Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Langue de vipère  (Lu 832 fois)
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Usher
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« le: 01Novembre, 2007, 14:48:13 »

Aujourd'hui sur Canal +, il y avait un mini-reportage sur les fils aînés d'un homme politique français actuel  dont vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler…

Notre grand homme a appelé les deux fils qu'il a eus de son premier mariage Pierre et Jean.
Et moi, aussi sec, avec mon esprit de lettreux mal tourné, j'entends Pierre et Jean, le titre du roman de Maupassant. Et ça m'a fait doucement rigoler… Parce que dans le roman, Pierre et Jean sont bien deux frères, et leur père est un crétin cocufié. 

Ceci dit, notre grand homme ayant eu 7/20 au bac de français, on ne pouvait pas attendre de lui de se méfier des chausse-trappes tendus par un auteur subversif du XIX° siècle… (Au passage, relisez Bel-Ami, du même Maupassant, sur la façon de se servir des media pour favoriser sa carrière politique…  )

Usher, langue de pute

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« Répondre #1 le: 01Novembre, 2007, 15:03:46 »

je crois que c'est la première fois que je ris à des blagues "littéraires".
merci.
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Nouveau projet rolistique : La geste de l'arcane XVI
Un jeu ésotérico-bureaucratique dans les années 70
à lire sur la cour
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« Répondre #2 le: 05Novembre, 2007, 09:46:21 »

Chlorographe et la fille sexy
Drame burlesque en quatre tableaux


Préambule

Chlorographe n'existe pas.Chlorographe est un type allégorique, une fiction, une pure reconstruction littéraire dont la seule vocation est d'illustrer le ridicule chez l'homme de lettres. Vous pouvez me croire : je suis absolument sincère. Son nom, d'ailleurs, est bien celui d'un personnage de fiction. Le procédé, quant à lui, m'est inspiré par mon vieux maître Jean de la Bruyère. Certes, les contemporains de ce moraliste vertueux allèrent chercher les personnages réels qu'ils croyaient deviner derrière des pseudonymes transparents : mais c'est que les lecteurs de La Bruyère, gens de cour et de salon, étaient dotés d'un très mauvais esprit, qu'on ne saurait retrouver chez les lecteurs des Salons  de la Cour.

Chapitre I : Chlorographe dîne en ville

Il y a sept ans environ, Hikaki et moi avons rencontré Chlorographe. Il était déjà, à l'époque, un écrivain français de SF d'un certain renom ; à ce titre, notre établissement l'avait invité pour une rencontre avec plusieurs classes. Comme il fallait bien l'accueillir, nous avions été trois profs de lettres à nous dévouer pour l'inviter au restaurant. Nous avions passé une soirée agréable sans être impérissable. Chlorographe était alors un quadra mince, habillé fort classiquement (mais peut-être était-ce parce qu'il allait intervenir dans un établissement bourgeois), un peu égotiste (mais c'est un travers qui se conçoit pour un homme qui avait été invité sur le plateau d'Apostrophes quinze ans plus tôt, dès la sortie de son premier roman). Si pour nous, le dîner n'avait été qu'une sortie très banale, tel n'avait pas été le cas de Chlorographe. Qu'on se rassure : nous n'y sommes pour rien ; Chlorographe ne se souvient pas de nous. Mais la quatrième convive était une jeune et affriolante collègue prof de lettres, la sémillante V….

V… approchait alors la trentaine. C'était une nymphette délicieusement déliée, au charme italien, aux grands yeux de biche, à la taille de guêpe, avec des balcons de fausse maigre. Précisons que V…, fille unique d'un notaire, avait les moyens de se payer des toilettes chic et sexy très au-dessus de ses moyens, qui lui donnaient une certaine classe. Enfin, V… était encore célibataire, et souffrait du syndrome Ally Mc Beal. Chlorographe ne l'intéressait pas, mais en toute innocence et en toute cruauté, elle se fit les griffes sur lui. Si elle était capable de charmer un écrivain (à peu près) célèbre, elle aurait la preuve qu'elle pourrait séduire le prince charmant qu'elle finirait par croiser un jour. V… sortit donc le grand jeu.
Pour Chlorographe, le dîner fut inoubliable… Mais frustrant, vu que V… s'éclipsa sagement avec nous, non avec lui.


Chapitre II : Correspondance sentimentale

Après avoir mené à bien son intervention dans notre lycée, Chlorographe rentra donc chez lui, dans une ville très lointaine à l'autre bout de l'hexagone. Mais les battements de cils étudiés de V… lui avaient mis le cœur sens dessus dessous, et il lui écrivit avec assiduité. Il lui raconta qu'il était prêt à tout plaquer pour elle, qu'il allait quitter sa femme, venir vivre avec elle. Non sans drôlerie, V… nous résumait le contenu de cette correspondance amoureuse en salle des profs ; en prenant des airs comiques, elle nous confiait avec effarement : "Mais je n'en veux pas ! Il est trop vieux ! Et puis il est moche ! Et puis je ne suis pas une briseuse de couple !" Bien sûr, V… était secrètement flattée par cette romance ; n'empêche qu'elle se demandait comment elle allait se sortir de ce guêpier.
Quelques mois plus tard, V… fut nommée dans un autre établissement, et nous la perdîmes de vue. L'issue de cette brûlante intrigue demeura donc un mystère à nos yeux…

Chapitre III : Chlorographe refait sa vie

Pas tout à fait un mystère, en fait.
En parcourant les fanzines, les forums et les sites de SF, j'ai fini par apprendre dans une notice biographique ou dans une interview, que Chlorographe avait bel et bien quitté sa femme. Cette séparation avait altéré pendant deux ans sa capacité à créer. Il s'était mis en ménage avec une nouvelle compagne, et s'était remis à écrire avec un succès salué par le milieu de la SF. La nouvelle épouse était-elle V… ? Chlorographe était-il parvenu à ses fins ?

Chapitre IV : Chlorographe triomphe aux Utopiales

Par le plus grand des hasards, nous devions avoir la réponse de ce brûlant mystère pas plus tard que vendredi dernier. A peine débarqué au Palais des Congrès, je croise Chlorographe. Mais j'ai franchement du mal à le reconnaître ; en fait, je ne saurais pas qu'il va recevoir un prix prestigieux, je serais incapable de le remettre. Je ne croise pas un quadra passe-partout en blazer, mais un rocker vieillissant très chevelu en jean moulant et grosses santiags. Je louche quand même sur son badge pour m'assurer que je ne suis pas l'objet d'une forme de délire éthylique. Puis, je le signale discrètement à Hikaki. "Chlorographe est là ? Où ça ?" me dit-elle en cherchant partout du regard, alors qu'il est à cinq mètres de nous. La métamorphose est vraiment spectaculaire…
Et quelques minutes plus tard, enfin, nous avons la réponse au roman d'amour, car Chlorographe réapparaît, triomphant et suivi par une cour de vieux hardeux chevelus, tendrement enlacé avec sa nouvelle épouse. Hikaki et moi, nous louchons sur la robe de l'élue. Enfin, sur la pièce de gaze vaporeuse et minimaliste qui lui tient lieu de robe. Incontestablement, c'est très très court. Très très suggestif. Très transparent aussi. On ne voit que ça, au milieu des 30.000 m carrés du hall du Palais des Congrès…
Mais si la nouvelle épouse s'habille aussi sexy et beaucoup plus vulgairement que V…, elle a au moins vingt ans et trente kilos de plus que V… Mme Chlorographe 2de a le physique avantageux des matrones romaines : sa robe transparente nous révèle les charmes bourrelés d'une vénus primitive, ses bas résilles saucissonnent des cuisses magnifiquement charnues.

Mentalement, Hikaki et moi, nous superposions la silhouette charmeuse de V… sur cet étalage défraîchi. Nous en sommes restés stupéfiés. Nous n'avons pas osé aller saluer le grand homme, qui, du reste, plastronnait comme un conquérant et négligeait d'aller honorer ses séances de dédicaces…

Moralité

Faute de grives, on mange des merles. 

Usher, bas et perfide
« Dernière édition: 05Novembre, 2007, 16:03:07 par Usher » Journalisée
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« Répondre #3 le: 05Novembre, 2007, 12:34:24 »

Tant que j'y suis, autant sombrer dans des abîmes d'abjection… Voici donc un autre ragot scandaleux.

Catherine Dufour, l'auteur de SF qui monte (lisez Le goût de l'immortalité, ça vaut le détour : ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman SF de cette qualité), a publiquement reconnu avoir fait partie de la FEE d'Edouard Kloczko, et avoir même publié des articles sur les langues elfiques.

Ca, c'est du scoop, non ?

Usher, au comble de la déchéance
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