurs, le BO est clair, il s'agit bien d'une commémoration, en relation avec l'investiture de notre Président :
"Le 22 octobre 2007, le président de la République commémorera le souvenir de Guy Môquet, cet élève résistant du lycée Carnot arrêté à 16 ans en octobre 1940, puis fusillé le 22 octobre 1941 après avoir adressé, la veille de sa mort, une lettre poignante à sa mère. Cet épisode n’est malheureusement pas le seul moment tragique de cette période sombre, mais il fait partie des temps forts de l’histoire de notre pays et, à ce titre, mérite de servir d’exemple à la jeune génération. (...)
Tous ces jeunes Français d’alors, passion nément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie pour défendre celle des autres, constituent un formidable exemple pour les jeunes d’aujourd’hui. Leur mémoire évoque les valeurs de liberté d’égalité et de fraternité qui font la force et la grandeur de notre pays et qui appellent le sens du devoir, le dévouement et le don de soi. Ce sont ces valeurs que le Chef de l’État a souhaité honorer le jour de son investiture, lors d’une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne en évoquant le souvenir de Guy Môquet : “Soyez fiers de vos aînés qui vous ont tant donné ; aimez la France car c’est votre pays et que vous n’en avez pas d’autre”. (...)
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/30/MENE0701517N.htm
A ma connaissance, c'est la seule commémoration obligatoire dans notre système scolaire...
Un grand dossier intéressant est disponible sur le CRDP de Reims :
http://www.crdp-reims.fr/memoire/informations/actualites/22_octobre.htm
Quelques extraits :
"Dès le 22 mai 2007, Pierre SCHILL, professeur d'histoire-géographie à Montpellier et membre du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire, utilisait la rubrique Rebonds du quotidien Libération pour exprimer son désaccord. Sous le titre « Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet à mes élèves à la rentrée », ce professeur reprochait à Nicolas SARKOZY de vouloir instrumentaliser la mémoire de Guy MÔQUET pour des raisons politiciennes et d'enfermer la lecture de sa dernière lettre dans une séquence purement émotionnelle.
Il rappelait que « l'enseignement de l'histoire ne s'accommode pas de ce seul registre mais a toujours besoin de sens, c'est-à-dire en l'occurrence d'une remise en perspective dans un contexte élargi »."
"Cette première mesure gouvernementale doit aussi se lire à l’aune de cet amour que Nicolas Sarkozy déclare sans relâche à la France ; cet amour qui lui arrache des larmes à chaque nouvelle lecture de la lettre de Môquet ; cet amour qui renvoie à une vision empathique de l’histoire tout en convoquant le principe totalement a-historique de l’identification.
Activer le pathos est un procédé pédagogique ( et démagogique ) très efficace, qui gomme toute complexité ou principe de mise à distance critique.
Or, c’est bien une posture de pédagogue national que la lecture obligatoire de la lettre de Guy Môquet permet à Nicolas Sarkozy d’endosser ; une position plutôt confortable pour policer la jeunesse lycéenne et la mobiliser autour de la vision sacrificielle de la nation et de l’identité nationale que réifie cet usage de l’histoire. " (Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire, Laurence DE COCK-PIERREPONT)
" [...] Pourquoi ce refus ? Parce que je suis, depuis toujours, rétif aux oukases de ceux qui considèrent détenir la vérité. J’avais, sur ce blog [ Le webzine pédagogique - Le Jardin desc retours - Histoire et Géohistoire par Hugo Billard ], exprimé un avis nuancé mais non hostile à l’idée de lire, un jour, dans les programmes, cette lettre de Guy Môquet. Elle fait partie des textes souvent étudié en classe de Première, lorsque s’impose le cours sur la France dans la Seconde Guerre mondiale.
Mais l’idée d’étudier un texte dans un but moral, donc politique, en quelques minutes, sans son contexte, un jour donné, est une absurdité pour qui est attaché bec et ongles à la neutralité de l’historien. On ne s’est pas battu contre les orientations marxistes de l’histoire pour se retrouver dans le même cas de figure de l’autre côté de l’échiquier politique. Il y a encore une autre raison. L’instrumentalisation de l’histoire est un fait politique ancien. L’histoire a toujours, peu ou prou, été utilisée par le pouvoir ou par certains historiens, dans un but politique. Est-ce pour cela qu’il faut l’accepter ? Faut-il accepter que l’État dise à l’historien ce qu’il faut penser d’un événement historique et lui imposer une analyse morale de ce phénomène? Que l’État propose une commémoration, soit ! C’est son rôle, c’est sa fonction, et le Panthéon est utilisé pour cela. Que l’État dicte comment enseigner un phénomène historique, là non ! Je refuse cette « caporalisation mémorielle » [...]" (Hugo BILLARD)
" Dans le même temps on a assisté :
- à la disparition des circulaires concernant la commémoration de la libération des camps et la victoire alliée sur le nazisme : la Journée de la déportation, le dernier dimanche d'avril, qui commémore le souvenir de tous les déportés, déportés de répression et déportés raciaux, ainsi que le 8 mai ;
- et dans les lycées d'enseignement général, au renvoi de l'étude de la Seconde Guerre mondiale et de la déportation qui se trouvait au début du programme de Terminale, année du bac, en fin de programme de Première c'est-à-dire noyée dans les contraintes multiples et incontournables de fin de troisième trimestre : voyages scolaires, évaluation des Travaux personnels encadrés ( TPE ), exposés-débats dans le cadre de l'Éducation civique juridique et sociale ( ECJS ), conseils de classe et d'orientation, épreuves anticipées du bac ... Quelle que soit la bonne volonté des enseignants, de fait, l'histoire de la 2e guerre mondiale est escamotée, bâclée, oubliée. "
"En 2001, au cours d'une table ronde présidé par Henry ROUSSO et consacré au thème " La mémoire et l'histoire ", Dominique BORNE, inspecteur-général d'histoire-géographie, avait insisté sur la spécificité du rôle des professeurs d'histoire . Il me semble utile aujourd'hui de méditer cette intervention dont voici quelques extraits :
La mémoire dont l'État s'occupe, et dont les ministres parlent, n'est pas nécessairement celle que les enseignants doivent enseigner dans les classes.
Qu'un ministre juge utile de commémorer tel ou tel événement ne signifie pas pour autant qu'il enjoint aux enseignants de l'enseigner.
Le ministre se situe dans le registre de la mémoire.
Le politique intègre alors les mémoires particulières dans le patrimoine national : la fonction du politique est de légitimer les mémoires.
Mais la fonction de l'enseignant est différente.
D'une part, parce que le temps de l'enseignement n'est pas le temps du ministre ou le temps politique.
Il n'est pas non plus le temps de la course à la commémoration [...]
On ne peut occuper le temps de l'enseignement par la commémoration, car le temps de l'enseignement n'est pas seulement celui de l'événement et de la commémoration des événements [...]
On se situe dans le temps long, le temps réel de l'explication et des réponses de fond dont les élèves ont besoin [...]
Le temps de l'histoire est long. Ce n'est pas le temps des médias [...]
Les associations jouent leur rôle et ce rôle est nécessaire.
Mais si leur demande aux politiques font partie du jeu de la démocratie, elles ne peuvent pour autant dicter à l'école les contenus de ce qu'il faudrait enseigner.
L'enseignement de l'histoire risquerait alors de juxtaposer des bribes désaccordés de mémoire, alors qu'il doit construire le savoir partagé par tous."
Et les élèves ne sont pas dupes :
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/286530.FR.php
Hikaki
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Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
«
Répondre #22 le:
23Octobre, 2007, 14:19:25 »
Citation de: Usher le 23Octobre, 2007, 07:04:04
D'une part, l'école n'a pas attendu Nicolas Sarkozy pour traiter de la seconde guerre mondiale et de la résistance. C'est au programme d'histoire en 3° et en 1ère, si je ne m'abuse. En français, on traite cela par le biais de la poésie engagée en 3°. Personnellement, je donne aussi des extraits du
Grand voyage
de Jorge Semprun (déporté et résistant) en 1ère, et j'ai étudié
Si c'est un homme
de Primo Levi en terminale. Quand Sarkozy impose "présidentiellement" la lettre de Guy Môquet, il ne crée rien de nouveau : il opère une simple redondance avec le programme, maladroite parce que la date du 22 octobre ne cadre pas forcément avec le développement des séquences des profs. Et il le sait : ce qui l'intéresse, c'est le bénéfice qu'il peut en retirer, pas la formation des élèves.
Mais quel est ce bénéfice ? Les gens vont voter pour lui parce qu'ils l'associent avec un communiste de 17 ans ? Il en sort grandi, artisan de l'ouverture et de la main tendue, réconciliateur de la nation... certes. Est-ce que ça prime absolument, non sur la formation des élèves (on est d'accord qu'il ne s'agit pas de ça), mais sur la sensibilisation des sentiments nationaux ou républicains ?
Citation
D'autre art, oui, Sarko a été élu président. Est-ce que ça signifie pour autant qu'on a réformé la constitution ? Ce n'est pas au président de la république de décider
directement
ce qu'on fait en classe ; il y a la Commission Nationale des Programmes qui est chargée de cette tâche, sous la direction du ministre de l'Education nationale, lui-même subordonné au chef du gouvernement. Ce que fait Sarko, c'est transformer notre régime républicain en régime césarien : il le fait partout, certes, en reléguant Fillon au simple rang d'exécutant. Et il ne se cache pas de vouloir réformer la constitution - mais il ne l'a pas encore fait. En tout état de cause, c'est grave, parce que cela démontre que Sarko veut contrôler à la fois l'exécutif et le législatif. Et les tensions entre Rachida Dati et la magistrature montrent assez comment Sarkozy essaie aussi de contrôler le judiciaire. La décision unilatérale de lire la lettre de Guy Môquet n'est qu'un de ces symptômes très inquiétants de la confiscation du pouvoir par un seul homme.
Pour être clair, je parle du fond de la chose, non de la forme. On connait le rôle de Sarkosy dans les médias (qui me semble bcp plus dangereux, d'ailleurs). Il est clair qu'il a une conception étendue des pouvoirs présidentiels. Qu'il ait imposé qqch hors de propos, je le conçois. De là à dire qu'il veut contrôler, seul ou avec sa clique, tous les pouvoirs institutionnels, il n'y a qu'un pas que nombre de Français s'empressent de franchir, mais j'avoue avoir un peu du mal.
Citation
Enfin, ne faut-il pas un brin de candeur pour ne pas considérer qu'il s'agit de propagande ? Sarko a fait lire la lettre de Guy Môquet le jour-même de son investiture : il a étroitement associé cet hommage à sa prise de pouvoir. L'hommage du 22 octobre devient par là-même la commémoration à peine déguisée de l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et il compte l'imposer chaque année ! Bientôt, on chantera dans les écoles : "Président, nous voilà !"
De la candeur, j'en ai plus qu'un bouquet. Et je suis prêt à reconnaître que je suis naîf face à un certain nombre de menées politico-financières. J'ai tendance à accorder ma confiance, au début. Pour voir. Comme au poker.
En tout cas, il est clair que c'est aussi pour réagir contre ce que j'estime être de la sur-prudence (pour ne pas dire procès d'intention ou paranoïa) de la plupart de mon entourage.
Si c'est de la propagande (et encore une fois, je ne vois pas dans quel sens ça pourrait l'être), la belle affaire... on lira cette (belle) lettre encore 4 fois, et il y aura des éléctions. On n'est pas en Birmanie quand même.
Je trouve ça grave au contraire de comparer un président démocratiquement élu (même si c'est au grand dam des intellectuels de gauche) à Pétain, l'homme de Montoire et de Vichy. En tout cas, ça m'étonnerait que le Maréchal donne comme texte à lire en classe la lettre d'un communiste...
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Kazanoff
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
«
Répondre #23 le:
23Octobre, 2007, 14:20:53 »
Argh, je n'avais pas vu le post d'Hikaki, que j'ai donc "ignoré"
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #24 le:
23Octobre, 2007, 14:26:21 »
Toa, Kaza, j't'aime bien : on pense souvent pareil
Méfie-toi, y'a des teigneux de la dialectique ici.
Pour moi, il est clair que la mis en avant de Guy Môquet est une intervention Sarkozienne dans le milieu mammouthéen. Et forcément, le milieu mammouthéen, il n'aime pas qu'on vienne brasser dans sa poussière (je taquine, là). Alors oui, il est sur vos plates-bandes, où il n'a rien à faire. Et non, vous ne pouvez pas y faire grand'chose. Mais qu'importe ? Vous avez déjà plus pensé et developpé vos pensées ici que si vous aviez décidé de vous-même de présenter cette lettre à vos élèves, non ?
Objectif rempli pour lui. Peu importe Guy Môquet aux yeux de Nicolas (AMHA !), l'important étant de provoquer un débat, de déscléroser un peu les opinions. Il n'y a rien d'autre à gagner avec cette lettre, et surtout pas transformer nos jeunes "racailles" en résistants (contre qui, d'ailleurs ?)...
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Dernière édition: 23Octobre, 2007, 14:32:42 par Kynan
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Re : Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
«
Répondre #25 le:
23Octobre, 2007, 15:34:46 »
Citation de: Kazanoff le 23Octobre, 2007, 14:19:25
Mais quel est ce bénéfice ? Les gens vont voter pour lui parce qu'ils l'associent avec un communiste de 17 ans ? Il en sort grandi, artisan de l'ouverture et de la main tendue, réconciliateur de la nation... certes. Est-ce que ça prime absolument, non sur la formation des élèves (on est d'accord qu'il ne s'agit pas de ça), mais sur la sensibilisation des sentiments nationaux ou républicains ?
La sensibilisation des sentiments nationaux ou républicains, c'est très bien - encore que ! Ca dépend de ce qu'on entend par "sentiment national"… Mais cette sensibilisation doit-elle être associée à la commémoration de l'investiture d'un chef d'état spécifique ? Ca s'appelle de la récupération, et ça devient carrément tendancieux.
Quant aux bénéfices, ils sont multiples :
-bénéfice médiatique : la preuve, on n'arrête pas d'en parler.
- bénéfice historique : en se posant en restaurateur des valeurs républicaines et nationales, Sarko pose déjà pour la postérité, et il sait très bien que c'est dans les écoles qu'on prépare la postérité.
- bénéfice politique : il déplace sur le terrain scolaire la stratégie de débauchage qu'il veut faire passer pour une politique d'ouverture afin d'achever de déstabiliser un des pôles traditionnels de l'opposition aux politiques de droite. Qu'il le fasse avec les partis politiques, c'est de bonne guerre. Mais en tant que garant de l'ordre républicain, qu'il se permette une tentative de déstabilisation au sein de l'école, c'est un scandale absolu, qui en dit long sur l'immoralité de sa conception du pouvoir. Je dois ajouter que j'enseigne dans un bahut privé, avec pas mal de profs de droite. Or même des profs qui ont voté Sarkozy ont admis avoir été gênés par ce coup de com…
Citation
Pour être clair, je parle du fond de la chose, non de la forme. On connait le rôle de Sarkosy dans les médias (qui me semble bcp plus dangereux, d'ailleurs). Il est clair qu'il a une conception étendue des pouvoirs présidentiels. Qu'il ait imposé qqch hors de propos, je le conçois. De là à dire qu'il veut contrôler, seul ou avec sa clique, tous les pouvoirs institutionnels, il n'y a qu'un pas que nombre de Français s'empressent de franchir, mais j'avoue avoir un peu du mal.
Et la réforme de la constitution qu'il prépare ? Le comité consultatif rend aujourd'hui ses recommandations : possibilité pour le président de prendre la parole devant l'assemblée - une chose que de Gaulle, qui était pourtant hostile à l'Assemblée nationale et qui était arrivé au pouvoir en 58 à la suite d'un quasi-coup d'état, n'a jamais osé proposer ! - ; possibilité d'ouvrir les propositions de loi à d'autres origines que les groupes parlementaires - les citoyens, certes, mais aussi, implicitement… le président ! Je lui fais peut-être un procès d'intention, mais ça ressemble diablement à un régime présidentiel, et ça possède son relent césarien.
Citation
Si c'est de la propagande (et encore une fois, je ne vois pas dans quel sens ça pourrait l'être), la belle affaire... on lira cette (belle) lettre encore 4 fois, et il y aura des éléctions. On n'est pas en Birmanie quand même.
Je m'excuse par avance pour ma virulence, mais je suis sidéré par ce genre de propos. Pas grave, la propagande ?…
Et oui, c'est de la propagande par récupération. Je ne vais pas réexpliquer ce qui a déjà été développé à plusieurs reprises plus haut.
Citation
Je trouve ça grave au contraire de comparer un président démocratiquement élu (même si c'est au grand dam des intellectuels de gauche) à Pétain, l'homme de Montoire et de Vichy. En tout cas, ça m'étonnerait que le Maréchal donne comme texte à lire en classe la lettre d'un communiste...
Bien sûr, Sarkozy n'est pas vichyste ! Et je veux bien assumer le point Godwyn qu'on voudra m'attribuer…
En revanche, même si les programmes scolaires ont souvent été orientés, il me semble bien que cette commémoration qui héroïse une victime (ce qui ressemble à la fabrication d'un martyr, et nous place plus clairement sur le terrain religieux qu'historique) est la première opération de propagande à laquelle on a assisté dans l'éducation nationale depuis le régime de Vichy. Ce que Sarkozy vise, c'est la manipulation des milieux scolaires pour l'édification de sa propre image. Ca ressemble désagréablement à un coup démagogique, dans un milieu où la pédagogie doit régner. C'est très grave ! C'est la base de l'endoctrinement.
Usher
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Dernière édition: 23Octobre, 2007, 18:08:23 par Usher
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Macbesse
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Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #26 le:
23Octobre, 2007, 16:20:45 »
@Kaza :
L'assimilation d'un chef d'état à des grandes figures du passé est un grand classique de la propagande des dictatures et des régimes totalitaires, de même que celle de la nation au chef d'état, qui sous-tend le discours de Gainot.
En démocratie, il faut être plus subtil dans les moyens mis en oeuvre, il est difficile de faire une affiche mettant côte à côte Sarkozy et Guy Môquet : là, on est devant une commémoration directement associée au président, grâce au court-circuit de l'institution, au discours le jour de l'investiture, et aux malheurs de Laporte (très jolie préparation de l'opinion publique à la réception de la lettre, j'applaudis des deux mains). Si les moyens ne sont pas ceux de l'URSS ou de la Birmanie, il n'en reste pas moins que c'est de la propagande.
En fait, il s'agit du schéma de l'Homme Providentiel, N.S. est l'homme au dessus des partis qui incarne l'ensemble des valeurs du corps social. Je ne reviens pas sur ce qu'a dit Usher au sujet du débauchage de l'opposition (morte ou vivante), mais j'ajoute qu'il participe de cette construction idéologique. Ce schéma a effectivement été utilisé par les deux Napoléons.
@Kynan :
Plusieurs passages de ton post me gênent. Beaucoup même : ils comportent une accusation de corporatisme, une accusation de fainéantise (les profs ne proposent jamais rien, mais refusent toujours), et une accusation de fermeture intellectuelle (heureusement que Sarkozy est là, sinon il n'y aurait pas de débat).
Mais quel débat ? Tout cela s'est justement passé sans le moindre débat public, et la commission des programmes aurait justement pu être cet espace de débat. Mais j'y reviendrai.
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #27 le:
23Octobre, 2007, 16:33:20 »
Je suis sûr que la majorité des enseignants actuels parviennent à faire fi de leur conviction politique pour apporter chaque jour un éclairage objectif dans leur matière d'enseignement, mais cela n'a pas été le cas pour quelques trotskyste sur le retour que j'ai eu la malchance d'avoir comme profs, et je ne crois pas trop m'avancer en disant que ce schéma a été bien reproduit à une époque pour nombre de générations d'élèves.
Quelles que soient les intentions de Sarkozy avec la lecture de cette lettre, cela ne mérite certainement pas les amalgames douteux que j'ai pu lire, ici et ailleurs, car ils ne grandissent pas leurs auteurs, et lorsqu'on se targue de donner des leçons de moralité, je trouve le procédé un peu nauséabond.
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Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #28 le:
23Octobre, 2007, 16:38:15 »
@ Macbesse
Certes. You've got a point, comme on dit par ici.
@Usher
Pas deproblème ! Si toute "virulence" pouvait être comme celle-là, les débats iraient mieux !
Elle ne me gêne jamais quand il s'agit d'attaquer des idées et non des personnes.
Je me suis juste mal fait comprendre : bien sûr que la propagande est toujours dangereuse. Je considère juste que la situation est moins claire dans ce cas là.
Je comprends clairement vos réticences et vos craintes. J'ai le sentiment qu'elles sont un peu exagérées, mais je serai le premier à reconnaître m'être trompé si les choses vont trop loin (quelle est la limite, c'est une bonne question...
). Disons que j'espère avoir raison ! non pour le plaisir d'être le plus intellignet, mais en espérant que les choses ne vont pas empirer, et verser dans le carrément autocratique.
Ce qui est clair aussi, c'est que je ne porte pas Sarkozy dans mon coeur. Je voulais juste noter que de l'extérieur (de l'étranger), ce débat apparaît typiquement français. C'est à dire à la fois magnifiquement théorique et très réactif - dès qu'on parle de politique, surtout mêlangée au théme scolaire...
Ceux de mes amis enseignants qui n'ont pas encore démissioné (une minorité), ont simplement refusé de lire la lettre, ou ont fait comme Usher. Et j'avoue ne pas savoir ce que j'aurais fait en pratique. Ceci au moins est un point positif : la France sait réagir et ne se laisse pas mener par le bout du nez sans poser de questions.
J'ai tendance à laisser le bénéfice du doute, ce qu'on me reproche sans arrêt conernant Sarkozy. Parce que je trouve qu'il est d'emblée jugé de façon excessivement négative.
Pour clôre mon intervention : la notion de "danger" est intéressante. Il s'agit de se projeter dans l'avenir pour prévenir une évolution négative. C'est effectivement comme ça qu'on protège les choses. Et c'et pour ça que je ne critique pas la réaction pratique des enseignants qui ont refusé d'accepter sans mot dire les instructions. Mais elle est un peu dangereuse aussi, dans la mesure où on juge des développements potentiels, ce qui ouvre parfois la porte à un "criticisme" et donc un immobilisme fondé sur des craintes. (Je parle en général, pas spécialement pour l'affaire en question).
Entre les deux, j'avoue avoir du mal à trouver un juste équilibre...
Débat intéressant et enrichissant en tout cas
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Re : Re : Re : «Môquet, c’est le pote de Sarkozy !»
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Répondre #29 le:
23Octobre, 2007, 16:43:40 »
Citation de: Macbesse le 23Octobre, 2007, 16:20:45
Mais quel débat ? Tout cela s'est justement passé sans le moindre débat public, et la commission des programmes aurait justement pu être cet espace de débat. Mais j'y reviendrai.
Rien de tel que d'occuper l'espace médiatique avec des micro-événements à portée limitée (car c'est encore limité, convenons-en), et c'est encore mieux si ça provoque quelque vague, car cela permet de se féliciter de la "vigueur du débat démocratique dans notre belle nation". Hors il n'y a rien de démocratique dans cette histoire. Pareil lorsqu'un membre du gouvernement déclare que tel amendement est "dégueulasse". Depuis quand l'exécutif est-il instrument de débat ?!
Pendant ce temp-là, dans les lieux de débat consacrés, à l'Assemblée (ou à l'Éducation nationale dans la question qui nous occupe), on pourrait débattre de la taille des prochains sapins de Noël que ça ne changerait pas grand chose. On crée l'événement pour que le Français regarde ailleurs.
Notre pays ne va pas se changer du jour au lendemain en un régime autoritaire, on ne m'emmènera pas sur ce terrain-là, mais toutes ces manipulations médiatiques commencent à me peser sèvèrement. Cette confusion des genres prépare le peuple à lui faire accepter n'importe quoi.
«
Dernière édition: 23Octobre, 2007, 16:48:19 par Moustrap
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