Back on laïneu.
(hello, les aminches)
Ah, une 2e édition de luxe premium qui brille ? J'eusse préféré qu’on se laisse plus de temps pour parfaire une édition revue et augmenté consciencieusement selon les préceptes de Macbesse plutôt qu'un replâtrage à la va-vite pour la GenCon (même si le format et les illustrations imposaient le dit replâtrage).
De plus, lancer une 2e édition du livre de base plutôt qu'une simple réimpression, c'est souvent un pari pour relancer la gamme... Encore faudrait-il que la gamme suive en se développant, qu'un planning de sorties de suppléments copieux soit tenu (d'ailleurs, je salue le travail de Grincheux & Marantha à ce sujet), tels des suppléments de background + scénarios basés sur une ville (Lyon par Usher, Bayonne par Xaramis... ou Paris - Lutecia Furens, la Ville et la Cour - par Bibi). Mais cela suppose une disponibilité et un rythme de travail conséquent que d’aucuns ne peuvent se permettre en ce moment (Usher et Mézigues itou -> je n'ai même pas encore apporté ma contribution promise à Xaramis pour Bayonne, honte sur moi : faut que je lui réponde !

).
Quant à la pub ciblée vers les étudiants en histoire, Hicham m'en parlait lors de la sortie de la 1ère édition ; ben j’avoue mon scepticisme. Je me rappelle vaguement d’une mention du jeu de plateau Guillotine dans la revue
L'Histoire fin 89-début de la décennie 1990, mais à part ça… (ce genre d’aparté se limite usuellement aux films dit historiques). Et cibler la communication sur l’objet culturel (l’histoire de France apprise de manière ludique + les références littéraires à Dumas/Merle/etc.), je doute fort que cela soit suffisant pour se fendre d'un entrefilet dans un mag' façon
Télérama… Encore faudrait-il que le livre de base soit véritablement un "beau livre" mais on va pas revenir sur l'amateurisme et le côté torché des illustrations du livre de base.
Bon, assez râlé et soyons constructif. Macbesse m'a ôté les mots de la bouche mais j’en rajoute une couche en proposant d'autres trucs en vrac :
- le format : Personnellement, j'ai toujours été un chaud partisan du traditionnel format A4 (le format comics, très peu...). Et si l'on veut rendre le texte plus lisible, agrandir les caractères à la même taille que ceux des
Deux Reines est suffisant. L'espace ainsi gagné peut être utilisé à bon escient, textes et/ou illustrations supplémentaires.
- la couverture reliée cuir : Comme le remarque Xaramis, est-ce que cela alourdit le prix de revient ? Et surtout : aura-t-on toujours dessus l'illustration de Rolland Barthélemy (facteur essentiel d'incitation à l'achat pour le rôliste lambda) ? Idem, quid du crayonné reproduit partiellement sur chaque couverture des livrets ? Le nouveau format pourrait permettre de le reproduire dans son intégralité sur une seule page, même si ça fait un peu doublon avec la couverture ? Faut dire que je préfère largement le dessin N&B à l’image finale colorisée (Charles IX y est infligé d’un strabisme !

) ; rien à redire à la superbe couv’ en couleurs des
Deux Reines, par contre.
- les illustrations : L’occasion de rectifier le gros point noir de la 1ère édition.
Primo, en ayant un meilleur rendu via l’agrandissement ; en comparant les dessins reproduits dans
Casus sur papier glacé (critique du coffret dans le n°33 et scénario
1562 Paris assiégé dans le n°37), je constate à quel point la compression enlaidit certains de mes gribouillages. A propos, le grain du papier utilisé pour la 1ère éd. est très plaisant au toucher mais pas top pour les dessins : on garde le même pour la 2e éd. ou bien on s’oriente plutôt papelard glacé ?
Secundo, en remplaçant évidemment certains brouillons malencontreux par des dessins de qualité plus honorable : non seulement les métiers mais aussi les petits dessins d’ambiance que réclamait Moustrap. Soit dit en passant, il est regrettable que les dessins de costumes par Marantha soient inclus dans
Le Boute-feu n’2 plutôt que dans la section idoine du livre de base, où est le noble souci d'éviter la dispersion ?!

Et il faudrait ajouter :
- outre les costumes, des illustrations précises d’armures à la manière des fascicules d'Osprey ou des ouvrages du couple Funcken ;
- deux-trois plans façon « bâtisses et artifices » dans les scénarios pour mieux visualiser la maison Boussidan et l’hôtel de la Rigaudière ;
- les portraits manquants des personnalités historiques citées dans les Chroniques : Cossé-Brissac, Nemours, Montpensier, Birague, Retz, Nevers, Strozzi (si possible plus ressemblant que l’illustration des
Trois meschantes affaires…), Aumale, le jeune duc Henri de Guise, le jeune Henri de Condé, le cardinal de Bourbon, La Noue, Montgomery, La Rochefoucauld…
(Marantha, je te MPise tantôt pour qu'on se répartisse les tâches ; j’avais déjà commencé à griffonner quelques trucs puisque remplacer certains dessins me démangeait furieusement depuis la sortie de la 1ère édition)
- Le tour d'horizon de l'estrangie : Outre l'argument de la dispersion géographique, à quoi bon adjoindre au livre de base une série de notices succinctes, survol forcément frustrant car apportant peu d'éléments ludiques en comparaison :
- d'un supplément digne de ce nom, avec background détaillé et scénarios basés sur icelui (pour lorgner du côté de Philippe II, quoi de mieux que le supplément sur Bayonne, « clef du royaume de France du côté de l'Espagne », pour développer longuement le potentiel des interventions hispaniques en France) ?
- d'un chapitre intégré aux « Chronique des guerres de religion » ? Ainsi, à l'instar des éléments apportés sur les Pays-Bas espagnols (chapitre VII du Livre 2), un exposé sur la Pologne trouverait mieux sa place dans une suite des « Chroniques » (repoussée à plus tard, donc) incluant également un instantané ou un scénario complet dépeignant les tribulations de l'équipe électorale en campagne, Jean de Monluc et sa suite (des diplomates PJs aux sentiments moyenneurs, comme l'évêque de Valence ?), pris régulièrement en otages durant leur périple vers cette lointaine contrée, les débats enfiévrés à la Diète durant les discussions portant sur l'élection royale (avec ce que cela suppose de graissage de pattes et de publications pamphlétaires), les embûches tendues par les rivaux impériaux et russes, l'embarras causé aux émissaires français par la terrible nouvelle de la Saint-Barthélemy (« Euh... ben c'était... une mesure préventive contre un coup de force huguenot. Oui, voilà ! »). Suite à l'élection du candidat Valois, le voyage du duc d'Anjou soi-même (avec l'affaire trouble et mystérieuse liée à Coconas, ce qui permet de faire la transition avec le futur complot des Malcontents) et, comme conclusion, l'évasion de Pologne avec un scénar mélangeant la course-poursuite (comment les braves PJ tenteraient de retarder le grand-chambellan Tenczynski lancé aux trousses de Sa Majesté ?) et le survival (le roi et sa faible escorte paumés dans les forêts et les marais, tâchant de trouver un guide).
Bref, je plussoie Culto l'impertinent : quitte à lire des petites synthèses, je préfère autant me pencher sur la section « Le monde au temps des guerres de religion » de l'indispensable
Histoire et dictionnaire des guerres de religion d'Arlette Jouanna & Cie. De notre côté, essayons d'éviter le remplissage par des articles d'histoire sans éléments ludiques ! Ainsi, le chapitre sur la noblesse dans
Le Boutefeu n°1 eut été très intéressant dans un magazine tel que
L'Histoire mais pas dans un supplément d'une gamme JDR (informations présentées de manière aride et académique, sans le style vivant d'Usher, contraignant le lecteur à un tri fastidieux). J'aimerais VRAIMENT que la gamme Te Deum ne s'oriente pas paresseusement dans cette direction. Tenez, un contre-exemple fascinant dans le volume 2 des
Deux Reines (p.122) : un PNJ haut en couleurs tel quel le tortionnaire Richard Topcliffe vaudra toujours cent fois mieux qu'une longue tartine sur les « Institutions judiciaires dans l'Ancien Régime ».
Et c'est un fan d'études historiques parfois fort indigestes qui parle.
- La suite des Chroniques (justement)
: Pour les raisons déjà énoncées, Usher ne peut en pondre tout de go la suite jusqu'à leur conclusion logique, l'édit de Nantes et le traité de Vervins en 1598. Donc plutôt que de songer à compléter le livre de base, Usher pourrait peut-être, dans les limites du temps imparti et après s'être libéré de ses autres obligations (fin 2008, si j'ai bien suivi

), en poursuivre progressivement la rédaction. Ce qui fournirait la matière d'autant de suppléments « thématiques ». Par exemple, un recueil retraçant la fin du règne de Charles IX (le siège de La Rochelle, le complot La Mole/Coconas) jusqu'aux débuts d'Henri III, donc donnant sa tonalité du recueil : Malcontents, Politiques, Monarchomaques (avec les distinctions qui s'imposent) autour de la figure centrale de François, duc d'Alençon. La Paix de Monsieur concluerait logiquement le supplément. Le recueil suivant conterait la réaction catholique contre les clauses de cette paix, autrement dit la Ligue première époque, etc.
- les textes supplémentaires : La précipitation due à la deadline empêche tout projet digne de ce nom (comme une description de Lyon avec lieux importants indiqués sur le plan, personnalités-PNJ et organigramme – gouverneur, consuls…, chronologie avec pistes de scénarios) dans l’immédiat mais il est possible d’ajouter quelques précisions aux chapitres déjà inclus dans le livre de base.
- Par exemple, l’éclairage apporté par Usher sur les congrégations (suite à la question d’Ayla) ainsi que celui portant sur les récompenses en fin de scénarios ; (continuez à lui poser innocemment des questions, il finira par écrire la nouvelle édition augmentée sans s’en rendre compte !

)
- Des micro-détails, comme mentionner le « sac de procès » dans le trousseau de l’avocat (chapitre sur les métiers de l’Âge viril) ou un petit encadré sur les formules d’adresse entre différents ordres (j’avais torché un petit truc là-dessus suite à une question dans le précédent forum : tu as gardé ça, Hikaki ?

) ;
- Augmenter le chapitre « La Fracture religieuse » très centré sur la Réforme protestante, comme le faisait remarquer Macbesse, de quelques remarques sur la Réforme catholique et les sensibilités religieuses intermédiaires (cela dit, les Chroniques évoquent déjà les Moyenneurs) + des anecdotes pour égayer le texte, comme la mention du « Dieu de pâte » rapport à la négation calviniste de la transsubstantiation (ce qui étoffe aussi la liste des noms d’oiseaux);
. Une bibliographie commentée revue et augmentée + une filmographie ;
. Le scénario « Comme on sert le cerf » doit impérativement être inclus, effectivement ; quitte à ne pas ajouter tous les portraits de PNJ et le plan par manque de temps (si ma mémoire est bonne, un PNJ a repris le nom de Trognet dans
Trois meschantes affaires ; à revoir, éventuellement) ;
. Les fiches manquantes des figures historiques : même si il n’est pas toujours évident de les « quantifier », cela casse leur statut pseudo-rigide-intouchable en les assimilant à des PNJ normaux.
- Errata: J’ai repéré la majeure partie des fôtes d’ortograf, de typo, erreurs historiques (fort rares, celles-là), etc.
Brèfle. Il reste deux semaines, c'est ça ?
