Les Salons de la Cour

11Février, 2012, 19:51:24
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Pages: 1 [2]   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Travailler plus pour gagner moins : à l'Education Nationale, c'est possible !  (Lu 3124 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
cavaillon
Guidon
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 1 239



« Répondre #15 le: 18Décembre, 2007, 20:42:20 »

Ce que j'ai lu, même si ce n'était pas le fond de ton discours, c'est qu'un prof certifié doit bosser 18h hebdomadaire devant élèves, plus 10 pour corriger les copies (mes professeurs mettaient deux semaines minimum, soit 5h par semaines max.). Ca fait 25 heures par semaine, plus combien pour préparer les cours, les exercices, les interros ?
Parce que d'après toi, un prof n'a que les copies d'une classe à corriger ?
Réfléchis un peu.

J'avais réfléchi, et me basant sur mon expérience de collège et de lycée, me souvenais qu'on n'avait pas une interro tous les quinze jours. Or je comptais, en me basant sur tes chiffres, une correction en deux semaines...

En lisant ton message ci-dessus, ainsi que celui d'Hikaki, je me rends compte que je m'étais  probablement trompé. Pourtant, j'ai des collègues enfants de professeurs (lycée et école supérieur) qui, sans vouloir critiquer leurs parents, m'assurent qu'ils n'en foutent pas une ramée...

Je pense que le plus posé dans ce dialogue, c'est Kynan qui fait remarquer à juste titre que dans tous les types de métier, on trouvera des faignasses et des bosseurs...

Je pense faire partie des seconds, et, en vous lisant, je vous mets évidemment dans la même catégorie. Maintenant, on peut se demander si nous sommes représentatifs du corps de métier...

Que ce soit oui ou non, je me dois de reconsidérer les propos de mon post précédent.
Journalisée

"Qu'a vist Paris, se noun a vist Cassis, pou dire : n'ai rèn vist"
Cuchulain
Dispensateur officiel de bonheur à la cour
Les Rêveurs
Argoulet
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 5 917


Grand maître du Djyhad rouge tolkiennien


WWW
« Répondre #16 le: 18Décembre, 2007, 23:04:44 »

Personnellement : ayant un clan de profs autour de moi, je suis bien placé pour voir que mes divers parents, oncle, tante, cousins, belle sœur, belle mère, cousines par alliance ne se tourne pas vraiment les pouces. Ça sans compter une certaine personne qui squatte à ma table de jeu et qui exerce le vilain métier de profs de maths. 

Ayant tâté de la gestion de gosses de 12 à 16 ans, et vu ce que ça donnait : je ne me vois pas gérer 30 gamins (Dieu m'en préserve : c'est un des aspects du métier de Pasteur qui ne me tentait pas du tout : le catéchisme, mais je disgresse). C'est ce que je sors aux gens qui me parlent des feignasses de profs... Par contre : quand je dois me frotter  a des administrations du style mairie, CAF et autres organismes du genre l'ANPE, il y'a des fois je vois rouge.

Ceci dit : je ne vais pas non plus pleurer sur les profs, c'est un métier dur certes, mais qui n'en a pas un ? La j'ai un boulot pépère et je ne suis pas à plaindre. J'ai travaillé pendant deux ans à me faire engueuler au téléphone 7 heures par jour, pour 1200 € brut sur 12 mois, à me faire harceler moralement par une chef qui a tout pouvoir sur vous (les congés, les horaires etc) sans sécurité de l'emploi, à travailler dans une entreprise de tourisme sans avoir aucun avantage (sinon celui d'être moins payé car le tourisme c'est plus fragile)  et à voir mon directeur se prendre pour lui tout seul une prime prévue pour le service. La Issia a un chef qui lui explique doctement que les pauses de 1/4 heure le matin et l'AM c'est une tolérance, qui la désigne volontaire pour faire des heures supp' (elle a son entretien annuel dans deux jours et de ça dépend sa prime et une augmentation de salaire) , que les pauses pour satisfaire un besoin naturel c'est compris dans son temps global de pause, et bientôt : elle se trimballera toute la journée avec un casque sur les oreilles pour pouvoir répondre au client qui appelle instantanément même si elle est à l'autre bout de la boite loin de son poste. Ceci sans compter les pressions pour travailler plus sans gagner plus.

Un long monologue pour exprimer toute ma sympathie au corps enseignant, parler de la joie du travail en entreprise et exprimer mon envie soudaine de voter Laguillier. 
Journalisée

Cuchulain l'homme qui a du chien.

Les pensées de Cuchu [/
Hikaki
La Chancellerie
Maistre de camp
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 704



WWW
« Répondre #17 le: 18Décembre, 2007, 23:44:27 »

Oh, nous sommes tout à fait d'accord : il y a tout un tas de métiers bien plus pénibles que le nôtre et, si nous sommes et restons enseignants, c'est bien parce que cela nous plait. Simplement, nous n'aimons pas, comme beaucoup, j'imagine, que l'on nous raconte n'importe quoi (gagner plus en travaillant plus quand c'est matériellement impossible) ou que l'on nous dise que nous sommes des paresseux qui râlons alors que nous avons un nombre d'heures de travail à faire rêver, ce qui est faux.
Outre le fait d'enseigner, oui, j'apprécie de pouvoir travailler chez moi et d'organiser une partie de mon temps de travail, ainsi que d'avoir régulièrement des périodes sans élèves (les "vacances") où je peux me lever plus tard. Je ne nie pas que c'est un sacré avantage qui justifie, en grande partie à mes yeux, mon salaire inférieur au statut de cadre supérieur que je suis censée avoir. Ceci dit, se serrer la ceinture pour que l'Etat fasse des économies et que d'autres en profitent (secteur santé ou chômage), cela va quelques années (ça va faire au moins 7 ans, voire plus ?), mais cela finit par un peu trop se sentir sur mon budget. Une révaluation serait la bienvenue, je trouve.  Grin Et pas des heures supplémentaires que le Rectorat ne peut nous donner faute de budget.

Hikaki

PS : Quant aux devoirs, Cavaillon, tout dépend des matières, bien sûr. Si j'en donne au minimum un par semaine à chacune de mes classes (en moyenne - j'ai des semaines sans et des semaines avec deux ou trois évaluations selon mon programme), c'est parce que j'ai un "gros" horaire (de 4h30 à 6h par classe), ce qui n'est pas le cas de toutes les matières. Un professeur avec une matière à 3 heures de cours par semaine par classe en donnera probablement un toutes les deux semaines, mais aura 1,5 ou 2 fois plus de classes que moi, ce qui revient donc au même. Ou encore, un enseignant en collège en donnera plus souvent car ce sont des évaluations qui prennent peu de temps de cours et sont rapides à évaluer, ce qui n'est pas le cas des classes de lycée (une dictée, ça se corrige quand même bien plus vite qu'une dissertation !).
Journalisée
Macbesse
Dalaï-Misu
Les Rêveurs
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 095


Usurpateur à l'ananas


« Répondre #18 le: 21Décembre, 2007, 13:34:24 »

Pour détendre un peu l'atmosphère, un petit air des Fatals Picards.
Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
Loris
Chair-Leg of Truth
Quartenier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 670



« Répondre #19 le: 21Décembre, 2007, 13:42:22 »

Y'a un air de Raymonde et les Blancs Becs qui s'appelle "Fonctionnaire". Mais ça ne parle pas des profs.

Loris.
Journalisée

"Bref, moi qui ait été élevé avec la fausse croyance que Tolkien avait écrit la bible de la fantasy, je découvre une fois de plus que c'est faux. Howard, Lovecraft et Lieber sont les vrais apôtres du genre. Ceux qui prétendent le contraire sont des hérétiques." ~ Cédric, de Hugin & Munin
Toucan
Invité
« Répondre #20 le: 18Mars, 2008, 20:35:58 »

Pour les personnes qui n'ont pas entendu parler de certains changements statutaires de la fonction publique :

Le gouvernement écorne la garantie de l'emploi des fonctionnaires (Source : Marianne2)

Des enseignants retraités recrutés pour des remplacements (Le Monde.fr)

et dans la continuité tactique des coins qu'on enfonce
Fonction publique : "Faire sauter tous les verrous" (Le Monde.fr)

et le silence est assourdissant.

Et un autre coin.

Un Livre blanc veut généraliser l'évaluation des fonctionnaires, quitte à licencier. (Le Monde.fr)

Attila chevauche vite !

Les fonctionnaires au bord du big-bang (Le Figaro.fr)
Citation de:
Disparition des corps, nouvelles procédures d'affectation, salaire au mérite, licenciements, un rapport sans tabou. La fonction publique ne traverse pas tant une crise de qualité qu'une crise de productivité. C'est sur cette idée qu'est bâti le livre blanc sur «les valeurs, les missions et les métiers de la fonction publique», remis jeudi par le conseiller d'État Jean-Ludovic Silicani au ministre de la Fonction publique, Éric Woerth, et au secrétaire d'État André Santini.

Une synthèse du Livre blanc en question (17 pages).
« Dernière édition: 08Juin, 2008, 13:09:16 par Dans le mur » Journalisée
Macbesse
Dalaï-Misu
Les Rêveurs
Maistre de camp
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 095


Usurpateur à l'ananas


« Répondre #21 le: 17Avril, 2008, 21:47:13 »

Je veux changer de monde, vite. 
Journalisée

Le monde ne veut pas de politique. Il lui faut le vaudeville français et la soumission russe à l'ordre établi. Lermontov
Hikaki
La Chancellerie
Maistre de camp
*****
Hors ligne Hors ligne

Messages: 2 704



WWW
« Répondre #22 le: 31Mai, 2008, 10:37:50 »

Pour reprendre le titre de ce sujet : ..... et pas qu'à l'Education Nationale !

Citation
(...)Jean est salarié. Il est célibataire (ce que nous montre ce cas demeurerait valable dans une autre situation personnelle). Le salaire qu'il déclare s'élève à 15.000 euros. Il n'a pas effectué d'heures supplémentaires. Il devra payer cette année 27 euros d'IR.
Martin, son collègue, lui aussi célibataire (la symétrie des situations personnelles est indispensable pour une juste comparaison), déclare un salaire de 15.000 euros également. Mais il a effectué des heures supplémentaires pour 2.000 euros de plus qui seront déclarée à part des 15.000 (son salaire imposable) et qui seront exonérés d'impôt sur le revenu. Son impôt s'élèvera à … 413 euros !
(...)Pour Martin, l'affaire ne s'arrête pas là, car le revenu fiscal de référence sert aussi de base de calcul au dégrèvement qui vient diminuer la taxe d'habitation en deçà d'un certain niveau de revenu. Et comme le revenu fiscal de référence de Martin sera plus élevé que celui de Jean, son abattement sera moins élevé que celui de Jean. Ainsi, par exemple, toutes choses étant égales par ailleurs (même valeur locative, même commune, même situation familiale), pour une taxe d'habitation avant abattement de 600 euros, Jean paiera 62 euros de moins que Martin en taxe d'habitation.(...)
http://www.marianne2.fr/Fiscalite-les-mauvaises-surprises-qui-attendent-les-salaries-modestes_a87692.html
Journalisée
Loris
Chair-Leg of Truth
Quartenier
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 670



« Répondre #23 le: 31Mai, 2008, 11:30:44 »

Y'a aussi le cas de nos militaires Djibouti dont les femmes viennent de manifester : le salaire de leurs maris est indexé sur le dollar US.
Moins 18%, paf.

Loris.
Journalisée

"Bref, moi qui ait été élevé avec la fausse croyance que Tolkien avait écrit la bible de la fantasy, je découvre une fois de plus que c'est faux. Howard, Lovecraft et Lieber sont les vrais apôtres du genre. Ceux qui prétendent le contraire sont des hérétiques." ~ Cédric, de Hugin & Munin
Sepulchrave
Fifre
*
Hors ligne Hors ligne

Messages: 24


« Répondre #24 le: 31Mai, 2008, 21:15:56 »

Pour reprendre le titre de ce sujet : ..... et pas qu'à l'Education Nationale !

Où est le problème ? Martin gagne 2 000 euros de plus que Jean avant imposition et il paye 448euros de plus d'impôts (revenu et taxe d'habitation). Total, 1 552 euros de plus après imposition.

Edit :[En fait, oui, il y a un problème. En définitive, après calcul, le salaire horaire de Martin a diminué. En faisant une évaluation sur un temps de travail de 35 h et 47 semaines travaillées par an, Jean gagne dans les 9,10 euros de l'heure et Martin 9,08. Donc, oui, Martin a "travaillé plus pour gagner plus" mais tout dépend de quoi on parle...]

Il y a suffisamment de raisons de critiquer la clique au pouvoir sans porter des attaques infondées qui peuvent se retourner contre ceux qui les avancent. Par exemple, il me semble que personne dans les médias ou ailleurs n'a noté que si un départ à la retraite sur deux ne sera pas remplacé, seule la moitié des économies effectuées sera reversée aux fonctionnaires. Si je raisonne bien, ça implique soit que ceux qui restent récupéreront la totalité du travail pour la moitié des revenus de ceux qui partent (d'où une diminution de revenu horaire) soit il faudra augmenter la quantité de travail de ceux qui restent d'une quantité moindre de celle qu'effectuaient ceux qui partent (d'où moins de service rendu au public). Et cela est valable pour toute la fonction publique, pas uniquement l'Education Nationale.
« Dernière édition: 31Mai, 2008, 22:39:43 par Sepulchrave » Journalisée
Pages: 1 [2]   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: