Merci pour ces éclaircissements. Sassanos est donc juif...

Quant aux compétences de combat, faut croire que quand je faisais du tae kwon do, je ne libérais pas assez d'adrénaline... Parce que ça faisait mal, et pourtant, c'était de la gnognotte par rapport à ce qu'endurent Cecht et Benvenuto...
J'ai mis ma critique de ton oeuvre sur "Votre livre de chevet", il y a deux jours, mais je vais la recopier intégralement ici, au cas où certains obéronistes ne seraient intéressés que par "Gagner la Guerre".
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J'ai terminé aujourd'hui le pavé qu'est "Gagner la Guerre". Je regrette. J'aurais aimé qu'il y ait encore quelques centaines de pages...
Comme la plupart des obéronistes, j'ai beaucoup aimé. Aimant habituellement les d'écritures soutenues, voire très soutenues, je me suis adapté sans problème au langage plus parlé de don Benvenuto. Langage qui d'ailleurs utilise un vocabulaire riche, aussi bien en argot qu'en parlé "normal". Ce qui paraît surprenant dans la bouche d'un assassin, mais qui s'explique quand on apprend que son enfance a été bercée par l'art sous la tutelle du Macromuopo.
Conter ce roman à la première personne du singulier est un sacré piège pour le lecteur, car il permet une immersion aisée et totale dans l'histoire. Et comme cela ne suffit pas, Usher utilise ses qualités de conteur pour rendre les sensations de Benvenuto presques tangibles. La passage à tabac d'une violence inouïe, tout comme la lente guérison ; la rixe avec Dilettino Schernittorre et ses mignons ; la chambre (mortuaire) de Tremore Schernittore ; l'évasion par les toits ; le combat dans la rivière ; le froid dans la carrée de dame Plectrude ; la fuite vers Vieufié dans l'hiver et cette impression de nager dans un brouillard sans avoir les pensées claires ; tous les dialogues avec le Podestat... J'ai ressenti tous ces moments (et bien d'autres que j'oublie) avec acuité. J'ai été un peu moins convaincu par le massacre des Mastiggia dans le palais en feu, mais ça ne ternit pas mon plaisir.
Comme bien des lecteurs, je n'ai pas saisi l'intérêt de l'hiver à Bourg-Preux. Usher parle de "grosses ficelles" dans ce chapitre, mais elles m'échappent entièrement. De plus, je garde en tête l'image des Elfes de Tolkien : des êtres féériques, hors du temps, comme l'est Annoeth dans "Le Conte de Suzelle", et là, je trouve Eirin (et Annoeth par passivité) très terre-à-terre. En fait, sauf leur vue perçante et un charme hors du commun, rien ne les distingue des Humains et de leurs appétits grossiers, menant une vie de larrons.
C'est d'ailleurs frappant dans ce livre : mis à part les deux Ouromands et le Macromuopo, pas un seul personnage de ce livre n'est honnête ! Pas un seul ! Les puissants sont pourris jusqu'à la moëlle (le Podestat tient, et de loin, le ponpon), leurs enfants commencent déjà, avec plus ou moins de succès, à intriguer, de concert avec, ou contre, leurs parents, et leurs hommes d'armes sont prêts à tuer froidement, sans émotion, parce que c'est demandé. Je crois que tous les personnages ne considèrent la vie que comme un paramètre, une variable d'ajustement.
J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié le clin d'oeil d'usher quand il fait remarquer au lecteur que ce dernier s'est pris de sympathie pour Benvenuto, alors que c'est lui aussi une belle ordure !
De même pour Sassanos. Je ne sais pas si Usher sait exactement ce qu'il a fait et ce qu'il est devenu, ou s'il laisse même pour lui un peu de mystère, mais c'est un personnage extrêmement intéressant.
Même Melanchter (et là aussi, un Elfe capable de flécher froidement femme et enfants, ça me gêne. Cette scène me laisse un souvenir très désagréable ; je crois que je m'immerge trop dans mes lectures, parfois) est entré dans le jeu de la dissimulation, des messages cryptés. Et là, je remercie Usher de prendre soin de ses lecteurs qui, comme moi, sont trop ingénus pour comprendre le sens véritable des actes des politiciens, leur signification réelle, ou pour décrypter les informations contenues dans les dialogues autant que dans les silences. Les personnages ne disent jamais ce qu'ils pensent, ni ne font ce qu'ils semblent faire, et tous ces froids calculs politiques, m'auraient échappés.
Et enfin, en prenant du recul, les allusions à l'Histoire montrent que ce récit se passe dans un univers construit, solide, pas dans un mode en carton-pâte créé pour l'occasion, et cela donne encore plus de profondeur à l'ensemble de l'oeuvre.
Vraiment un très bon livre. Beaucoup plus sombre que "Mauvaise Donne".
Je relirai. Pas tout de suite, mais je relirai. Certains obéronistes ont relevé des indices, des incohérences dans le récit de Benvenuto, qui éclairent d'un nouveau jour les agissements de certains personnages, notamment Sassanos, et il y a toujours cette histoire des grosses ficelles à Bourg-Preux, l'impression d'avoir manqué quelque chose, qui me titille...
Sinon, cela reste du registre de l'anecdote, mais c'est détail plein de charme à mes yeux, comme dans les différentes nouvelles de "Janua Vera", j'apprécie énormément l'entretissage des destins des différents personnages (Cecht, dame Lusinga, Annoeth,...).
Et sinon, je regrette quand même, j'ai espéré durant presque toute ma lecture, que le bayraktar finirait proprement suriné par Benvenuto. Au souvenir de cette scène pénible, je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi un tel déchaînement de violence. Certes, il fallait bien dissimuler les tractations secrètes en amôchant le messager, mais à ce point ! Etait-ce bien nécessaire ?
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