Les Salons de la Cour

10Février, 2012, 13:57:30
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Auteur Fil de discussion: Byzance - Histoire  (Lu 955 fois)
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Faucon de Lune
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« le: 11Décembre, 2007, 14:03:34 »

Pareil que le thread géographie, une petite idée de l'historique du jeu ...

Byzance la Grecque
La fondation de notre cité, anciennement nommée Byzance, se perd dans la nuit des temps, et l’on ne trouve rien de précis sur l’époque de sa fondation. Etienne de Constantinople, un écrivain romain ayant vécu à l’époque de Justinien, attribue la fondation à Byzas, un Grec peut être originaire de Mégarée, qui aurait été fils de Croessa, fille d’Io et de Poséidon soit disant. Ce qui est certain en revanche, c’est que Byzas a réellement vécu, car j’ai la chance de posséder dans ma collection quelques médailles le représentant.
Byzas vécut au septième siècle avant Jésus Christ. Je pense qu’il était un Prince de Mégarée, mais pour une raison inconnue, il fut exilé. Peut être chercha t’il à assembler une armée pour reconquérir Mégarée, mais il y renonça, suite à une consultation de la Pythie à Olympie. Cette dernière lui répondit, « une nouvelle colonie tu bâtiras, et de ton nom tu la baptiseras, là où les aveugles ne voient pas. ». Et après moult péripéties que l’histoire n’a pas retenue, il fonda la ville de Byzance, à moins d’un kilomètre de la colonie de Chalcédoine, désormais dans la périphérie de notre glorieuse capitale.
Quoique située au milieu des barbares, Byzance était toujours considérée comme ville grecque, d’après son origine et ses mœurs. Son heureuse situation à l’entrée du Bosphore faisait d’elle un comptoir de négoce majeur entre les cités Etats grecques et celles d’Anatolie, et un poste militaire important, de sorte qu’Athènes et Sparte se disputaient sans cesse son alliance. Bien que la cité ait eu tout pour grandir, elle n’en eut jamais l’occasion. En revanche, elle devint une proie disputée entre les cités états d’Athènes et de Sparte, alors en guerre. Byzance changea de mains entre Sparte et Athènes pendant trois siècles, jusqu’à ce qu’elle gagne sa liberté. Chaque conquête la détruisit presque, mais elle réussit toujours à survivre pour être reconstruite. Ce style de destructions et de renaissances continua avec l’ère romaine.

La Conquête Romaine
Byzance fut conquise, comme toute la Grèce, par Rome, et conserva toute sa splendeur et devint même encore plus florissante jusqu’en 194 après Jésus Christ. À cette époque, les Byzantins ayant pris le parti de Pescennius Niger contre Septime Sévère (193-211), ce dernier vint les assiéger. Après un long siège, mémorable par l’habileté et l’opiniâtreté de l’attaque, et surtout de la défense, les Byzantins se rendirent. Le vainqueur, irrité, fit massacrer la garnison et les magistrats, démantela la ville, la dépouilla de tous ses privilèges et la laissa à l’état de simple bourgade, la soumettant, avec tous ses territoires, à la ville de Périnthe, sa métropole jusqu’à Constantin le Grand.
Sévère laissa Byzance dans un tel état de ruine et de désolation, qu’on aurait pu penser, à notre grande honte, qu’elle avait été prise non par les Romains, mais par les barbares. Cependant, peu de temps après, l’empereur, sur la demande de son fils Caracalla, adoucit la punition de Byzance : il en fit rebâtir une grande partie, l’embellit même de nouveaux monuments et la renomma Antoninia, du surnom d’Antoninius pris par Caracalla. Il fit construire en 203 un immense hippodrome, au sommet d’une colline dominant la mer. Cet hippodrome serait plus tard agrandi par Constantin 1er et mesurera alors 450 mètres de long sur 150 de large. Mais il ne rétablit pas Byzance dans ses privilèges et elle demeura ainsi jusqu’à ce que Constantin (306-337) refonde la ville et l’agrandisse. Il lui donna le nom de Constantinople ou Nova Roma et y transporta le siège de l'Empire (330).



La fondation de Constantinople
Sous le coup de l’invasion des Barbares, Constantin le Grand décida de diviser l’Empire en deux, avec la fondation de Nova Roma, appelée à égaler et même dépasser le prestige de l’ancienne Rome. Un temps, la cité fut effectivement appelée Nova Roma, mais par crainte de confusion, la cité fut rapidement renommée Constantinople, par le successeur de Constantin, Constance, le 11 mai 340, à l’occasion des dix ans de la ville, célébrée par d’importantes festivités que nous sommes fiers d’avoir surpassé l’année dernière. Mais c’est toujours Nova Roma dans nos cœurs, maintenant que Rome s’est éloignée de nous.
L’emplacement choisi par Constantin fut le site de l’ancienne Byzance, sur le détroit du Bosphore qui sépare l'Europe de l'Asie. Les travaux commencèrent le 8 décembre 324 par la pose de la première pierre de la ville par le très saint Empereur Constantin. La nouvelle capitale fut officiellement inaugurée six ans plus tard, le 11 mai 330. Cette date est désormais une fête, tout comme le jour de naissance d’Hélène et de Constantin le Grand, et je ne rate jamais les grandes processions dans la capitale, surtout depuis l’accession au pouvoir de notre nouvel Empereur. Cette refondation permit ainsi de purifier la ville de son passé païen, elle devint pour notre plus grande gloire la ville chrétienne par excellence. Assez rapidement, la cité supplanta Rome par sa richesse et le nombre d’habitants qui y vivaient.
Par l’empreinte hellénique qui la marqua d’autre part dès sa naissance, par le caractère surtout que lui donna le christianisme, la jeune capitale différa profondément de l’ancienne et symbolisait assez exactement les aspirations et les tendances nouvelles du monde oriental.
Constantin le Grand fit en sorte de rehausser l’éclat et la richesse de la nouvelle capitale, et embellit la ville de palais et de monuments qu’il fit venir de toutes les contrées de l’Empire, avec notamment le Grand Palais (résidence des Empereurs), l’hippodrome et Hagia Sophia, la première basilique consacrée à la « Sagesse Divine ». Il s’arrangea pour attirer en grand nombre les descendants des familles sénatoriales de Rome, et qui étaient représentés par le Sénat de Constantinople. Constantin mourut le dimanche 22 mai 337 à Ancyrona, dans les faubourgs de Nicomédie, en recevant le baptême des mains de l’évêque Eusèbe de Nicomédie. Il est depuis vénéré comme un saint, tout comme sa mère Hélène, qui retrouva la croix du Christ.

Les Invasions Barbares
Malheureusement, arriva un temps de péril pour l’Empire, avec d’un côté l’arrivée des Barbares dans tout l’Empire : les Alains, les Goths, les Vandales et les Huns (pour ne citer qu’eux), et notre opposition continuelle avec l’Empire Perse. Il serait illusoire de répertorier toutes les attaques menées par les Barbares contre l’Empire. Quelque soit l’année, ils arrivaient d’abord avec les meilleures intentions du monde, en demandant un asile et des terres, et promettant de servir fidèlement l’Empire. A d’autres, beaucoup trop crédules, oui !
Et, s’apercevant que l’Empire de l’époque était divisé, surtout en Occident, ils en profitaient pour se révolter, semer la terreur ou acquérir une position influente. Par exemple, les razzias d’Alaric en 395, le sac de Rome en 410, la main mise des Alains sur Constantinople sous les règnes des empereurs Marcien (450-457) et surtout Léon 1er (457-474), et encore pire la menace des hordes d’Attila dans la péninsule balkanique. Tous se tournèrent assez rapidement vers l’Occident, notamment Attila qui fut défait par une coalition de barbares et de Romains menés par le patrice Aétius aux Champs Catalauniques. Hélas, Aétius fut assassiné trois ans plus tard (454) sur ordre direct de l’Empereur Valentinien III, qui avait été porté au pouvoir par Marcien. L’assassinat d’Aétius et de Valentinien l’année suivante, plongèrent l’Occident dans le chaos et empêchèrent, hélas, sa refondation entre les mains d’Aétius.
Dès lors, plus personne ne pouvait empêcher la chute, et en 476, personne ne fut étonné lorsque Odoacre détrôna à Rome l'insignifiant Romulus Augustule, et renvoya les insignes impériaux à Constantinople. Il était hors de question que l’Italie reste sous la domination de Barbares. Loin d’intervenir lui-même, l’Empereur chargea Théodoric, un Ostrogoth romanisé ayant vécu en otage pendant son enfance à Constantinople, de la reconquête de l’Italie. Cela fut pleinement réalisé en 493, avec la prise de Ravenne puis de Rome, ce qui marqua aussi la fin de la période des invasions barbares.


La crise religieuse
Avec ces invasions barbares, qui contribuèrent à la chute de l’Empire d’Occident (peut être la preuve de la supériorité de Nova Roma), s’ajouta la crise religieuse. Julien l’Apostat voulut remettre à l’honneur l’ancienne Religion. Le règne de l’Apostat fut bref, il se heurta comme beaucoup d’autres empereurs à la puissance des Sassanides, se proclamant les héritiers des Achéménides. Les fidèles de l’Ancienne Religion s’opposèrent à une telle restauration, car ils pensaient sans doute avec justesse que cela mettrait en péril leurs cultes, jusque là toujours autorisés, même à Constantinople. Tel fut en effet le cas quelques décennies plus tard, avec l’Edit de Théodose prononcé le 28 février 380, interdisant les cultes païens ou déviants. L’Empereur renonça également au titre de Pontifex Maximus. Mais l’ancienne religion ne mourut en définitive que des années plus tard, suite à la décision de l’Empereur Justinien de fermer en 529 l’Académie d’Athènes, le dernier refuge du néoplatonisme païen. Mais je soupçonne encore certaines personnes – fort heureusement isolées - de s’adonner à des pratiques païennes, et ce jusqu’à nos jours.
Mais la crise religieuse ne concerna pas uniquement les cultes païens, il y eut aussi les grandes hérésies -  arianisme, nestorianisme et monophysisme, qui troublèrent si profondément l’Eglise et l’Empire d’Orient, avec l’opposition de foi entre Rome, Constantinople et Alexandrie (avec parfois l’alliance des deux premiers contre Alexandrie).
Le concile de Nicée (325) avait condamné l’arianisme et proclamé que le Christ était de même essence que Dieu. En dépit de l’opposition des partisans d’Arius, le second concile à Constantinople (381) condamna définitivement l’arianisme et définissait que l’évêque de Constantinople venait en deuxième position après le pape.
Sous le règne de Théodose II, le patriarche de Constantinople, Nestorius, considéra que dans le Christ, il fallait dissocier la personne divine et la personne humaine. Cyrille d’Alexandrie fit au concile d’Ephèse (431) solennellement condamner le nestorianisme, et après quoi régna en maître sur l’Eglise. Il imposa sa volonté à l’Empereur Théodose II, connu pour avoir fait bâtir la puissante enceinte de remparts qui durant des siècles protégea Constantinople, et pour le Code Theodosianus (438), une compilation des constitutions impériales promulguées depuis Constantin, dont j’ai l’immense honneur d’avoir chez moi un exemplaire.
Quand Eutychès, exagérant la doctrine cyrillienne, en faisant disparaître la nature humaine dans la personne divine, ce fut le monophysisme, l’Empire d’Orient et la papauté se coalisèrent pour condamner le monophysisme, lors du concile de Chalcédoine (451). L’Eglise d’Orient s’affirma progressivement comme une Eglise d’Etat, soumise à la volonté de l’Empereur, et qui de plus, par la langue grecque dont elle faisait usage, par ses tendances mystiques hostiles à la théologie romaine, par ses vieilles rancunes contre Rome, tendait à se constituer en un organisme indépendant.
Avec la chute de l’empire d’Occident, l’empire d’Orient demeura le seul empire romain. Quoique l’administration de l’empire fut toujours organisée sur le modèle romain, et fondée sur la séparation des fonctions civiles et militaires, le pouvoir impérial devint de plus en plus absolu, ce qui amena le premier schisme entre Constantinople et Rome (avec l’Hénotique, édit d’Union, une tentative de compromis religieux pour satisfaire les partisans de Chalcédoine et les monophysites, promulgué par l’Empereur Zénon, et confirmé par son successeur Anastase, un fervent adepte du monophysisme, entre 482 et 518).
A la fin du Vème siècle et au début du Vie, l’Empire se retrouva dans un état de crise redoutable : avec la reprise du conflit avec les Perses, les incursions des Slaves et des Avars au sud du Danube, et dans Constantinople même les querelles entre les factions de l’hippodrome, les Bleus (soutenant l’orthodoxie) et les Verts (soutenant le monophysisme et autres hérésies orientales). Le gouvernement était impopulaire, avec une puissante opposition orthodoxe et l’hostilité des Bleus et des Verts. Enfin, le souvenir persistant de la tradition romaine ramenait sans cesse les esprits vers l’Occident. Pour sortir de cette instabilité, il fallait une main vigoureuse, une politique nette, aux vues précises et fermes.

Le règne de Justinien
L’accès au pouvoir de Justin puis de Justinien fut le résultat d’une intrigue de palais assez obscure, comme il y en eut plein d’autres après. Ni Justin ou Justinien n’avaient aucun droit sur l’Empire, contrairement aux descendants d’Anastase, mais ils surent s’imposer, et donner une nouvelle vigueur, apparente en partie, à l’Empire.
Gouvernant au nom de son oncle Justin, Justinien mit tout en œuvre pour mettre fin au schisme avec Rome, en persécutant furieusement les monophysites. En 525, il ménagea au pape Jean, le premier des pontifes romains à visiter Nova Roma, une réception triomphante. Et ainsi il préparait les grands desseins qu’il devait réaliser, lorsqu’en 527, la mort de Justin lui donna la plénitude du pouvoir.
Pour préparer la reconquête des territoires romains en Occident, Justinien – l’Empereur qui ne dort jamais - signa en 532 un traité de paix éternelle avec le roi Sassanide Chosrau (531-579), en échange du paiement d’un énorme tribut d’or tous les ans. En janvier 532, éclata la sédition Nika en rébellion de la politique indépendante de l’Empereur, non liée aux Bleus et aux verts. Ce fut l’explosion de violence la plus grave jusque là, et à son issue la moitié de la ville était brûlée ou détruite. La révolte fut matée par Narsès et Bélisaire, qui entamèrent ensuite la reconquête des territoires perdus : l’Afrique en 533 avec la prise de Carthage, la longue campagne d’Italie (535-552) et une petite partie de l’Espagne en 554.

Eric
Journalisée
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