Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: [Contexte] Le droit de porter l'épée  (Lu 850 fois)
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seigneurtrente
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« le: 29Juin, 2010, 13:31:19 »

Salut à tous,
Je me demandais si vous aviez des infos sur le privilège des nobles de porter l'épée. Si j'ai bien compris, cette caractéristique noble est devenu beaucoup plus stricte pendant les siècles suivants... Mais au XVIème qu'en est il exactement ? Est ce que des roturiers peuvent porter des armes, les transporter ? Quel est en général l'attitude par rapport à cette question dans les villes ?
Merci pour vos réponses à venir
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Artus
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« Répondre #1 le: 29Juin, 2010, 22:12:24 »

Bonjour,

Une petite réponse en attendant quelque chose de plus documenté.

Le port de l'épée est l'apanage de la noblesse. Je vois mal un vilain porter, en temps de paix s'entend, une telle arme à son flanc. Un tel personnage sera souvent considéré comme un brigand. À part s'il fait partie d'une quelconque troupe de gens d'armes, ou de la milice de la ville. En temps de siège, certains s'octroient des titres ronflants, et par là même s'autorisent à porter les armes des titres qu'ils convoitent. Mais un personnage roturier qui chercherait à s'armer préfèrera la dague ou le coutelas; on peut frapper par surprise, et cela attire bien moins l'attention du guet!
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« Répondre #2 le: 30Juin, 2010, 11:59:18 »

Il faut distinguer, en effet, plusieurs cas de figure.

D'une part, comme le dit Artus, le temps de paix et le temps de guerre. D'autre part, les types d'épées.

En temps de paix, l'épée (à une main) est une arme noble. C'est un marqueur social du statut de gentilhomme. Au XVIe siècle, deux épées sont prisées par la noblesse : la forte-épée, issue de l'épée longue médiévale, et la rapière, conçue comme une "épée civile" - c'est-à-dire une épée de duel. Il existe aussi des lansquenettes d'apparat, plutôt prisées par l'aristocratie du Saint Empire, mais aussi prisées par Charles IX quand il se piquait de costumes germaniques. (Il était marié à une princesse allemande.) En dehors des unités militaires, il est risqué de porter une épée sans être noble : une affaire d'honneur peut terminer par une provocation en duel, sur une place ou dans le fossé d'un rempart, et le malheureux qui ne sait pas se servir de son arme risque  fort d'être tué.

En temps de guerre, et dans les unités militaires, les épées sont des armes répandues, souvent portées par des soldats sans titre de noblesse. Mais ce sont alors des armes spécialisées, adaptées aux unités qui les emploient, et qui ne représentent pas de signes extérieurs de noblesse.
L'infanterie ordinaire porte des fauchons : ce sont des sabres courts, hérités de la badelaire médiévale, qui servent d'armes d'à-point quand on en arrive au corps à corps.
Les régiments d'infanterie mercenaire (lansquenets, suisses) portent des lansquenettes : ce sont des épées courtes, sans estoc, larges et tranchantes. Leur solidité leur permet de résister aux chocs, leur lame assez courte leur donne de la maniabilité au corps à corps dans des mêlées. Là encore, il s'agit d'une arme d'à-point.
Les tercios espagnols utilisent une sorte de glaive court (dont j'ignore le nom) : c'est l'arme principale des soldats spécialisés dans le corps à corps, chargés de passer sous la ligne des piques ennemies. Dans l'équipement du fantassin, ces épées courtes sont alors complétées par une rondache.
L'estoc est une épée longue, sans tranchant, employée par la cavalerie pour pointer l'ennemi à la charge et l'étriller (c'est-à-dire percer l'armure). C'est une arme de chevau-léger, de gendarme de compagnie d'ordonnance et de reître.

Enfin, il existe des épées que des aristocrates ne toucheront pour rien au monde, car ce sont des armes vulgaires : les espadons et les flamberges (eh oui ! contrairement à ce que note Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac). L'espadon est l'épée à deux mains droite, la flamberge est l'épée à deux mains ondulée. Ce sont des armes de fantassins, ce qui est indigne de la noblesse. En revanche, au cours de la première moitié du XVIe siècle, ce sont des épées qu'on croise souvent… dans le civil !L'art qui permet de les manier, l'escrime antique ou l'escrime allemande, est un art martial très prisé des étudiants ! Aussi bien en tant que sport que parce que les étudiants sont des voyageurs, généralement piétons, qui ont besoin de se protéger sur les routes mal famées de la Renaissance.
« Dernière édition: 30Juin, 2010, 12:03:34 par Usher » Journalisée
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« Répondre #3 le: 30Juin, 2010, 13:09:44 »

L'infanterie ordinaire porte des fauchons : ce sont des sabres courts, hérités de la badelaire médiévale, qui servent d'armes d'à-point quand on en arrive au corps à corps.

J'aimerais ajouter une petite remarque :  Dans ma compréhension, ce sont les régiments d'infanterie professionnels et "riches" qui disposent de fauchons. La piétaille constituée paysans recrutés pour l'occasion devant habituellement fournir leur propre équipement est plutôt équipée d'armes de fortune ou d'outils agricoles détournés de leur fonction, le plus souvent des armes à hampe longue (exemple, la faux d'armes qui correspond simplement à une faux dont la lame est réemmanchée dans le prolongement de la hampe) qui permettent de combattre efficacement les régiments de cavalerie. Leurs améliorations de ces outils agricoles très efficaces finissent par donner naissance aux fauchart aux XIe - XIIe, vouge vers le XIIe-XIIIe, guisarme aux alentours du XIIIe puis à la hallebarde aux XIVe - XVe siècle, qui sont des versions "professionnalisées", "martiales" de ces armes d'origine rustique.

On trouvera fréquemment, à partir du XIIIe siècle et jusqu'au XVIIe, le simple couteau ("coustil") comme arme de corps-à-corps employée par les soldats dits "coustiliers". Les plus chanceux qui sont parvenus à récupérer les morceaux d'une forte-épée brisée sur le champ de bataille peuvent se faire un "coustil d'armes", (i.e. la garde de l'épée et le fort de la lame retaillé pour obtenir un faible estoc), et éventuellement une "allemelle", qui consiste à réemmancher l'extrémité brisée de la forte-épée dans du bois et à entourer le manche de lanières de cuir et de tissu.

Par ailleurs, afin de "tricher" et de disposer d'armes de corps-à-corps assez solides et dangereuses par rapport à la forte-épée des nobles, une pratique de la piétaille roturière, en temps de guerre, consistait à réemmancher les fers des armes d'hast sur des gardes à une main et demi ou deux mains. Cette pratique est née vers le XIIe siècle avec l'augmentation de la fréquence des armes d'hast martiales par rapport aux instruments agraires.
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L''épée est plus forte que la plume, question d'allonge. Le fusil est plus fort que l'épée, question de modernité. Et la plume est plus forte que le fus... Ah non, tiens...
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« Répondre #4 le: 30Juin, 2010, 14:34:04 »

A la Renaissance (puisque c'est l'époque qui nous intéresse pour Te Deum), en France, il n'existe quasiment plus de paysannerie dans les armées. La guerre de cent ans est passée par là, qui a induit une professionnalisation de la guerre.

Certes, on trouve encore des archaïsmes : le roi de France lève toujours le ban et l'arrière-ban ; mais la noblesse, qui répond à ces levées, n'est plus accompagnée que par des combattants assez bien équipés. Pendant les guerres civiles, les troupes protestantes comporteront encore bon nombre de paysans ou de petits bourgeois ; au XVIe siècle, pourtant, les armes les plus fréquentes dans ces troupes irrégulières seront l'arquebuse et la lancegaye (lance courte, facile et économique à produire). La Ligue comportera aussi quantités de "combattants du dimanche", moines et bourgeois ; mais ceux-là étaient généralement bien équipés (arquebuses, hallebardes, corselets et morions), malgré leur très faible efficacité sur le champ de bataille.

En fait, au XVIe siècle, les bains de sang tragiques des diverses insurrections de la guerre des paysans (ou guerre des rustauds) montrent bien que les armées de paysans n'ont plus aucune chance face aux troupes professionnelles, formées de nobles et de mercenaires.

En revanche, il est certain que les tactiques et l'armement de l'infanterie régulière du XVIe siècle sont les héritières directes des milices urbaines et paysannes de la fin du Moyen Age.
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« Répondre #5 le: 30Juin, 2010, 14:37:11 »

Merci pour vos réponses fort instructives, néanmoins j'aimerais juste vous faire préciser si

- Une personne portant ostensiblement une épée dans une ville est donc en général un noble ?
- Il est en effet rare de croiser des individus armés en ville en dehors des nobles et des militaires/miliciens ?

Egalement à quel type de sanctions s'expose un non noble portant l'épée ?

Merci encore


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« Répondre #6 le: 30Juin, 2010, 14:53:50 »

Bonjour,

Sans revenir sur ce qui a été dit, je voudrais simplement confirmer deux choses :

-de façon générale, oui, l'on peut dire que le port de l'épée est l'apanage, en tout cas la marque de la société nobiliaire et de ceux qui suivent la profession des armes (même si précisément pour la période des guerres de Religion la frontière entre société civile et militaire est un vaste floue!);

-de fait ceux qui tendent à vouloir s'assimiler au deuxième ordre ou en passe de l'intégrer en prennent naturellement les signes distinctifs. Ainsi celui qui veut "contrefaire le gentilhomme" paradera naturellement l'épée au côté.

Pour autant, dans une période trouble et incertaine comme celle qui nous occupe, les choses ne sont jamais vraiment simples et les règles fluctuantes. Mais il est certain que le port d'une arme, représentant intrinséquement un danger ou une menace potentielle est souvent l'objet des attentions royales et des différentes autorités locales.

Aussi au delà de l'usage et de la coutume, il faut considérer la position régalienne du pouvoir et les interdits qu'il tente d'appliquer (sans vraiment y parvenir, surtout en ces temps troublés...)

Cependant, en période de "paix" un roturier aura tout intérêt à ne pas se trouver avec une arme apparente sur lui dans une ville par exemple (sauf si son statut social tend à l'assimiler à la noblesse) ou alors à en demander l'autorisation : c'est ce que fait Claude Haton, prêtre à Provins, dans les années 1570 ,qui sollicite expressement la permission au bailli de porter une épée en se justifiant des dangers de l'époque !

Voici pour illustrer le propos les différentes positions (fluctuantes et donc révélatrices des tensions qui se jouent) du pouvoir face à cette question depuis la fin XVème jusqu'à la fin XVIème (Ces données sont issues d'édits, ordonnances et proclamations royales):

-25 novembre 1487 Défense de porter des armes autres qu'aux nobles
-1487 Défense de porter des armes sauf pour les officiers du Roi, les nobles et ceux qui sont aux armées
-octobre 1532 Défense de porter des armes autres que épées et poignards
-16 juillet 1546 Défense de porter des armes pour tous sous peine de mort
-25 novemebre 1548 Révocation de tous les permis de port d'armes précédent et défense en outre de porter des arquebuses et des pistolets
-28 novembre 1549 Tous les ports d'armes accordés sans permission du Roi sont annulés sous peine de confiscation
-décembre 1558 Défense de porter des armes à feu
-23 juillet 1559 La défense du port des armes à feu est réitérée
-17 décembre 1559 Défense du port de toutes armes sous peine de confiscation et de mort
5 août 1560 La défense du port de toutes armes est réitérée sous peine de la vie
-janvier 1560 Les gentilshommes ayant droit de justice et de chasse sur leurs terres peuvent tirer à la harquebuse. Cependant l'interdiction du port de pistolet et d'arquebuse est rappelée
-août 1561 Interdiction du port d'arme à toute personne exception des gentilshommes et de leurs serviteurs et de ceux qui sont aux armées
-16 août 1563 Défense est faite de porter une arme à toute personne
-12 février 1566 Défense est faite de porter une arme feu à toute personne
-4 avril 1598 Le port d'une arme à feu est interdit sous peine d'amende et sous peine de la vie en cas de récidive.

On le voit, même un gentilhomme n'était pas toujours fondé à avoir une épée sur lui ! Mais les institutions locales ont elles toujours le pouvoir, la volonté de lui interdire ? Force de la loi contre force de la coutume et des interactions de la sociabilité locale...

Espérant avoir pu contribuer à répondre à la question

Cordialement

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« Répondre #7 le: 30Juin, 2010, 15:00:04 »



-25 novembre 1487 Défense de porter des armes autres qu'aux nobles
-1487 Défense de porter des armes sauf pour les officiers du Roi, les nobles et ceux qui sont aux armées
-octobre 1532 Défense de porter des armes autres que épées et poignards
-16 juillet 1546 Défense de porter des armes pour tous sous peine de mort
-25 novemebre 1548 Révocation de tous les permis de port d'armes précédent et défense en outre de porter des arquebuses et des pistolets
-28 novembre 1549 Tous les ports d'armes accordés sans permission du Roi sont annulés sous peine de confiscation
-décembre 1558 Défense de porter des armes à feu
-23 juillet 1559 La défense du port des armes à feu est réitérée
-17 décembre 1559 Défense du port de toutes armes sous peine de confiscation et de mort
5 août 1560 La défense du port de toutes armes est réitérée sous peine de la vie
-janvier 1560 Les gentilshommes ayant droit de justice et de chasse sur leurs terres peuvent tirer à la harquebuse. Cependant l'interdiction du port de pistolet et d'arquebuse est rappelée
-août 1561 Interdiction du port d'arme à toute personne exception des gentilshommes et de leurs serviteurs et de ceux qui sont aux armées
-16 août 1563 Défense est faite de porter une arme à toute personne
-12 février 1566 Défense est faite de porter une arme feu à toute personne
-4 avril 1598 Le port d'une arme à feu est interdit sous peine d'amende et sous peine de la vie en cas de récidive.



Intéressant... On voit que la volonté d'empecher de porter les armes à un maximum de personnes est forte mais probablement peu appliqué d'ou la nécessité de réitérer les édits et ordonnances sur ce thème. En dehors des militaires et des brigands, il devait etre alors exceptionnel de croiser quelqu'un portant ostensiblement une arme à feu !!!
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« Répondre #8 le: 30Juin, 2010, 15:14:30 »

A la Renaissance (puisque c'est l'époque qui nous intéresse pour Te Deum), en France, il n'existe quasiment plus de paysannerie dans les armées. La guerre de cent ans est passée par là, qui a induit une professionnalisation de la guerre.

Certes, je suis resté un peu bloqué au XIIIe. 
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« Répondre #9 le: 30Juin, 2010, 16:12:07 »


Citation

Intéressant... On voit que la volonté d'empecher de porter les armes à un maximum de personnes est forte mais probablement peu appliqué d'ou la nécessité de réitérer les édits et ordonnances sur ce thème. En dehors des militaires et des brigands, il devait etre alors exceptionnel de croiser quelqu'un portant ostensiblement une arme à feu !!!

Paradoxalement, non. Enfin, dans une ville certes (car les portes seront contrôlées), mais pour ce qui est du plat pays (villages et campagnes) pas vraiment puisque pour la période qui nous occupe les militaires, brigands et ceux qui tentent de leur ressembler, fortuitement ou délibérement, abondent ! L'insécurité est réelle. Il n'est que de lire les mémoires du temps pour s'en rendre compte.
Ces édits et ordonnances tentent donc de donner aux pouvoirs locaux les moyens de punir ceux y contrevenant...sans réel succès il est vrai.
« Dernière édition: 30Juin, 2010, 16:26:34 par Xaramis » Journalisée
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« Répondre #10 le: 30Juin, 2010, 16:27:26 »

[J'ai modifié le message précédent uniquement pour retoucher la balise "quote".]
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« Répondre #11 le: 30Juin, 2010, 16:46:26 »

Citation
Intéressant... On voit que la volonté d'empecher de porter les armes à un maximum de personnes est forte mais probablement peu appliqué d'ou la nécessité de réitérer les édits et ordonnances sur ce thème. En dehors des militaires et des brigands, il devait etre alors exceptionnel de croiser quelqu'un portant ostensiblement une arme à feu !!!

Paradoxalement, non. Enfin, dans une ville certes (car les portes seront contrôlées) [...]
Pour prendre un exemple urbain que j'ai un peu fouillé à des fins tedeumistes, les habitants de Bayonne obtiennent, à la fin de la guerre de Cent Ans, que les rois de France les confirment dans le privilège que leur avaient accordé les rois d'Angleterre (quand ils étaient suzerains de l'Aquitaine, dont relevait Bayonne) de défendre eux-mêmes leur ville. A côté de le troupe royale placée sous les ordres du gouverneur de la ville, il y a donc un guet urbain, dans lequel servent, bon gré mal gré (et souvent mal gré, à en croire les témoignages), les hommes de la ville, armés de piques, hallebardes, arbalètes, arquebuses, etc. La milice bourgeoise atteint 1.500 hommes, ce qui est énorme, me semble-t-il, pour une ville qui comptait alors une douzaine de milliers d'habitants.

Et questions armes, les Bayonnais du XVIe siècle n'en manquaient pas, même chez eux (il faut que je remette la main sur la source de cet extrait, mais je suis prêt à parier que c'est dans un des livres d'Edouard Ducéré sur l'histoire de Bayonne) :

Citation
Il y a avait donc dans chaque maison, le plus souvent dans la cuisine, un râtelier bien en vue dans lequel se trouvaient rangées, en bel ordre, les armes les plus divers. L’armement des Bayonnais paraît avoir été conçu selon leurs aptitudes plus ou moins développées. On rencontre tantôt des arbalètes (balestes), des épées (espades) quelquefois à deux mains, des piques, des lances, et jusqu’à des armes à feu.
Les armes se subdivisent en armes de main et armes de hast. Parmi celles-ci les plus communes sont les lances et les piques, et on trouve quelquefois chez certains bourgeois jusqu’à une douzaine de ces dernières. Ce sont aussi les plus économiques et les plus faciles à manier.
Puis vient la hallebarde, avec un large fer de hache, quelquefois découpé et repercé. La guisarme semble avoir été moins répandue (c’est un long fer en forme de faux, avec une seconde pointe extrêmement exiguë).
Nous ne ferons que signaler les haches d’armes, les javelines et les petits dards, qui servent plus particulièrement pour la chasse.
Les épées ont formé la part la plus répandue de l’armement des Bayonnais.
Les habitants ayant même le droit de porter des armes à feu, ne savent pas faire un pas sans avoir une épée ou un estoc sur la cuisse. On rencontre différentes variétés, telles que l’épée proprement dite, des épées à deux mains, des estocs à lame courte épaisse au talon et extrêmement acérée, des épées espagnoles qui donneront naissance à la rapière, munies de leurs brillants ceinturons et de leurs dagues, et une sorte de petit sabre droit, appelé machico, et qui doit être la même chose que le machete espagnol.
Pour les armes de jet, on rencontre dans presque toutes les maisons des arbalètes. Et parfois des arquebuses.

Chez Johan de Prat, on trouve : un corps de cuirasse, deux gantelets, deux salade, une épée courte, un machico, trois épées de chasse, des lances, une hallebarde, des pavois, etc.
Chez Tomasot Odoar : une hacquebute et trois fourchettes, une arbalète à pied de biche, deux hallebardes et une guisarme.
Pendant le XVIème siècle, la manie des armes est devenue si invétérée chez les Bayonnais que le chanoine Jean de Mondaco possède une épée, une arbalète et un halecret muni de brassards.

Quand on dit que certains exagèrent quand ils donnent trop d'armes à leurs PJ ou PNJ, je me dis qu'avec mes PJ et PNJ tedeumistes bayonnais, je vais passer pour un amateur de grosbills. Grin
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