Les Salons de la Cour

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Auteur Fil de discussion: Politesse et usages  (Lu 1628 fois)
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Cultösaurus
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« le: 16Février, 2008, 00:26:45 »

À la demande de l'ami Francesco, je suis allé aux archives pour retrouver (plus facilement que je ne l'espérais) son intervention sur le sujet "politesse et usages".

Par souci de lisibilité, je colle ça dans le corps du msg, et non sous forme de citation ; le texte qui suit est donc dû à la plume de Francesco Prelati, le 13 novembre 2006 à 22h34 :

Dans les actes du colloque Le corps à la Renaissance, s.d. Jean Céard, Marie-Madeleine Fontaine & Jean-Claude Margolin (éditions Aux Amateurs de Livres, 1990), et plus précisément dans l'article "Le corps vêtu : signification du costume à la Renaissance" de Madeleine Lazard, on peut lire un dialogue imaginé par l'historien A. Alexis Monteil afin de souligner l'importance du costume dans la reconnaissance de l'état et de la qualité d'une personne.

Grosso modo, un commerçant (fictif) de l'époque appelle les gens ainsi :

messire l'abbé
messire le chevalier
messire l'archidiacre
messire le chanoine
messire le curé

monsieur le président
monsieur le bailli
monsieur le conseiller
monsieur l'avocat
monsieur le docteur

... si on ne connaît pas la condition d'un bourgeois, d'une bourgeoise et de leur fille : "monsieur, madame et mademoiselle". Idem pour une famille noble (sauf exceptions...).

"maître" est le terme d'adresse désignant un artisan ou un ouvrier reçu dans son corps de métier (après avoir été apprenti puis compagnon). Jacques, maître maçon de son état, doit être appelé "maître Jacques", oeuf corse. (dico de l'Académie)

"Monseigneur" est le titre de politesse pour le haut du panier : princes des familles souveraines + cardinaux & archevêques pour les gens d'Eglise (dico de l'Académie)

Devant le roi, on dit "sire"... puis, sous Henri III, on commence à user du "Votre Majesté" (mais pas de manière directe, ce qui est une faute courante : pour bien faire, on usera d'une formule un peu lourde du genre : "Sire, je viens m'enquérir de l'état de santé de Votre Majesté").

Les gens de humble condition peuvent être appelés simplement par leur prénom, voire par un surnom plus familier ("Pierrot", "Margot", etc.). Si on ne connaît par leur nom, j'imagine qu'on interpelle comme au Moyen Age : "Eh là, l'homme !" (ou "Joli minois, la fille !", ou "Glisse-toi sous la table, la femme !", etc.).

Voilà pour ce que j'en sais. C'est une liste à compléter, assurément.

[fin de citation]

(pour l'autre sujet que tu m'as demandé, je ne l'ai pas retrouvé ; je chercherai de façon plus approfondie, mais sans garantie de l'avoir archivé, et surtout... pas dans l'immédiat !)
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Life is like surrealism. If you have to have it explained to you, you can't afford it.
(Solomon Short)
butterw
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« Répondre #1 le: 16Février, 2008, 09:51:31 »

Excellent article. Je tente de compléter.

Pour annoncer ou faire référence à :
Sa Majesté le Roy
Son Altesse le Prince
Sa Sainteté le Pape
Son Éminence le Cardinal
Son Excellence le Ministre, le Gouverneur, l’Ambassadeur, l’Évêque
« Dernière édition: 16Février, 2008, 09:54:06 par butterw » Journalisée

Prelati
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« Répondre #2 le: 16Février, 2008, 13:23:57 »

Merci, Culto ! 
(no souci pour l'autre post, refourgue-le moi quand tu veux/peux)

Ah tiens, butterw : j'ai un doute soudain sur l'appellation d' "excellence" ; es-tu sûr que ce n'est pas anachronique au XVIe siècle pour s'adresser à un ministre, entre autres exemples ? Idem, je m'interroge sur l'ambiguité relative au terme "ministre" (au sens de "religieux" ou d' "homme d'Etat")  ?
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« Répondre #3 le: 16Février, 2008, 14:29:22 »

C'est fait, tu ne l'as pas reçu ?

Euh ? non... tu parles bien du topic où on déblatérait de la "mise au montoir" de Margot avant d'embrayer sur une éventuelle campagne avec des PJ secrétaires d'Etat ?

Soit le MP était trop volumineux, soit il s'agit d'un mail pas encore reçu (je suis pas sweet home présentement).

Edith piaf : Ayé, chuis à la maison et c'était effectivement un mail et je l'ai bien reçu et tu es un chou.  Kiss
« Dernière édition: 16Février, 2008, 18:10:05 par Prelati » Journalisée
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« Répondre #4 le: 17Février, 2008, 15:46:23 »

Je ne suis pas en mesure de confirmer l'authenticité historique XVIème.
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Macbesse
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« Répondre #5 le: 17Février, 2008, 18:30:50 »

monsieur le président
monsieur le conseiller
monsieur l'avocat

Mac le pinailleur revient, et il est très content.

Dans Dire et vivre l'ordre social, Fanny Cosandrey (dir.), ed. EHESS, 2005, j'ai "monsieur" pour les deux premiers à partir de 1620 puis "messire". Cependant, en 1580, j'ai "maître" / "noble homme".
C'est amusant de dire "noble homme [Millanges]" non ?

Attention, mes données concernent les Parisiens seulement (tableau établi par L. Croq et R. Descimon).

Edit : j'oubliais. Pour la très haute noblesse, il y a un avant-nom sympathique - "Haut et puissant seigneur messire [de Condé]".
« Dernière édition: 17Février, 2008, 18:41:10 par Macbesse » Journalisée

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« Répondre #6 le: 17Février, 2008, 18:32:11 »

J'incline à penser, comme Francesco Prelati, que le terme "ministre" ne désignera un "membre du gouvernement" que bien après la période couverte par Te Deum.
Pour autant que je sache, à cette période, on ne désigne par ces gens par le terme collectif de "ministres". On parle du garde des sceaux, du chancelier, de l'amiral de France, etc.
Mais maître Usher pourra préciser ou corriger.
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« Répondre #7 le: 17Février, 2008, 18:36:01 »

Mais des gouverneurs, il y en avait... utilisait-on cet avant-nom ?
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« Répondre #8 le: 17Février, 2008, 19:08:53 »

J'ai fureté à coups de moteur de recherche, et je suis tombé sur un livre numérisé dans lequel, page 63, il est fait référence à "Son Excellence", et si je comprends bien l'enchaînement du texte, cela désigne Antoine de Silly, comte de La Rochepot, gouverneur de l'Anjou. Je ne sais pas si le titre de comte lui valait d'être appelé "Excellence" ; j'ai plutôt tendance à penser que cela se réfère à sa charge de gouverneur.

Page 173, le terme "Excellence" semble s'appliquer à l'archevêque de Bourges.
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