Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Cinéma  (Lu 57778 fois)
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Puck
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« Répondre #465 le: 12Février, 2010, 11:10:55 »

Excellent film en effet, peut être un poil (sans jeu de mots) trop court.
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« Répondre #466 le: 12Février, 2010, 13:26:29 »

Vu en DVD le film Beaufort de Joseph Cedar (2007).



Les derniers jours d'un avant-poste israélien au Sud-Liban, au printemps 2000.

Un film sur la perte de l'innocence, une interrogation sur la vanité de la guerre (une de plus, diraient certains), une histoire de jeunes hommes broyés au fond d'eux-mêmes. Un ennemi invisible, dont le fortin reçoit les tirs réguliers, éprouvants. Un avant-poste dont les couloirs sont à la fois labyrinthe, tripes, matrice protectrice. Un récit qui prend sa force dans sa lenteur et son dépouillement.

Un film qui n'est pas sans me rappeler le téléfilm Warriors, de Peter Kosminsky (1999), montrant des Casques bleus anglais dans le bourbier de la Yougoslavie.
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« Répondre #467 le: 15Février, 2010, 09:21:56 »

Je te préviens : si non-satisfait, je rembourse pas ! 
... à propos d'Agora. Je ne demande pas à être remboursé 

Vu ce WE. Période rarement abordée au cinéma (déclin de l'Empire romain, vu depuis Alexandrie) et sur un thème central encore plus rare : la montée de l'extrémisme religieux chrétien. Un film hispano-maltais d'autant plus osé quand on sait comme ce sujet est sensible en Espagne.

Mais ce film n'est pas un pamphlet anti-religieux à mon sens. Il est davantage un pamphlet contre tout dogmatisme. La prétention à détenir la Vérité, assortie d'une bonne dose d'opportunisme et de fascination pour le pouvoir ont suffi à maintes périodes à corrompre le plus pur des idéaux. En contrepoint, le doute de la philosophe Hypatie (protagoniste du film) sonne le glas d'une période révolue... encore aujourd'hui.

Ce Péplum est un film intelligent où les personnages ont tous une dose d'ambigüité qui les rend bien humains. Jusqu'à la philosophe qui se comporte avec son jeune esclave chrétien, comme avec son chien, sans voir en lui son humanité et l'amour qu'il porte à sa maitresse : son "basculement" vers la foi chrétienne, libératrice de ce point de vue, est d'autant plus compréhensible.

Seul le personnage du Préfet romain, ancien disciple de l'école d'Alexandrie m'a paru un peu mièvre.

Une mention spéciale pour Michael Lonsdale, dont la filmographie a souvent montré l'intelligence et la subtilité, que j'ai retrouvé avec plaisir dans ce film, alors qu'il est lui-même croyant ; encore une preuve de son ouverture d'esprit.

Un coup de gueule pour finir : ce film a été tourné en Anglais pour conquérir le nouveau-monde plus facilement peut-être ? mais ce n'est pas gagné vu le thème abordé (le "terrorisme" chrétien au Moyen-orient, il faut oser non ?! Grin). J'ai lu, je ne sais plus où qu'une star hollywoodienne avait refusé le rôle principal par peur de la réaction du public.

Signe des temps, même à Bordeaux le film passe dans une petite salle, ridicule. La promotion n'a visiblement pas eu les mêmes moyens que les blockbusters américains lambda.


Je suis allé voir le film hier soir dans mon cinéma de quartier. Je dois admettre que c'est un beau et bon film. Les images sont magnifiques, les reconstitutions d'Alexandrie, la bibliothèque, le phare, c'est superbe.

Mais il y a le film qui est déprimant au final. J'aime bien la façon dont Amenàbar a réussi à estomper l'histoire d'Hypatie dans le déroulement historique. Pourtant en parallèle de l'Histoire, il y a également toutes les recherches d'Hypathie sur la course du Soleil, des "astres errants", du cercle parfait. C'est beau, on a presque envie de lui murmurer une solution tant le spectateur ressent cette passion pour la connaissance.
Le film est-il anti-chrétiens ? Je pense qu'il voulut montrer tout au long du film comment un mouvement religieux, qui ne tolère rien, ni les autres religions, ni le savoir, ni la connaissance peut se tranformer en un pouvoir politique implacable. On a du mal à croire qu'ils suivent les préceptes de Jésus, quand Matthieu écrivait (15:14) "Laissez-les ; ce sont des aveugles conducteurs d'aveugles. Que si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse."

Lorsque l'évèque Cyrille parle de la place des femmes, qui doivent être soumises, sans éducation et voilées, ce n'est pas vraiment à Rome qu'on pense mais à l'Afghanisthan. Il a utilisé la religion chrétienne, sa religion d'éducation (probablement) comme projecteur des erreurs et des horreurs de toutes les religions quand elles ne sont qu'intégrisme et intolérance. Comme le disait Lao Tseu, quand le Sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt.

Ta remarque sur l'extension à tous les dogmes est très juste. Mais elle appelle plus de questions que de réponses. Comment vivre avec une croyance qui ne respecte rien des tiennes,  qui n'aspire qu'à imposer la sienne, sans perdre tes valeurs.

Olivier
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« Répondre #468 le: 15Février, 2010, 11:15:53 »


Ta remarque sur l'extension à tous les dogmes est très juste. Mais elle appelle plus de questions que de réponses. Comment vivre avec une croyance qui ne respecte rien des tiennes,  qui n'aspire qu'à imposer la sienne, sans perdre tes valeurs.

Olivier
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J'ai bien conscience que le sujet ne se traite pas d'un revers de main 
Et plutôt que d'opposer à un dogme, un autre dogme ; source de tous les conflits religieux depuis des siècles, je suis partisan d'appeler en arbitre un principe républicain qui me rend fier d'être français (enfin bon jusqu'à un passé récent...) : la laïcité - entendue comme neutralité active dans les affaires religieuses.
Je constate et je regrette que notre conception de la laïcité est très peu partagée dans le monde et qu'en France, plus grand monde ne comprend ce qu'elle était à l'origine. On la transforme en arme idéologique de racolage électoral en oubliant qu'elle se fonde par sa définition et  son histoire sur une séparation entre la vie publique (a-religieuse) et le respect de la vie privée (potentiellement religieuse et libre).
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« Répondre #469 le: 03Mars, 2010, 15:39:57 »

Vu hier le Sherlock Holmes de Guy Ritchie. 

Du point de vue fidélité à l'oeuvre : ils ont gardé beaucoup d'aspect du personnage original de Conan Doyle. En voyant la BA j'avais un peu peur de l'effet "On prend un nom pour vendre mais on fait n'importe quoi avec". Mais non ! Outre son intelligence et son acuité mentale, ils ont pris beaucoup de ses marottes (mais supprimé son addiction a la drogue, pas très politiquement correct : c'est compréhensible). Watson m'a un peu surpris, de toute façon j'aurais mieux vu les rôles inversés par rapport au physique... Ils ont donné beaucoup de poids et d'importance au personnage qui était un peu pâle comparé à Sherlock Holmes... Ca marche bien dans le film et comme je ne suis pas membre du djyhad rouge doylien ça ne m'a pas trop choqué...(Ou l'on rapelle que le Dr Watson s'est pris une balle dans l'épaule et a contracté la fièvre typhoide ça doit marquer un homme je pense, j'ai du mal à le voir se battre tel un champion de canne de combat)

Un point qui peut agacer/réjouir c'est la transformation d'enquêtes feutrées en cavalcades et scènes de bagarre. Le seul nom de S.H ne faisant peut être plus autant recette qu'autrefois : un peu d'action attire les foules peut être ? On ne tombe pas heureusement dans le travers de Sherlock faisant du Kung-fu ! Mais le côté casse-cou du personnage dérange un peu, question fidélité aux romans : là c'est zéro...

Un point TRES positif : c'est qu'ils ont évité la facilité ! Pas de magie dans ce film ! Ouf ! Tout trouve une explication à la fin et même si c'est un steampunk ce n'est pas pour me déplaire. Autre point qui m'a plu c'est bien sur la performance des acteurs : Robert Downey JR est totalement irrésistible, Jude Law est très bon aussi, et l'actrice qui joue Irène Adler est délicieuse de fausse fragilité (même si je la trouve un peu jeune...  )... Dernier point positif : le grand méchant dans l'ombre, belle introduction qui laisse espérer une possible suite... 

En résumé : un bon moment, une assez bonne fidélité à l'oeuvre (50% c'est pas mal !) et un film qui donne envie d'avoir une suite (en espérant qu'elle ne soit pas ratée comme celle de Pirate des Caraibes !)
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« Répondre #470 le: 03Mars, 2010, 17:12:50 »

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mais supprimé son addiction a la drogue

Ah ? Dans mon souvenir, on voit bien Holmes shooté dans le film non ? Ok on le voit pas sniffer son rail de coke, mais je crois qu'il y a pls moments où il est évident qu'il est en plein trip.
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« Répondre #471 le: 03Mars, 2010, 19:10:28 »

Citation
mais supprimé son addiction a la drogue

Ah ? Dans mon souvenir, on voit bien Holmes shooté dans le film non ? Ok on le voit pas sniffer son rail de coke, mais je crois qu'il y a pls moments où il est évident qu'il est en plein trip.

On ne sait pas trop s'il est cuité ou s'il est shooté et on ne le voit pas s'injecter sa solution de cocaïne (à 1 ou 10% je ne sais +). Donc le film l'évoque mais sans l'évoquer si tu vois ce que je veux dire. En tout cas ce film m'a donné envie de refaire du Cthulhu Gasligth et/ou du Falkenstein.  

Ah un dernier truc : je me suis procuré la BO et la chanson qui passe quand Holmes fait de la boxe pour de l'argent n'est pas dessus. Je pense que c'est "Rocky road to Dublin" par les Dubliners mais je n'en suis pas certain (faudrait que je revois le film pour en être sur).  

edit : ah si c'est bien ça, il me semblait bien l'avoir reconnu.
« Dernière édition: 03Mars, 2010, 19:15:24 par Cuchulain » Journalisée

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« Répondre #472 le: 03Mars, 2010, 19:34:08 »

J’aime beaucoup The Dubliners, Sherlock… moins.

Il m’horripile avec ses manières méprisantes et ses déductions capillotractés n’aboutissant à la résolution du problème que pour satisfaire les nécessités de l’intrigue.

C’est bien connu, seul les professeurs peuvent se mettre de la craie sur leur verste… les autre n’ont pas le droit de se salir.

Si le Dr Watson a un bouton décousu, c'est forcément que sa femme est parti à la campagne pour quelques jours, c'est aussi connu que les boutons d'un Dr n'ont pas le droit de se détacher sur le chemin entre chez lui et chez Holmes...

(Le second exemple est issu d’un vieux filme en noir et blanc…)


Enfin, ceci ne concerne que le personnage, le filme en lui-même n’est pas mauvais, pas le meilleurs de l’année mais on passe un bon moment sans s’ennuyer.

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« Répondre #473 le: 03Mars, 2010, 22:15:57 »

Citation
Ah ? Dans mon souvenir, on voit bien Holmes shooté dans le film non ? Ok on le voit pas sniffer son rail de coke, mais je crois qu'il y a pls moments où il est évident qu'il est en plein trip.

De toute façon, Holmes ne sniffe pas la cocaïne mais se l'injecte. ;-)

Citation
On ne sait pas trop s'il est cuité ou s'il est shooté et on ne le voit pas s'injecter sa solution de cocaïne (à 1 ou 10% je ne sais +).

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« Répondre #474 le: 04Mars, 2010, 13:22:30 »

Hier soir, j'ai vu SHUTTER ISLAND de Scorcese avec Di Caprio.
J'étais un peu sceptique à l'idée de voir un film sur le sujet de la psychiatrie (vu que je suis dedans toute la journée ), mais je me suis laissé tenter en me disant que Scorcese ne pouvait pas faire un film franchement mauvais.
Et j'ai eu bien raison !  
Un huis clos oppressant dans un île servant de pénitencier psychiatrique, menée de main de maître en parallèle avec la descente aux enfers du protagoniste à travers de multiples flash-backs dans ses traum (rêve en allemand)-a (blessure en grec) - j'ai l'air de faire mon savant, mais en fait je n'en savais rien jusqu'à hier soir.
Je précise que je n'avais pas lu le livre à l'origine de l'histoire. Mon amie, si. Moi qui pensais qu'elle lisait des romans pour filles le soir à côté de moi, je n'en revenais pas  . Tout ça pour dire que même pour elle, qui connaissait la fin, rocambolesque mais très très bien ficelée, le plaisir a été partagé. Notre scéance s'est prolongée un grand moment par une discussion passionnée sur les zones d'interrogation que laisse subsister le film après le générique de fin.
Je ne peux pas en dire plus sous peine de vous révéler la fin. Mais si certains parmi vous l'ont vu, je serais ravi de discuter en MP de l'interprétation de tout ça.

Ah ! j'ai failli oublier. Puisque nous sommes sur un forum rôliste : de très bonnes sources d'inspiration visuelle à propos de l'Amérique des années 50 (Hellywood ? Cthulhu ?) et une intrigue propice à faire... un One-shoot assez cruel
« Dernière édition: 04Mars, 2010, 13:31:38 par Yodram » Journalisée

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« Répondre #475 le: 05Mars, 2010, 17:18:14 »

Hier soir, j'ai vu à la télé des bouts du Retour du Jedi. Bigre. Je me souvenais que je n'avais pas trouvé ça terrible au cinéma, mais en le revoyant hier (sur petit écran, certes), je n'ai absolument pas réussi à accrocher. J'ai même trouvé spécialement pesante l'intervention systématique de la musique quand s'approchait ou apparaissait Darth Vador. Peut-être que, comme le sergent Murtaugh dans L'arme fatale, je suis devenu "trop vieux pour ces conneries" ? (j'emploie le terme "conneries" sans méchanceté)
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« Répondre #476 le: 06Mars, 2010, 06:07:50 »

Hier soir, j'ai vu à la télé des bouts du Retour du Jedi. Bigre. Je me souvenais que je n'avais pas trouvé ça terrible au cinéma, mais en le revoyant hier (sur petit écran, certes), je n'ai absolument pas réussi à accrocher. J'ai même trouvé spécialement pesante l'intervention systématique de la musique quand s'approchait ou apparaissait Darth Vador. Peut-être que, comme le sergent Murtaugh dans L'arme fatale, je suis devenu "trop vieux pour ces conneries" ? (j'emploie le terme "conneries" sans méchanceté)

Pareil...Je me faisais une joie...et je me suis endormi pendant le film....
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« Répondre #477 le: 14Mars, 2010, 19:47:32 »

Je suis allé voir Alice aux pays des merveilles version Tim Burton. J'n'ai qu'un mot: "PARFAIT"!
Ce n'est certainement pas LE film du siècle, ce n'est certainement pas un film qui plaira à tout le monde tant il est spécial, mais il est parfait. Réalisation, décors, personnages, dialogues, rapport au livre, etc. Tout coule de source en fait, naturellement...
Bref, à ne manquer sous aucun prétexte...

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« Répondre #478 le: 14Mars, 2010, 20:11:53 »

Je ne peux pas en dire plus sous peine de vous révéler la fin. Mais si certains parmi vous l'ont vu, je serais ravi de discuter en MP de l'interprétation de tout ça.
Je n'ai pas vu le film, mais lu le livre (excellent, d'ailleurs), si tu veux.
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« Répondre #479 le: 29Mars, 2010, 20:16:49 »

Je viens de voir Alice au Pays des Merveilles. J'ai trouvé le film très médiocre. Visuellement, c'est très beau, pas de problème, c'est fou ce qu'on arrive à faire de nos jours avec des images de synthèse. Mais il aurait peut-être fallu penser au scénario, qui lui est fadasse, convenu et simpliste. Le film est censé être tiré du roman de Carol, et on dirait un mélange entre Narnia et le Magicien d'Oz. Johnny Depp campe un Chapelier Fou calamiteux, qui joue les love interest pour Alice quand il ne ferraille pas l'épée au poing. Au niveau de l'absurde et de l'audace, c'est très en dessous... du vieux dessin animé Disney que nous avons tous vu dans notre enfance.

Pas vraiment un mauvais film pour autant : la qualité des images le sauve et j'imagine qui vous y passerez un bon moment, si vous réussissez à chasser votre esprit critique et toute idée de comparaison avec le livre. Moi, j'ai échoué.  
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